dimanche 29 septembre 2013

Bayard

 
Ce matin, promenade dominicale en direction de la Tour d'Avallon.
Le tour nous a pris 2 heures, il n'en fallait pas moins avant de passer à table !

En passant devant le château Bayard, 3 petits chevaliers sans peur et sans reproche en gardaient l'entrée...



samedi 28 septembre 2013

Lépiote élevée

Après un samedi après-midi passé avec Marie le week-end dernier, c'est au tour d'Elise de partir en tête à tête avec son père. Direction nos coins de champignons du massif d'Allevard, même si on sait déjà que la poussée de cèpes n'a a priori toujours pas eu lieu. Cela s'est rapidement confirmé sur place - on en a quand même ramenés quelques-uns ainsi que des trompettes de mort - mais on s'est largement rattrapé avec les coulemelles !



jeudi 26 septembre 2013

Grand Pic

Dans la série des "grands", après le Grand Pic de la Meije il y a 15 jours et la Grande Pucelle samedi dernier, voici le Grand Pic de Belledonne (2977m). J'y étais déjà monté en 2003 avec mon frangin Sébastien, on avait fait la belle arête du doigt et enchaîné sur la traversée jusqu'à La Croix de Belledonne, une longue et belle course qui nous avait enchantés. L'idée d'y retourner par le versant Ouest et la facile arête N me trottait dans la tête depuis un moment et la visite dans le coin le 4 septembre dernier n'a fait que me motiver davantage. Aujourd'hui c'est avec Patrick et Rémi qu'on démarre à 8h40 de l'épingle 1348m : direction le point culminant du massif !


On monte à un bon rythme car 1300m de dénivelés nous séparent du col de la Balmette (2665m), point de départ de l'arête, et la 1ère partie ne dénivelle pas beaucoup. En effet, on met 1h pour rejoindre la passerelle sur le Vorz pour à peine 350m de dénivelé.


L'ascension se poursuit par la remontée du ravin des excellences et le franchissement des cascades du Boulon, sous l'oeil de quelques autochtones curieux.


Arrivée au lac Blanc (plutôt turquoise !), l'objectif se dévoile...

Nous voilà sur la moraine qui mène au glacier de Freydane. Le ciel est bouché alors que dans notre dos la Chartreuse est au soleil... Au moins on ne souffre pas de la chaleur !


Rémi n'a pas le même entraînement que Patrick et moi et s'arrête donc sur le glacier de Freydane : 1200m de dénivelé au compteur lui suffisent pour aujourd'hui. Il a raison car le chemin est encore long et ça devient nettement plus technique avec la remontée au col de la Balmette qu'on atteint à midi après s'être fourvoyés dans les vires en face Ouest (c'est ça de ne pas lire le topo avant !). On laisse les bâtons et on s'encorde à la taille pour attaquer l'arête N : une succession de couloirs et de vires en rochers brisés où il vaut mieux avoir le pied sûr, d'autant plus qu'une petite pluie fine s'est mise à tomber.



Le sommet est atteint à 13h, soit 4h20 après avoir quitté la voiture. Un bon moment partagé avec Patrick dont c'est la 1ère visite au sommet du Grand Pic qu'il voit de chez lui !





On ne s'attarde pas trop (15mn) et on prend le chemin de la descente. Il nous faudra 1h pour rejoindre le col de la Balmette + 1 autre pour rejoindre Rémi qui nous attend au lac Blanc.

 




Entre temps, le soleil a percé le voile et notre beau sommet est maintenant sous le ciel bleu...


Et c'est à 3 que nous redescendons vers la vallée.


Quelques douceurs locales nous ferons bien de l'oeil dans la descente mais on ne s'attardera pas trop, on n'est pas venu pour ça...



Au final, un aller retour qui nous aura pris un peu plus de 8h, sans courir. A refaire avec un Rémi plus entraîné !

dimanche 22 septembre 2013

En Gresse

La balade digestive du dimanche après-midi nous a mené le long de la Gresse, en amont de Vif, avec Jacques, Christelle et Margaux. Une sorte de prolongation de l'été qui a fait du bien à tout le monde. 



Et les 2 amies étaient heureuses de se retrouver !


samedi 21 septembre 2013

Grande Pucelle

Une petite virée en tête à tête avec Marie cet après-midi. On prend la direction du Vercors et on arrive à St Nizier. Les 3 Pucelles sont devant nous : c'est là-haut qu'on va !


 On gare la voiture au tremplin et la montée ne nous prend qu'à peine 30mn, Marie menant le train. Pendant qu'elle mange un morceau, je grimpe sur le petit gendarme qui précède l'arête et prends en photo notre objectif : l'arête Sud de la Grande Pucelle. 



Encordement à l'ancienne (à la taille) et 10mn plus tard nous sommes au sommet.
Voilà une affaire rondement menée !


Un bon moment partagé qu'il faudra refaire en prenant les dégaines et baudriers qui nous permettront d'aller plus loin...

mercredi 18 septembre 2013

Viaduc Le Record

Une petite parenthèse professionnelle pour une épreuve inédite : le record de la traversée du Viaduc de Millau ! En fait une opération de communication organisée par Eiffage qui promeut ainsi le viaduc et annonce l'épreuve qui aura lieu en mai 2014 et qui rassemblera 10 à 15000 participants (dont Matsport assurera également le chronométrage). Je faisais donc partie, ce matin, des quelques privilégiés à fouler le Viaduc de Millau en compagnie de 6 athlètes internationaux et beaucoup de photographes...



samedi 14 septembre 2013

Au pays de la Meije

Si je devais n'en faire qu'une, ce serait celle-là !

Voilà des années que ce projet me trottait dans la tête et il était temps d'enfin le réaliser : la Traversée de la Meije, une grande course en haute montagne sur un sommet emblématique (voire mythique pour ma part). Je m'en faisais probablement un peu une montagne - c'est le cas de le dire - mais l'expérience accumulée depuis des années ainsi que Romain comme compagnon de cordée me confortaient dans l'idée que ce projet se ferait dans la sérénité. Et cela a été parfaitement le cas : 2 journées quasi parfaites sans une seule ombre au tableau, à part peut-être le fait de ne pas être restés dormir au refuge de l'Aigle puisque sa démolition débute ce lundi !



Vendredi 13 septembre

La Traversée de la Meije commence par une question logistique : le plus classique est de partir de La Bérarde (versant S) pour arriver au Pont des Brebis (versant N, au pied du col du Lautaret), mais cela pose un problème de véhicule puisque départ et arrivée sont situés de part et d'autre du massif ce qui oblige à prévoir 2 voitures ou à faire appel à un taxi. En été, pas mal de cordées font le choix de partir de La Grave : elles prennent le télécabine des Vallons de la Meije, remontent les Enfetchores pour atteindre la brèche de la Meije d'où elles redescendent sur le refuge du Promontoire. La distance entre départ et arrivée est alors réduite aux quelques kilomètres qui séparent le Pont des Brebis de la Grave. C'est notre choix avec Romain à la nuance près que le télécabine est fermé depuis la semaine dernière et qu'on part donc à pied de La Grave pour une montée de 1900m de dénivelé. Ce n'est pas pour nous déplaire, on va réaliser notre projet en y mettant la manière ! Du départ on voit les objectifs à venir : le V de la brèche pour aujourd'hui et le Grand Pic pour demain.


Départ à 11h10 ce vendredi 13 (un signe de chance, non ?) pour une grande bambée qui commence par la remontée des Vallons de la Meije, évidemment désertés (on ne verra d'ailleurs strictement personne de la journée). Les 400 premiers mètres de dénivelé qui nous amènent au chalet de Chal Vachère sont rapidement avalés (45 mn).


1/2 heure plus tard, nous voilà dans les moraines supérieures où on s'offre la pause casse-croûte tout en observant la suite : un cheminement astucieux permet de remonter l'éperon rocheux à gauche. Ce sont les "Enfetchores".
(s'enfetcher, en patois local, signifie se perdre... tout un programme !).



Remonter les Enfetchores, c'est déjà une vraie petite course qui offre des passages d'escalade faciles où il peut être nécessaire de s'encorder (ce que nous ne ferons pas). C'est une bonne préparation à ce qui nous attend le lendemain, mais cette fois ce sera de nuit !




















A 15h30, nous voilà sur le glacier de la Meije, au pied de la face N. La brèche que l'on vise paraît proche mais on mettra 1h30 pour y parvenir.

 
Le glacier est immaculé, recouvert de 10 cm de neige fraîche qui lui donne un air virginal. Quelques belles crevasses agrémentent le décor. On suit quelques minutes les traces d'un blanchot. Ce cadre sauvage nous enchante, on est bien !





On franchit par la gauche la grosse rimaye qui coupe toute la pente donnant accès à la brèche. Un joli passage où le froid devient soudainement bien présent. Normal, il est presque 17h, on est en versant N et l'altimètre indique 3300m... Heureusement le soleil nous attend à la brèche !


De la brèche (3357m), on découvre le versant S et la belle arête du Promontoire que l'on devra escalader demain matin. A sa base, on aperçoit le refuge du Promontoire qui va nous accueillir pour la nuit. Au fond, la Barre des Ecrins nous fait de l’œil, coincée entre la Grande Ruine et le Pic Bourcet.



Une heure et une descente un peu scabreuse plus tard, nous voilà au refuge.
Il est 18h et il est temps de prendre un peu de repos car la journée de demain sera longue.
L'accueil par Frédi et Nathalie est toujours aussi chaleureux et c'est le ventre bien rempli que nous allons nous coucher à 21h.

 Samedi 14 septembre

2 réveils ont été programmés afin d'échelonner les cordées (au nombre de 8) sur la voie. Nous avons opté pour le 2ème, celui de 5h, car nous voulons profiter de la montagne sans courir. La voie a comme particularité de débuter sur la terrasse du refuge et on regarde partir un guide et ses 2 clients. Sur la photo de droite prise au même endroit la veille, on voit le sommet du Grand Pic situé 900m plus haut.

 
















On les laisse s'éloigner et on s'encorde à notre tour. Il est 5h45, l'escalade commence. On avance assez vite dans ce terrain facile où l'assurance se fait à corde tendue en plaçant une protection de temps à autre (au hasard d'un piton rencontré ou d'une sangle judicieusement placée) et on se retrouve à doubler la cordée du guide dans le 1er passage un peu difficile : le Pas du Crapaud. On progresse rapidement en allant toujours au plus facile, sans réel problème d'itinéraire, et on remonte le couloir Duhamel alors que le jour se lève.






On laisse la pointe Duhamel sur la droite pour rejoindre une terrasse où Henri Duhamel  avait bâti un gros cairn lors d'une tentative  en 1876. Ce matin c'est un couple catalan qu'on y trouve : ils ont mis 10h hier pour atteindre le Grand Pic, ont décidé de redescendre par l'itinéraire de montée et ont bivouaqué là plutôt que de s'aventurer de nuit dans le couloir Duhamel. Ils ont bien fait... surtout qu'il n'a pas fait trop froid cette nuit.



Petite parenthèse historique : Henri Duhamel fut un des principaux prétendants à la "victoire" sur la Meije que lui soufflèrent Gaspard et Boileau de Castelnau le 16 août 1877. C'est aussi lui qui ramena une paire de "patins à neiges" de l'exposition universelle de 1878 et fut le 1er à faire des essais de ski en France, notamment sur les pentes de Chamrousse...
Mais revenons à nos moutons, et plus précisément à Boileau de Castelnau puisque c'est précisément le passage suivant auquel nous sommes confrontés : la fameuse Dalle Castelnau qui repoussa les tentatives de Duhamel et que nous franchissons aisément 136 ans plus tard !


 

  










 S'ensuit une vire qui mène à droite à l'aplomb du glacier carré, puis on repart vers la gauche pour rejoindre le fil de l'arête et un beau bombement : le Dos d'âne.

 















Le passage suivant nous voit buter sur une cordée partie 1/2h avant nous et que nous doublons : c'est la Dalle des Autrichiens où le soleil nous rattrape à son tour.



Puis c'est le Pas du Chat qui consiste à contourner un bloc rocheux qui a une fâcheuse tendance à vous repousser vers le vide. Et le vide commence à sérieusement se creuser...



Encore quelques mètres et on est au Glacier Carré. On chausse les crampons pour le traverser en diagonale, dans une pente où il faut rester concentré. Un grand moment que de fouler ce glacier suspendu si souvent observé de loin !

 
 
















Nous voilà à la Brèche du Glacier carré (3862m) où on découvre le versant N.
L'ombre du Grand Pic se déploie sur les vallons de la Meije, on aperçoit le Grand Pic de Belledonne et même la Grande Moucherolle qui domine la maison. Tout est grand ici...



Il reste une centaine de mètres pour le sommet et, même s'il n'est plus très loin, il faut encore s'employer pour y parvenir.

 














Me voilà en approche du célèbre Cheval Rouge, cette arête au-dessus de ma tête qu'il faut chevaucher pour ensuite franchir le petit surplomb qui le domine, le Chapeau du Capucin. Ce sont les 2 dernières difficultés avant l'arête facile qui mène au sommet.




 
 

Il est 11h05, nous sommes au sommet du
 Grand Pic de la Meije (3983m) !!!



 Après une pause d'une vingtaine de minutes, nous entamons la suite du programme : la Traversée des arêtes de la Meije, une chevauchée qui va durer environ 4h et qui va nous amener à la dernière Dent de l'arête, celle qui penche sur le vide côté S et qui a été nommée le Doigt de Dieu.



  La traversée commence par 3 rappels qui nous amènent à la brèche Zsigmondy. Cela nous prend déjà 1h car on est bloqué par le guide et ses 2 clients qui nous précèdent.




Puis on traverse la brèche Zsigmondy, une arête vertigineuse où on se prend pour des funambules !




 











On arrive au passage clé de la traversée, le contournement de la Dent Zsigmondy : un passage en neige et glace qui a été équipé d'un câble bien sécurisant ma foi !






La suite est plus tranquille mais c'est encore long et quelques passages demandent encore de l'attention, notamment les rappels qui permettent de descendre des 2ème et 4ème dent.



















De la 4ème Dent, la vue est spectaculaire sur le Doigt de Dieu.



Les cordées qui nous précèdent semblent comme en suspension sur le fil de l'arête...


Romain descend de la 4ème Dent : un beau rappel de 45m sur des dalles recouvertes de glace.


A 15h, nous atteignons le sommet du Doigt de Dieu (3973m), terme de la traversée des arêtes. 


 Une petite désescalade puis 3 rappels nous déposent sous la rimaye, la partie technique est terminée et il ne nous reste plus qu'à nous laisser glisser sur les pentes supérieures du glacier du Tabuchet. La tension retombe et, la fatigue aidant, l'émotion m'étreint à cet instant : je viens de réaliser un rêve !





 
On rejoint le refuge de l'Aigle en une vingtaine de minutes. Ce refuge vit là ses dernières heures dans son état originel puisque sa démolition débute dans quelques jours. Il faut dire que sa construction date de 1910 et que c'est probablement le dernier refuge "à l'ancienne" du massif. Y être gardien n'est pas une sinécure comme nous l'avait d'ailleurs confirmé la gardienne Marie Gardent à l'occasion d'un passage à ski avec Patrick le 10 avril 2009. Il est donc temps de le rénover, n'en déplaise aux vieux traditionalistes (du CAF ?) qui ont repoussé les travaux depuis 10 ans !




Avec Romain on avait envisagé d'y rester dormir mais la météo est annoncé mauvaise donc on y fait seulement une bonne pause réparatrice de 45mn en profitant de la vue sur les arêtes d'où on vient.


  Il nous reste 1800m de descente pour rejoindre le Pont des Brebis, terme de notre périple. On repart alors que les arêtes de la Meije ont déjà disparu dans les nuages.



On quitte le glacier du Tabuchet au niveau de la vire Amieux, un astucieux passage qui permet de basculer sur le versant N du Bec de l'Homme. On perd rapidement de l'altitude, empruntant quelques passages rocheux où il faut garder sa concentration malgré la fatigue.
















Quelques chamois nous feront l'honneur de poser dans cette descente qui nous prendra 2h30 et qui me laissera des traces au niveau des gros orteils...



Au final un rêve qui s'est réalisé et des souvenirs plein la tête !