jeudi 27 novembre 2014

Rochers de Chalves

Pour changer un peu du Vercors qui reste omniprésent dans le choix de mes sorties - proximité oblige - me voilà cette fois en route pour la Chartreuse et plus exactement sur la D105d qui monte à Mont St Martin. Depuis la route, il y a déjà un beau point de vue sur St-Egrève et le Moucherotte.


Je démarre un peu avant 10h, mon objectif est l'arête rocheuse au soleil là-bas au fond : l'arête Sud des Rochers de Chalves.


1h10 et quelques "chamoiseries" plus tard - ayant perdu la sente qui monte au Pas du Sappey, il m'a fallu trouver un passage à chamois pour rejoindre la crête du Rocher de l'Eglise - j'ai rejoint un point caractéristique nommé "l'Ouillon" : une formation géologique plutôt remarquable.


Une vue du dessus pour vous situer : je suis dans le prolongement de la crête qui prend naissance à l'école d'escalade de St-Egrève. A gauche, l'étrave du Néron dans l'axe de Grenoble. Entre les deux, l'anneau du Synchrotron est bien visible.


J'ai déjà croisé un premier chamois sur la crête d'accès, en voici un deuxième alors que je traverse à droite pour rejoindre l'arête rocheuse. En fait, ils sont deux (une mère et son petit) et m'ont repéré mais ne s'éloigneront pas tant que je resterai immobile (5mn car en sueur et non abrité du vent j'ai vite froid...).


Je prends pied sur la première partie de l'arête (la plus raide) et monte assez rapidement pour me réchauffer. Le terrain demande quand même un peu d'attention, on n'est plus dans le domaine de la randonnée mais dans celui de l'escalade facile.


Habitué à ce type de terrain, ça dénivelle vite.


C'est joliment aérien, 1000m au-dessus des prés de Savoyardière et Le Gua.


Le vent de Sud est fort et quelques gouttes font leur apparition alors que je suis sorti de la partie purement rocheuse. Dernier regard vers Grenoble que la courbure de l'arête me masquera ensuite


C'est par là que je dois poursuivre, dans cette taïga à 2 pas de la ville.


Des moments comme je les aime !


Seul et discret, j'étais presque certain de les surprendre. Et c'est le cas : ils sont là et ne m'ont pas repéré, occupés qu'ils sont à se nourrir avant l'hiver.


Alors que le soleil revient, je me rapproche en veillant à ne pas me faire voir et viens m'accroupir sous un pin afin de me confondre avec lui. Je suis à bonne distance mais impossible de me rapprocher plus car le terrain est ensuite à découvert. 


L'un d'entre eux se redresse soudain. A-t-il repéré un mouvement de ma part ?


Il se lève et descend un peu plus bas, son instinct lui dicterait-il de s'éloigner ?


Les autres le suivent quelques minutes plus tard. Dommage que je n'ai pas un meilleur zoom pour shooter ce petit groupe !


Ils paraissaient inquiets mais semblent désormais plus tranquilles, il viennent même à découvert et traversent sous mon emplacement où je suis toujours immobile (et un peu transi !).


Ils disparaissent derrière un repli du terrain. J'en profite pour bouger et descends rapidement dans leur direction, laissant bâtons et sac à dos pour être plus discret. Je finis en rampant et me voilà à une trentaine de mètres de l'un d'eux.


Je ne suis pas repéré, il est occupé à brouter. Difficile de faire une photo correcte en étant allongé au sol !


A force de lever l'appareil photo pour éviter les herbes qui me gênent, je finis par attirer son attention.


Ainsi que celle de ses congénères plus à gauche.


Curieusement, aucun sifflement d'alerte ni débandade : ils restent là à regarder dans ma direction. J'ose même m'asseoir, ils me voient très bien mais ne fuient pas, comme s'ils savaient qu'ils ne craignent rien (!)


Je me lève, il est temps de poursuivre mon chemin. Je dois rejoindre le chalet des Bannettes là en bas. Pour cela il me faut poursuivre la crête vers le Nord, dans l'axe de la Grande Sure où j'avais fait un beau tour et vu aussi des chamois il y a 3 ans presque jour pour jour.


Sur le parcours, de jolies sculptures naturelles comme ces pins foudroyés (avec le Mont-Blanc au fond).


 Ou encore ces lapiaz.


Une surprise m'attend encore dans la courte remontée vers le chalet des Bannettes : 3 mouflons (des femelles).



14h : après la pause repas au chalet, c'est l'heure de la descente.


Vue panoramique sur les Rochers de Chalves et toute l'arête que j'ai suivie.


Je repère encore quelques chamois dans le pierrier en face.


 Retour à la voiture à 15h15 en compagnie de deux sympathiques retraités rattrapés dans la descente et que j'avais doublés au départ ce matin. Ils sont allés au Rocher du Lorzier mais n'ont vu aucun chamois...


Petit clin d’œil à Romain, j'étais un peu dans son jardin aujourd'hui ;-)

dimanche 23 novembre 2014

Promenade du dimanche

On commence dans un pré bucolique. 


Puis on rejoint une crête panoramique.


Goûter au soleil en profitant du soleil et de la vue sur le village de Monteynard.


Et retour face à ce somptueux panorama.


On pense à toi Marie-Jeanne...


vendredi 21 novembre 2014

Au col de Menée

Les montagnes sont désormais bien blanches et j'aurais pu sortir les skis pour la 1ère de la saison 2014/2015 mais je préfère finalement partir pour une balade à pied. Direction le Trièves avec l'idée de monter au Pas de l'Aiguille où je suis quasiment certain de voir les bouquetins. Sur la route, en voyant le panneau "Col de Menée", je change d'idée : et si j'allais faire un tour dans ce coin que je ne connais pas et d'où les points de vue seront différents, comme sur ce zoom du Mont Aiguille et du Grand Veymont ?


Je franchis le tunnel au col de Menée pour garer la voiture côté drômois. Il est 9h35, l'heure du départ.


Mon objectif est le Mont Barral mais 20mn plus tard je change d'idée pour la 2ème fois de la matinée : je file vers la gauche en direction du Rocher de la Fenêtre.


Il faut dire que j'ai repéré du mouvement dans les pentes au soleil... Les voyez-vous ?


15mn d'une discrète approche et me voilà couché par terre à quelques dizaines de mètres de mon objectif.


1ère photo : la netteté se fait sur les herbes du 1er plan...


2ème photo en me décalant de quelques centimètres à gauche et en relevant un peu l'appareil : c'est plus réussi.


Des coups de feu retentissent au loin (merci les chasseurs) et le chamois se lève aussitôt, visiblement inquiet. Je repère alors son congénère une trentaine de mètres plus à gauche.


Ils se regroupent et remontent plus haut dans les rochers. Je ne crois pas qu'ils m'aient repéré mais je ne peux pas m'approcher plus près car le terrain est découvert entre les derniers pins qui ont abrité mon approche et les rochers où ils se sont réfugiés. Je me relève donc et décide, tant qu'à être là, d'aller visiter ce Rocher de la Fenêtre dont l'arête au soleil me fait de l’œil. C'est plus attirant que le versant Nord du Mont Barral froid et enneigé !


Je monte facilement le long de l'arête mais c'est ici que je fais 1/2 tour : rien de difficile mais ça devient très aérien et je ne sais pas comment ce sera plus loin. Inutile de prendre des risques inconsidérés, je reviendrai accompagné et avec une corde.


De ce perchoir, la vue sur le Trièves est magnifique.


Je redescends un bout d'arête et tire à flanc côté Nord à la base des rochers, puisque ça ne passe pas par le haut, je vais faire le tour par le bas ! Je tombe nez à nez (ou presque, une trentaine de mètres) avec 2 chamois qui filent illico entre les sapins. J'ai juste le temps de prendre cette photo à la volée.


J'arrive à un petit collu qui donne sur le Trièves et le Dévoluy, c'est superbe.


Descente versant Est dans des pentes enneigées où il suffit de suivre les traces des animaux. 


Là encore, le contraste offre de jolis points de vue entre ombre et soleil.


Me voilà au col entre Le Rocher de la Fenêtre et le Mont Barral. Dire qu'il y a 1h30 j'étais dans les prés en bas à gauche, je n'ai vraiment pas pris le plus court chemin pour venir jusqu'ici !


J'aime beaucoup ce terrain calcaire avec les pins accrochés dans la falaise.


15mn d'effort dans les pentes enneigées du versant Nord et je suis sur la crête sommitale du Mont Barral.
Panorama vers le Sud (d'où j'arrive).


Panorama vers le Nord, en direction du Jocou (la pointe blanche au milieu).


Joli pastel à l'horizon au Sud.


Sommet du Mont Barral.


Rattier, Obiou et Bonnet de l'Evêque sont à portée de main... ou presque !


La vue sur le Jocou me fait immédiatement réfléchir : si j'y allais ? Je n'ai encore jamais mis les pieds sur ce sommet incontournable qui domine le Sud du Trièves. Il paraît si proche vu d'ici... 


Je file donc le long de la crête du Jiboui, direction le Jocou.


40mn plus tard, j'approche du Col de Seysse d'où il me faudra partir à gauche pour attaquer les 250m de dénivelé qui me séparent du sommet (qu'on aperçoit au fond à droite).


Seulement voilà, il est presque 13h et la fatigue commence à se faire sentir. Je me pause à l'abri du vent dans les pentes après le col et mange mon sandwich tout en profitant du panorama. Qu'elle est longue cette crête du Jiboui, et le Mont Barral paraît désormais bien loin !


C'est plus long que je pensais a priori... Je fais une rapide estimation du temps qu'il me faudra pour atteindre  le sommet puis faire le retour et je décide de faire 1/2 tour, je dois récupérer Emma à 17h et je préfère finir ma balade tranquillement plutôt que courir la poste. Je rentre donc sans me presser et fait une pause aux cabanes à proximité du col de Jiboui. Là bas au fond le Jocou semble me narguer... Pas grave, je reviendrai !


Sur la route du retour, un autre sommet semble aussi me narguer, mais lui je le connais bien.


Mon escapade au Rocher de la Fenêtre m'aura "coûté" le sommet du Jocou mais ce n'est pas bien important, le principal est que j'ai découvert un nouveau coin où je reviendrai, peut-être dès cet hiver ou plus sûrement en mode "trail" car ces crêtes sont taillées pour ça.