dimanche 26 avril 2015

Retour aux baskets

Baskets aux pieds et mode "montée rapide" cet après-midi pour rejoindre le sommet du Ranc des Agnelons depuis le parking des Bordeaux. Quelques rares plaques de neige subsistent mais rien de bien gênant, je mettrai 50 minutes pour les 700 mètres de dénivelé et sans forcer. C'est bien, la forme est là ! Au sommet je retrouve avec plaisir la vue sur les arêtes du Gerbier où une cordée de trois personnes débute tout juste la traversée. Bien tard pour cette entreprise (il est déjà 16h15), j'espère qu'ils ne traîneront pas trop !



Je ne reste pas longtemps, le vent est assez fort et il fait frais. Je profite quand même du panorama entre Prélenfrey (sur son vert plateau à droite) et Grenoble  (au fond à gauche), c'est toujours aussi grandiose.


Descente rapide puis je pars vers le Sud sur le sentier du Périmètre avec une pensée pour la virée faite ici en famille le 22 décembre dernier. Aujourd'hui je vais un peu plus vite mais ça ne m'empêche pas de repérer ce chamois dans les pentes dominant le sentier. Il me regardera passer sans bouger d'un poil ce qui est plutôt peu banal pour un chamois.


Un peu plus loin c'est un beau bouquetin mâle qui est facilement repérable car il se découpe sur la dernière bande de neige persistant au pied des falaises.


Puis c'est tout un troupeau dans un névé sous les Sultanes. Les voyez-vous ?


Je m'approche discrètement jusqu'à une trentaine de mètres d'eux. Il y a là les femelles et pas mal de cabris.


Trois puis quatre d'entre eux débouchent soudainement en haut du névé à la base duquel je me trouve. Je suis masqué en partie par un arbuste et quasiment immobile, ils ne m'ont pas repéré et j'en suis bien content.



 Je redescends jusqu'au sentier et repars vers le Sud jusqu'à l'aplomb du Pas de l'Oeil où se trouve encore un beau troupeau de bouquetins. Nouvelle photo avant de filer vers le bas, il est l'heure de rentrer.


Tomates chevrons

Connaissez-vous les tomates "chevrons" ?
Une variété qui pousse exclusivement sous serre Citroën de type Ami 6 !

Chez Nicole et Gaby bien-sûr...

samedi 25 avril 2015

La liste...

... des choses à faire ce samedi de fin de vacances, liste écrite ce matin par et pour Emma.
Pourvu qu'elle parvienne à mettre une croix dans toutes les cases !


mercredi 22 avril 2015

Roche Faurio

Roche Faurio (3730m, massif des Ecrins) est connue pour être un beau sommet "pour débutant" depuis le refuge des Ecrins. Il se fait alors en 2 jours au départ du Pré de Madame Carle, côté Vallouise. Pour Romain et moi, l'histoire est un peu différente... Nous avons choisi de rejoindre ce beau sommet en aller retour dans la journée au départ de La Bérarde, soit 2200m de dénivelé cumulés avec un passage assez technique (et obligatoire) : le Col des Ecrins (3367m). 

Début de l'aventure mardi soir à La Bérarde : on pose la tente à côté de la voiture sur les grands emplacements vides du camping (fermé en cette saison) et on se couche pour quelques heures.
Mercredi 4h50, on prend le temps d'un bon petit-déjeuner, c'est important vu l'effort qui nous attend.


A 6h on est à l'entrée du vallon de Bonnepierre alors que le ciel commence à s'éclaircir. On a les baskets aux pieds et le sac est bien lourd à porter avec skis, chaussures, crampons, corde, eau (2 litres chacun), un peu de bouffe, doudoune, baudrier...


C'est la troisième fois que je remonte la moraine de Bonnepierre et je confirme : elle est toujours aussi longue ! Au fond, le Dôme des Ecrins (4015m) qui aurait pu être l'objectif de la journée (c'est sûr que Romain n'aurait pas dit non...) mais qui ne l'est pas car je me suis promis d'y aller avec Patrick.


7h15, c'est ici que nous allons troquer les baskets (que nous laisserons sur un tas de pierres pour les récupérer au retour) contre les skis. Notre premier objectif, le Col des Ecrins se dévoile : c'est le point le plus bas de l'arête à gauche, petite brèche en V qu'on va devoir atteindre via une pente de neige raide et exposée.


Vu de plus près on voit mieux l'itinéraire d'accès au Col. Il va s'agir de remonter la bande de neige de gauche à droite pour finir dans les rochers du col (où des câbles facilitent le passage).


Sous un autre angle avec Romain et le soleil éclairant le Dôme des Ecrins.


On chausse les crampons et c'est piolet en main qu'on s'attaque à ce mur (environ 45° de moyenne et le haut proche de 50°). La trace est faite et ça monte "vite" même si l'altitude commence à se faire sentir. On sait que c'est surtout à la descente que ce passage sera délicat... Et oui, techniquement c'est souvent plus facile de monter que de descendre !


Derrière nous, tout le vallon de Bonnepierre dont la partie supérieure est encore pour un moment dans l'ombre (c'est ça d'être au pied d'un "4000"). Au fond, la Tête de Lauranoure où nous étions Romain et moi il y a exactement 8 jours. Sympa le cadre, non ?


Nous voilà arrivés à la base des rochers où on trouve le câble auquel on peut s'assurer pour franchir les 50 derniers mètres sous le Col.


C'est une vraie via ferrata d'altitude avec même quelques barreaux scellés dans le rocher. Le passage ne serait pas vraiment difficile sans le câble mais ce dernier facilite et surtout sécurise bien la progression. D'ailleurs on ne se gêne pas pour l'utiliser !


Derniers mètres avant le Col des Ecrins où on va enfin trouver le soleil. On aura mis 4h depuis La Bérarde pour 1650m de dénivelé, le passage un peu tendu du col est derrière nous, on est plutôt contents.


Le contraste est saisissant, on passe du raide et froid versant Ouest de Bonnepierre au plateau ensoleillé du glacier blanc dominé par le point culminant du massif : la Barre des Ecrins (4102m). Même si c'est mon troisième passage ici, j'avoue être toujours aussi émerveillé par ce spectacle alors que dire de Romain dont c'est la première !


Le Col des Ecrins, une brèche par laquelle il nous faudra redescendre tout à l'heure. On sait tous les deux que ce sera le "crux" de notre périple et qu'il faudra garder de l'énergie pour ce passage.


Mais pour l'heure on ne traîne pas, on rechausse les skis, on s'encorde (vraiment pour le principe car le glacier est très peu crevassé dans cette zone) et on laisse le col derrière nous pour filer vers le bas sur le glacier blanc.


Au fond dans l'axe, la Montagne des Agneaux (3664m), un des grands sommets du massif que je n'ai pas encore visité (...). A droite, la Pointe de la Grande Sagne (3660m) qui domine le plateau du glacier blanc.


Derrière nous, la face Nord du Dôme et de la Barre des Ecrins se dévoile dans toute sa splendeur.


Deux skieurs sont en train de descendre (heureux Hommes !). Les traces laissent entendre que les conditions sont excellentes. Ils sont bien petits dans ce dédale de séracs hauts comme des immeubles...


Quant à nous, il s'agit encore de monter et l'altitude se fait sentir : le rythme s'en ressent et on fait régulièrement des pauses lors desquelles on peut profiter du décor de rêve qui nous entoure.



Nous sommes vraiment sur un balcon de choix face au point culminant du massif. A droite, notre œil ne peut manquer le plateau neigeux des Rouies, sommet skié avec Romain le 22 avril 2010 soit il y a 5 ans jour pour jour !


Nous voilà à nouveau skis sur le dos pour remonter une courte pente neigeuse donnant accès à l'arête Sud de Roche Faurio.


Le sommet de Roche Faurio (3730m) est désormais à portée de main. Nous n'irons pas au sommet proprement dit mais nous arrêterons au bout de la selle neigeuse quelques mètres en dessous, la fin nous paraissant un peu trop engagée à notre goût.


Dernière pente de neige sous le sommet avec la Meije comme témoin à droite. Il est 11h30 et nous voilà rendus au point culminant de notre périple après 6h d'efforts.



Le sommet géodésique est juste derrière Romain : quelques mètres bien aériens en rocher que nous ne ferons pas aujourd'hui chaussures de skis aux pieds.


Panorama côté Sud sur la Barre des Ecrins, le Pelvoux, le Glacier Blanc, le Viso, les Agneaux...


Et côté Nord sur le Râteau, la Grande Ruine, la Meije, le Glacier de la Plate de Agneaux, le Mont-Blanc...


Zoom sur le refuge Adèle Planchard où nous avions dormi avec Yoan, Romain et Patrick en avril 2011 lors de notre Tour de la Meije.


On ne s'attarde pas trop car les pentes Est que nous allons skier pour rejoindre le glacier blanc chauffent depuis déjà quelques heures. Après 10mn on prend donc le chemin de la descente.


On chausse les skis laissés au pied de la dernière pente et c'est parti pour une session en neige transformée au poil.


Descente par la variante directe, une belle pente soutenue face au Seigneur des lieux.


On laisse le sommet dernière nous aux 7 personnes qui nous succédaient (toutes venues du refuge du glacier blanc) et que nous n'aurons fait que croiser de loin. Ici on est loin de l'affluence du massif du Mont-Blanc même si je pensais qu'il y aurait plus de monde notamment sur l'itinéraire du Dôme d'autant qu'il fait beau et que c'est une semaine de vacances scolaires !


Ski plaisir face à la Barre des Ecrins.


Bonne neige, bon ski, c'est aussi ça qu'on est venu chercher.


Remise des peaux pour 15 minutes de remontée (environ 100m de D+) qui nous ramènent au Col des Ecrins. C'est la dernière montée du jour, on l'apprécie pleinement !



On s'accorde alors une bonne pause de 30 minutes au col, d'abord pour récupérer de nos efforts avant la partie délicate qui nous attend, ensuite parce qu'on n'est pas trop pressé de quitter ces lieux et qu'on sait que les pentes sous le col n'ont pas encore pris le soleil. Tandis qu'on se ravitaille, on est surpris de voir une cordée de 3 personnes qui s'attaque au Dôme à cette heure "tardive" (12h30).


A 13h10 c'est le premier des trois rappels que nous ferons pour descendre la partie haute du col. Un choix délibéré de sécurité assumé par Romain et moi. Certains chaussent les skis dès la base des rochers mais l'exposition est grande, la neige encore bien dure et la chute strictement interdite donc pas de prise de risques inutiles.



Deuxième rappel en pleine pente de neige depuis la base des câbles et pas de regret de ne pas chausser ici, la neige est bosselée et ça ne serait pas du grand ski.


Au bas du troisième rappel, je choisis de tailler une bonne terrasse pour chausser les skis alors que Romain décide de poursuivre la descente à pied. Nous nous retrouverons quelques minutes plus tard à la base de la pente après cette portion un peu tendue où la concentration était de mise.


La tension tombe, on laisse le col des Ecrins derrière nous, place à nouveau au ski plaisir sur une neige bien revenue dans le vallon de Bonnepierre que nous avons pour nous seuls. Une bonne tranche de bonheur qu'on a bien méritée !






On récupère les baskets au passage et on continue en rive gauche du vallon jusqu'au plus bas possible. On déchaussera finalement aux environs de 2000m d'altitude, juste avant de rejoindre le vallon du Châtelleret.



Reste à remettre tout le barda sur le sac et à rentrer à La Bérarde 300m plus bas.



Périple terminé, une balade de quelques heures (départ 5h30, retour 15h50) riches de belles émotions. Notre expérience montagne s'en trouve elle-aussi enrichie et on a fabriqué quelques globules, ça devrait nous servir pour les projets à venir...

La journée vue par Romain, c'est ici.

La partie haute de l'itinéraire (photo glanée sur Internet)