vendredi 30 septembre 2016

Néron

Ma dernière (et unique) visite au Néron datait du 16 mai 1998, j'avais à l'époque fait cette "mythique" traversée avec Patrick, Nathalie et Christiane en 7 heures (merci mon cahier dans lequel je note tout depuis plus de vingt ans !). Je mettrai moitié moins de temps aujourd'hui en faisant un parcours un peu plus long mais sans courir pour autant. C'est rassurant, les années passent mais la forme reste...

N'ayant pas vraiment repéré l'itinéraire avant de partir, je suis des marques bleues dans la première partie en forêt. Cela m'amène dans une portion probablement assez peu parcourue (vu la végétation envahissante), plus à gauche que le tracé classique qui emprunte la passerelle Muller. Me voilà au pied de la falaise, c'est ici qu'il faut monter et suivre un astucieux cheminement qui me permettra de rejoindre l'arête.


45 minutes après avoir quitté la voiture, me voilà sur l'échine de la montagne, au lieu dit "le camp romain". A partir de là, l'itinéraire est on ne peut plus simple : il suffit de rester au maximum sur la bande affleurante de calcaire, parfois assez envahie par la végétation, et de monter droit vers le "Belvédère Lucky Luke".


J'y suis 1/4 d'heure plus tard, alors que dans mon dos s'étalent Grenoble et sa presqu'île scientifique - entre Isère et Drac - dont la pointe est occupée par l'anneau parfait du synchrotron.


Voilà notre héros qui a donné son nom à ce belvédère. C'est plus sympathique qu'une croix, non ?



Voilà ce que j'ai glané sur le Net pour expliquer cette présence insolite :

Au début des années 1980, une girouette à l'effigie de Lucky Luke est plantée au sommet des Trois Pucelles (Vercors). La girouette est démontée en mars 1982 par le peloton de gendarmerie de haute montagne et entreposée durant trois ans à la brigade de Seyssinet. En novembre 1985, on retrouve le cow boy solitaire de l'autre côté de l'Isère. Il cesse de faire la girouette et il se fixe sur une bosse de l'arête du Néron, qui prendra le nom original de "bosse Lucky Luke". En 1995, l’œuvre démontée par des grincheux, sera retrouvée enfouie sous des rochers dans la végétation. Pendant l'été 2013, la silhouette restaurée (sans doute à l'initiative des enfants des premiers créateurs) réapparaît sur une bosse inférieure qui sera nommée "Belvédère Lucky Luke".
(libre interprétation de source wikipédia)


Quelques mètres au-dessus du cow-boy se dévoile la suite du programme : une courte partie forestière à franchir puis ce sera un chemin entre ciel et terre sur le fil de l'arête.


Un nouveau 1/4 d'heure et me voilà sur la bosse qui marque le changement d'ambiance : à partir d'ici la crête devient plus étroite, on passe de la randonnée classique à ce que certains nomment "chemin du vertige".


Vue côté gauche.


Vue côté droit.


C'est de plus en plus effilé mais rien de bien difficile, ça reste dans le domaine de la randonnée !


La partie la plus sympa de la balade peut commencer !





Voilà un ressaut qu'il paraît compliqué de franchir...


Mais, comme souvent, la solution apparaît en se rapprochant : un court pas d'escalade facile sur une belle dalle inclinée permet de continuer la promenade.



La suite est du même acabit, le prochain ressaut supporte la croix sommitale.
A gauche, les Rochers de Chalves et leur arête sud que j'avais parcourue il y a deux ans.
A droite, deux incontournables du massif : Chamechaude et la Dent de Crolles.


Pour atteindre la croix, suivez les points bleus !


Une courte traversée exposée côté Est avant de rejoindre le sommet.


Et voilà la croix et sa phrase lapidaire : "Néron, débonnaire mais redoutable". J'aurai mis un peu moins de deux heures pour monter ici, sans jamais courir mais sans traîner non plus !


Quel balcon sur la ville, n'est-ce pas ?


Le passage suivant est joliment aérien, c'est ce qu'on appelle un râteau de chèvre où certains passent debout, d'autres à califourchon... Devinez quelle option j'ai choisie ;-)


Le même vu dans l'autre sens.


Il reste ces trois dents à franchir : c'est ensuite un peu plus débonnaire même si ça reste aérien.


Le sommet de la dernière dent s'atteint par derrière après l'avoir contournée par la droite, le versant sud qu'on voit ci-dessous étant réservé aux grimpeurs (je ne sais pas si une voie est équipée dans ces belles dalles grises ?). Ceux qui ont de bons yeux verront la croix rouge située sur l'arête à gauche du sommet.


Il y a une heure et demie, j'étais sur la bosse au soleil qui, vue d'ici, frôle le synchrotron.Un beau parcours d'arête à deux pas de Grenoble, c'est quand même original comme balade !


Me voilà maintenant au col de Clémencières où l'itinéraire de descente classique part à droite.


Comme j'ai le temps, je continue l'arête vers le nord en suivant des points bleus : un "chemin" est indiqué, pourquoi ne pas le suivre ? Il y a même un cairn pour me confirmer, s'il en était besoin, que je peux poursuivre dans cette direction.


La sente plonge ensuite dans le versant est, c'est abrupte et réservé aux habitués de ce genre de terrain mais ça passe sans soucis.



Retour dans la forêt vierge !


Je finis par rejoindre la piste forestière qui va me ramener vers la voiture, c'est la seule portion de la balade que je ferai en trottinant.


Voilà les arêtes chevauchées ce matin, une sympathique balade pour randonneur de préférence aguerri !


dimanche 25 septembre 2016

Faune "sauvage"

Je mets des guillemets car dans un parc animalier (Peaugres dans le cas présent) la faune n'est plus vraiment sauvage... Nous avions promis cette visite à Emma, y étant déjà allés avec ses sœurs aînées juste avant sa naissance elle en rêvait depuis longtemps. Nous avons préféré attendre fin septembre et des températures moins élevées en espérant voir des animaux un peu plus actifs mais les fauves n'ont quand même pas été très mobiles, même au moment du nourrissage... Peut-être est-ce en fait toujours comme ça ? Une bien belle journée quand même, la balade en voiture au milieu des ours noirs et des bisons clôturant très bien la fin d'après-midi !


samedi 24 septembre 2016

Orbannes

Après la visite de l'Ebron, voilà aujourd'hui celle d'un de ses affluents que j'avais d'ailleurs tenté de remonter il y a dix jours : le ruisseau d'Orbannes. Cette fois c'est par le haut que je souhaite trouver un accès, mais je découvre avec appréhension plusieurs 4x4 puis un gilet orange un peu plus bas en bordure de champs : une chasse est en cours. Heureusement le gars posté là m'apporte plutôt de bonnes nouvelles : 1- la chasse est quasiment terminée et se déroule sur la partie amont du torrent (donc à l'opposé d'où je veux aller) 2- il y a des cerfs dans cette zone, objets de cette battue matinale. Je suis d'autant plus motivé à continuer vers le torrent, même s'il me dit que l'accès est difficile et que seuls les animaux y descendent !


Confirmation quelques minutes plus tard : l'accès est a priori un peu compliqué.


Evidemment je ne m'en laisse pas compter et dix minutes plus tard, après avoir descendu une ravine en suivant des sentes d'animaux, je suis dans le lit du torrent. La prospection peut commencer.


Je troque ma paire de baskets de trail (qui file dans le sac à dos) pour une paire usagée et c'est parti pour la descente du torrent, lequel zigzague au fond de la gorge ce qui a pour conséquence que je passe alternativement de l'ombre au soleil selon l'orientation. Cette première partie est facile et je ne suis pas tout le temps les pieds dans l'eau, ce qui m'arrange car l'eau est plutôt froide !

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Le canyon finit par se resserrer et je suis obligé de passer un peu plus dans l'eau, parfois jusqu'en haut des cuisses voire plus... Refroidissement garanti !


Puis ça se corse, j'arrive sur un passage encore plus encaissé. Après une courte hésitation, je descends dans l'eau puis une courte escalade sur des marnes fragiles à gauche me permet de continuer.


Regard en arrière sur ce passage aquatique que j'ai évité par les pentes herbeuses à droite. Vraiment pas envie d'aller dans l'eau, elle est trop froide ! La prochaine fois je prendrai une combinaison néoprène.


La suite s'annonce incertaine...


Et même impossible pour moi aujourd'hui : je sens que je vais devoir rebrousser chemin.


Voilà un beau goulet très tentant mais il faudrait un vrai équipement de canyoning pour s'y engager. A noter que je n'ai pas trouvé trace sur Internet de canyoneurs étant venus ici et que je n'ai pas vu non plus d'équipement en place sur le terrain : peut-être suis-je le premier à venir jusque ici ?


Ce qui est sûr c'est que je suis contraint au demi-tour, du coup je passe en mode sanglier et grimpe dans les pentes abruptes pour sortir de ce cul-de-sac. La deuxième partie de l'aventure peut commencer...


Je m'arrête dans la pente au soleil pour changer de chaussures et en profite pour avaler mon sandwich, puis je continue la remontée dans un terrain d'abord compliqué (buis serrés sous lesquels je suis contraint de me faufiler et où je dérange un sanglier) qui devient ensuite plus facile avec des chênes et des aulnes. Et soudain, sans prévenir, c'est la rencontre : un daguet (jeune cerf) à moins de dix mètres qui détale sous mes yeux ! Pas le temps de prendre une photo - dommage - mais arrivé plus haut sur une zone enfin plate je peux observer de nombreux indices de la présence des cerfs dans la zone.





Je progresse un long moment tous les sens aux aguets, dans l'espoir d'en croiser un autre. Et c'est au moment où je relâche un peu mon attention que je surprends un beau mâle d'au-moins 10 cors alors que je sors dans un champ. Il me repère également et s'enfuit derrière la frondaison avant que j'ai le temps de dégainer l'appareil photo. Dommage mais j'aurai au moins eu le plaisir des yeux à défaut de pouvoir le partager avec vous ! Pour me rattraper, j'ai quand même photographié ce chevreuil, croisé un peu plus tard alors que je remonte vers la voiture.


A la voiture, je croise des locaux qui me disent avoir entendu bramer la veille au soir, ce qui me motive à repartir vers le bas du vallon et à rester dans la zone jusque vers 17h30, me disant que les cervidés ressortent souvent en fin de journée... mais je ne ferai aucune autre observation. Ce n'est pas grave, la journée a quand même été une réussite et je sais maintenant que je reviendrai certainement dans le coin.