mardi 13 décembre 2016

Via Ferrata et cascades

La neige n'étant toujours pas retombée, je m'oriente encore aujourd'hui sur une activité autre que le ski qui devrait pourtant être de saison. C'est un hors-série de l'été 2013 de Montagne Magazine qui me donne l'idée sur la destination du jour avec ce titre : les deux visages de la cascade de la Pisse, via ferrata et fontaine pétrifiante.

Le départ se fait du parking des Aymes (Mizoën) situé juste au-dessus du barrage du Chambon.


La balade débute par une longue traversée qui franchit plusieurs couloirs où sont installés des systèmes de détection d'avalanche permettant de déclencher les feux d'alerte sur la route en contrebas (qui n'est rien moins que la RD1091 reliant Grenoble à Briançon, actuellement toujours fermée pour cause d'éboulement).



Je croise un peu plus loin un chamois qui s'éloigne tranquillement dans le pierrier en contrebas.


Voilà le lac Lovitel (à ne pas confondre avec le lac Lauvitel près de Venosc), aménagé pour la visite avec une passerelle qui permet d'observer de plus près la végétation transformant petit à petit le lac en marais (phénomène d'eutrophisation).


L'endroit prend très peu le soleil à cette époque de l'année, le sol est gelé et les lieux ont un petit côté fantastique qui me plaît bien. Il suffit de laisser un peu aller son imagination et ces masses végétales en train de coloniser le lac pourraient bien se mettre en mouvement sous mes yeux...


C'est ici que je quitte le GR pour descendre vers la vallée via un "chemin" dans la falaise. Je m'équipe avec baudrier et longe car cette descente ressemble plus à une via ferrata qu'à un sentier de randonnée, voyez plutôt sur cette photo, difficile de croire qu'un cheminement y est possible.


Me voilà au pied de la cascade de la Pisse, quel spectacle !


Petit problème, je dois traverser le torrent pour rejoindre le départ de la via ferrata qui se situe en rive gauche mais il n'y a aucune passerelle... Je n'ai donc pas le choix et c'est pieds nus que je fais les quelques mètres dans l'eau glacée.


Me voilà du bon côté, la cascade n'est pas mal non plus sous cet angle.


C'est parti pour la remontée qui est annoncée en 3h sur le panneau au pied (je mettrai une heure, sans me presser).


La suite en images :







Sortie au soleil un peu avant 13h, c'est ici que l'eau est projetée dans le vide.


C'est ici aussi que je découvre la partie supérieure : la fameuse fontaine pétrifiante.


 J'irai m'y balader tout à l'heure mais pour le moment c'est pile poil l'heure du pique-nique que je vais monter prendre au refuge des Clots situé à quelques minutes de la sortie de la via ferrata, horaire parfait !


Quiétude des lieux, je suis seul pour profiter de la terrasse face à la Meije.


J'avale mon sandwich en quelques minutes et reprends rapidement ma route vers le haut, fuyant l'ombre qui arrive déjà sur le hameau. Le chemin est raide mais j'ai la forme et monte à un bon rythme.


 L'ombre envahit progressivement le plateau du hameau des Clots, la sortie de la via ferrata inondée de soleil tout à l’heure est désormais dans la fraîcheur. J'ai eu du flair pour l'horaire, timing parfait !


Me voilà devant la fontaine pétrifiante, quel endroit fantastique, ça faisait longtemps que je voulais y venir !




C'est sur ce petit plateau suspendu que sort la source qui donne naissance à ces deux superbes et bien différentes cascades.


Je continue vers le haut dans les grands espaces. Ces versants orientés au Sud sont complètement déneigés jusqu'à plus de 2000m d'altitude, pas très normal à cette époque mais c'est aussi pour ça que je suis là !



 Rencontre avec un vieux bouquetin solitaire qui me regarde arriver droit sur lui.


Il s'écarte pour me laisser le passage, sacré bestiau tout de même !



Je continue mon chemin vers le haut et arrive au Clot du Pertuis, plateau bien enneigé à l'altitude d'environ 2200m.


Je file à droite et rejoins la pointe 2214m qui marque la limite avec les falaises abruptes plongeant sur la vallée de la Romanche. En face, la Meije (3983m)  et le Râteau (3809m) dominent les lieux.


Je retrouve ensuite la "route" que je suis en direction du refuge des Mouterres. Des traces de VTT prouvent que quelques motivés sont venus rouler ici récemment (je découvrirai ce soir à la maison qu'il s'agit certainement d'eux).


Petit détour au lac des Mouterres qui a disparu sous la neige.


Je remonte ensuite directement vers le chalet Girardet sans passer par le refuge des Mouterres, l'heure tourne (déjà 15h) et la descente va être longue...


Marche sur neige, superbe ambiance.



Comme déjà dit : la descente va être longue !


Sur la droite, bien marquée, la route qui mène au plateau d'Emparis que nous avions empruntée lors de cette balade l'an dernier. Au fond, le Pic du Mas de la Grave (3020m), à droite les Aiguilles d'Arves et l'Aiguille de la Saussaz (3361m).

 

Voilà la partie la plus dangereuse de la balade, ça ne paraît pas comme ça mais la neige est dure et une glissade ici me verrait descendre assez loin ! Je descends prudemment en cherchant les zones offrant le plus d'accroche et regrette un peu de ne pas avoir pris un petit piolet ou au-moins des bâtons...


Passage à la Maison Coin Berg au soleil couchant sur fond de massif des Grandes Rousses.
Belle ambiance.



Un peu plus tard, regard en arrière sur les croupes neigeuses puis herbeuses que je viens de traverser.


A 16h15 le soleil disparaît, l'ambiance change et la température aussi !


Descente au petit trot jusqu'au hameau de Singuigneret. Il est 16h40, là-haut la Meije reçoit encore les rayons du soleil.




Retour à la voiture 6h30 après l'avoir quittée, une sacrée bambée tout de même ! Une boucle qu'il est plus usuel de faire à VTT et dans l'autre sens, sans la partie via ferrata bien-sûr...