mardi 16 mai 2017

Vallée Blanche

Pierre, mon boss, est de passage dans le coin et doit être à Lausanne mercredi soir. C'est l'occasion de partager avec lui un peu de ma passion pour la montagne, d'autant plus que les sommets ont été récemment repeints. Nous voilà donc partis pour une grande classique qui ne peut que ravir celui qui n'est jamais allé en haute-montagne : une descente de la Vallée Blanche à skis.


L'avantage à Chamonix, c'est qu'en quelques minutes (et un coup de carte bleue bien sûr) on se retrouve à 3800 mètres. Dès la sortie de la cabine, Pierre est dans l'ambiance et un peu sous pression avec la découverte de la fameuse arête qu'il va falloir descendre.


Mais avant, nous profitons des panoramas fantastiques que les terrasses aménagées offrent aux touristes du monde entier, ces derniers étant quasiment absents aujourd'hui à notre plus grand bonheur. D'abord la vue sur la vallée de Chamonix :


Puis celle sur l'arête des Cosmiques (dont on aperçoit le refuge à la base) et les trois Mont-Blanc :


Nous passons ensuite aux choses sérieuses avec la mise des skis sur le sac, la fixation des crampons aux pieds et l'encordement avant de s'engager sur l'arête, laquelle a été récemment déséquipée, ce qui ajoute encore un peu de piment à l'expédition. C'est une première pour Pierre, il est directement dans le grand bain et est très concentré sur l'arête, attentif à ne pas glisser.


Ambiance !
Après tout Chamonix n'est que 1800 mètres plus bas...


Rien de bien difficile, il s'agit juste de ne pas "s'en coller une". Et au moins nous ne sommes pas gênés par la foule, c'est l'avantage d'être ici hors-saison.


En moins de 10 minutes l'affaire est réglée et la tension retombe, nous allons pouvoir passer au ski, discipline dans laquelle Pierre est beaucoup plus à l'aise.


Un bel espace plat pour chausser, un beau panorama à regarder - Aiguilles de Chamonix, Aiguille Verte, Grandes Jorasses, Dent du Géant pour ne citer que les principaux - et nous voilà partis vers le bas.


Ce n'est pas du grand ski mais c'est un grand et superbe décor avec le Mont-Blanc comme toile de fond et le beau granit de la face Sud de l'Aiguille du Midi qui tranche avec la blancheur immaculée des glaciers. Chose rare, nous sommes strictement seuls pour en profiter !


Nous faisons la classique qui fait une grande boucle sur le glacier du Géant pour plonger ensuite vers la Mer de Glace.


Du bon ski sur neige "transfo" sur fond d'Aiguille Verte.




Pierre découvre de près les séracs nés de la cassure du glacier. Un impressionnant chaos !



Nous rejoignons le glacier du Tacul, début de la zone "plane" où nous n'aurons quasiment pas à pousser et c'est tant mieux car la chaleur est omniprésente.


La dernière zone skiable se fait sur la glace (d'ailleurs nous sommes  désormais sur la célèbre Mer de Glace). Le beau pic pointu en haut à droite derrière Pierre, c'est la Dent du Requin dont j'ai atteint le sommet avec Romain le 23 août 2000, un lointain mais excellent souvenir !


Nous sommes contraints de continuer à pied, c'est la raison pour laquelle plus personne ne fait cette descente à cette époque (plus tôt en saison on skie beaucoup plus loin et même jusqu'à Chamonix par bon enneigement). Pour Pierre c'est l'occasion de vivre une expérience d'alpiniste plus que de skieur, ce qui n'est pas pour lui déplaire. Notre objectif : la gare d'arrivée du petit train du Montenvers qu'on aperçoit au centre de la photo.


La marche (sans crampons) se fait tranquillement en papotant et nous quittons le glacier quarante cinq minutes plus tard pour remonter rive gauche vers les échelles qui permettent de rejoindre la vire des guides menant au Montenvers.


Nous laissons derrière nous la Vallée Blanche (et au fond les Grandes Jorasses) où on aperçoit deux autres skieurs. Ce sont un guide et son client qui arrivent de l'Aiguille Verte et vont nous rejoindre au pied des échelles le temps qu'on change de tenue.


Dernier effort, et non des moindres : les échelles. Les aperçevez-vous sur la photo ?
Il y a une centaine de mètres à remonter qui, surtout avec cette chaleur, méritent largement qu'on passe en mode short / baskets (que nous avons bien sûr glissés dans nos sacs) !


Pierre est en forme, nous buvons et mangeons un coup et nous entamons la remontée sans que je ne ressente la nécessité de sortir la corde. C'est parti pour une vingtaine de minutes à enchaîner les échelles et les vires de transition.






Nous voilà au bout du périple, nous déposons les sacs à la gare du Montenvers (actuellement en travaux). Il ne nous reste plus qu'à profiter de la descente dans le célèbre petit train rouge, encore une première pour Pierre !


Heureux de cette journée de partage avec Pierre, un juste retour des choses après celle qu'il nous a offerte l'été dernier. Une journée qui en appellera sûrement d'autres...