samedi 24 juin 2017

Aiguilles de l'Argentière

Devant récupérer Marie et ses copines à Allemond, pourquoi ne pas en profiter pour aller faire une virée en montagne le matin ? Avec Romain, bien-sûr partant, nous tombons d'accord pour faire la traversée occidentale des Aiguilles de l'Argentière, vendue dans les topos comme une des plus belles traversées alpines de Belledonne avec celle du Grand Pic et celle qui relie le Toit et la Pyramide (au-dessus des Sept-Laux).

Départ à 7h du col du Glandon où les moutons sont encore dans leur parc de nuit. Il faut dire que le loup rôde dans les parages...


Notre objectif est là-haut, plus précisément dans l'ombre au fond à gauche.


Côté température, à cette altitude et à cette heure, nous pourrions profiter d'un peu de fraîcheur. Mais il fait relativement doux alors même que le soleil est masqué par quelques nuages bienvenus. Nous ne le savons pas encore mais nous allons très bientôt souffrir de la chaleur ! Même si nous montons à un bon rythme, cela ne nous empêche pas de prendre le temps d'admirer le paysage et notamment ce beau tableau en contre-jour versant Maurienne.


Nous voilà au petit lac de la Combe qui marque la fin du sentier balisé. Nous allons désormais tracer notre propre itinéraire dans la "Casse de l'Argentière" en visant les croupes herbeuses où la progression est plus efficace.


Après 1h30 d'approche, nous sommes sur les névés à la base des arêtes que nous allons bientôt chevaucher avec, de gauche à droite :
- l'Aiguille de Marcieu (2906m) qui est au soleil et qui s'atteint par le couloir en neige à gauche de l'image ;
- l'Aiguille Michel (2915m, point culminant des aiguilles)
- l'Aiguille Baroz
- l'Aiguille Repiton-Préneuf
- et enfin l'Aiguille Dulong de Rosnay (2914m)


Après la remontée du couloir en neige, nous allons prendre pied sur le rocher à peu près à mi-couloir (à la limite ombre / soleil).


Et voilà, nous quittons la neige pour le rocher. Nous décidons d'attaquer sans nous encorder - aucune difficulté particulière n'étant annoncée ! - mais en restant proches l'un de l'autre histoire de ne pas s'envoyer un caillou sur le nez. Heureusement ici le rocher est quand même plutôt bon.



Par contre il l'est beaucoup moins dans l'accès final à l'Aiguille de Marcieu !


Premier sommet du jour, l'Aiguille de Marcieu. La pose s'impose avec le Rocher Badon, le Rocher Blanc et la Pyramide en arrière-plan (ainsi que le Grand Pic de Belledonne au fond). Nous faisons aussi une pause de quelques instants, le temps de boire, grignoter une barre et nous encorder pour la suite du programme.


Devant nous, l'Aiguille Michel, second sommet sur lequel nous allons monter.


Nous descendons de quelques mètres sur l'arête et passons une jolie boîte aux lettres.


Un peu avant 10h, nous sommes sur le point culminant des Grandes Aiguilles de l'Argentière : l'Aiguille Michel (2915m). La pose photographique s'impose à nouveau !


Devant nous, la suite du programme : l'enfilade des arêtes jusqu'à l'Aiguille Dulong de Rosnay qui est quasiment à la même hauteur que nous. C'est la partie la plus technique qui nous attend, c'est aussi la plus belle ! A droite, c'est le lac supérieur de Grand-Maison (qui est 1200m plus bas) dominé par le Pic de l'Etendart (qui, lui, est 500m plus haut que nous).


S'ensuivent quelques désescalades - entrecoupées parfois de courts rappels - et de beaux passages sur des arêtes effilées. Rien de bien compliqué si on est à l'aise dans ce type de terrain, ce qui est le cas pour nous deux. Nous progressons en même temps en veillant à (presque) toujours conserver un point d'assurage entre nous, soit avec une sangle passée autour d'un becquet, soit en passant simplement la corde d'un côté ou de l'autre de l'arête.



 "Descendre à la brèche puis attaquer l'Aiguille Baroz par le flanc droit de l'arête".
Pas vraiment besoin de topo, l'itinéraire est pour le moins évident !




Nous voilà déjà sur l'Aiguille Baroz, assez aérienne. Nous sommes au milieu de la traversée.


Un court ressaut en 4c plus tard (le passage clef de la traversée) et nous voilà au sommet de l'Aiguille Repiton-Préneuf, sourire aux lèvres.


De là, nous tirons un rappel de 25m qui nous amène dans une profonde brèche au pied  de la dernière aiguille.



En quelques minutes nous remontons au dernier sommet, l'Aiguille Dulong de Rosnay, où nous faisons la pause repas. Il est 11h15 et sommes déjà presque au terminus de la traversée, il ne nous restera plus qu'à descendre au col Dulong de Rosnay et à effectuer la marche de retour via le glacier d'Argentière.



Début de descente à 11h45. Un peu de désescalade et un rappel de 25m nous déposent sur le glacier d'Argentière.


Nous rangeons le matériel de désescalade dans les sacs (baudrier, sangles, dégaines et corde) et sortons piolet et bâtons pour descendre la partie haute du glacier. Pas besoin de crampons (que nous aurons donc pris pour rien), la neige est suffisamment molle pour permettre un enfoncement efficace, juste de quoi faire une glissade contrôlée jusqu'en bas des névés.

 

Nous laissons derrière nous les arêtes que nous avons chevauchées ce matin.



Bien contents qu'il y ait des névés, cela facilite grandement la descente qui ne serait pas aussi agréable si nous étions sur les pierriers !


12h45 : arrivée au plan des Trois Eaux, fin de la neige.


Retour à la verdure et à la civilisation (deux randonneurs aperçus de loin sur le sentier, les seules personnes croisées ce matin), fin d'une belle balade aérienne et sauvage.


Il ne nous reste qu'à rejoindre le col du Glandon, c'est l'histoire d'une petite demi-heure.




Et cerise sur le gâteau pour clôturer la balade : une véritable parade de vautours fauves (accompagnés de deux gypaètes) au-dessus du col !




La carte (cliquer sur l'image pour l'avoir en grand) :


La bonne nouvelle, c'est qu'il nous reste deux traversées à faire ici :
- la traversée orientale des Grandes Aiguilles (Joseph Gaillard, Olle, St-Phalle)
- la traversée des Petites Aiguilles (Cos, Capdepon, Elisabeth, Combe)