samedi 5 août 2017

Valloire et Porte d'Eglise

Besoin de montagne.
Besoin de dépense physique aussi.
Le tour d'aujourd'hui va me satisfaire en tous points !

Départ à 7h15 depuis le Cley, là où le ruisseau de la Valloire se jette dans le Bréda, altitude 997m. Je pars en mode léger : baskets de trail, tee-shirt, short et petit sac avec une veste chaude (on ne sait jamais), 1 litre d'eau, 2 petits sandwichs, 2 compotes à boire et 2 pâtes d'amande. A cela s'ajoutent l'indispensable crème solaire (que pour une fois je n'oublie pas), la paire de lunettes de soleil, la casquette et le buff.
Après avoir longé le Bréda, j'attaque la raide montée qui mène au chalet de l'Arpette. Dure entrée en matière, le sentier est raide et ça dénivelle fort ! A 8h, le soleil inonde déjà la station du Pleynet située juste en face. Je sais qu'elle est à 1450m d'altitude, j'en déduis que je monte vite car je suis déjà largement au-dessus d'elle !


Je sors de l'étage montagnard purement forestier, me voici dans l'étage subalpin qui s'ouvre vers les hauteurs (rappel ici des différents étages pour ceux qui ont oublié...). Je peux mesurer le chemin qu'il me reste à parcourir : il me faut rejoindre les crêtes là-haut ! J'aperçois le chalet de l'Arpette niché dans l'alpage à 1850 mètres d'altitude où je vais passer dans quelques minutes. Il marque la fin du sentier sur la carte, au-delà ce sera à l'aventure !


Passage au chalet à exactement 8h25, soyons précis ! Je me fais discret des fois que quelqu'un y dorme encore... D'ici on aperçoit la Chartreuse du Granier (à droite) jusqu'à la Dent de Crolles et Chamechaude (à gauche), elle dépasse tout juste de la crête du Grand Rocher au premier plan.


La même en mode panoramique : apparaissent la station du Pleynet et la crête Cabottes / Belle Etoile.


Je monte droit vers le sommet de la Grande Roche et aperçoit de loin le berger et ses moutons qui évoluent sur les crêtes à ma droite.


Vue de plus haut : scène de la vie de berger de montagne (au fond : les pointes de Mouchillon et le col de l'ile).


Autre rencontre, surprenante : ces deux ânes seuls sur un replat vers 2250 mètres d'altitude.


Les dernières pentes sont bien raides mais je continue de monter à un bon rythme, profitant de la forme et de la fraîcheur matinale (je sais que je vais trouver le soleil en arrivant à la crête !). Je ne peux m'empêcher malgré tout de profiter du paysage à ma droite : les Aiguilles de l'Argentière - où j'étais avec Romain en début d'été - sont maintenant bien visibles (à gauche avec le glacier), et la belle pyramide du Rocher Badon prend toute la place au centre (Rocher Blanc juste à sa droite).


Arrivé à la crête, premier sommet du jour : la Grande Roche (2345m)? Je poursuis vers le Sud-Est et aperçois quelques chamois qui s'enfuient côté Valloire sans me laisser le temps de les prendre en photo. Ils sont tranquilles ici, pas grand monde pour les déranger à part de temps en temps un promeneur solitaire comme moi ! Je chevauche la crête avec délectation, profitant du soleil et de la vue. Il me vient bien l'idée de continuer jusqu'au sommet du Rocher d'Arguille qui trône tout là-haut au bout de l'arête mais je ne suis pas équipé pour et ça ne serait pas très sérieux (surtout pour la descente du glacier d'Arguille en baskets...). Je garde ça pour une autre fois !


Je suis plutôt attiré par les lacs à ma gauche dans le vallon de la Valloire. Germe alors l'idée de visiter ce vallon de la Valloire et d'enchaîner les quatre lacs qui s'y trouvent : Lac de la Folle et Lac Blanc qui sont déjà au soleil (pas besoin de vous dire lequel est lequel !), puis Lac Noir (qu'on aperçoit dans l'ombre au dessus du lac blanc) et enfin Lac Glacé (encore plus haut en direction du col de la Valloire et du Puy Gris).


Je continue sur l'arête et rejoins le Passage Odru, petite dépression entre les vallons d'Arguille et de la Valloire. C'est ici que je vais descendre à gauche vers les lacs.



Un peu avant 10h, me voilà presque arrivé au lac de la Folle où je rencontre un pêcheur solitaire que je salue.



Je ne m'attarde pas et continue vers le lac Blanc, laissant derrière moi les arêtes chevauchées un peu plus tôt et le versant de descente dominé par le passage Odru (en haut à gauche sur la photo, juste au dessus de l'ombre).


Le Lac Blanc est atteint en quelques minutes. Je le contourne par la droite pour prendre en photo les linaigrettes et les montrer à Sonia  qui, comme moi, affectionne particulièrement cette plante.





Je poursuis vers le haut pour atteindre le troisième lac, le Lac Noir, vers 2250 mètres d'altitude.



Je ne m'y attarde pas non plus et fais un dernier effort pour rejoindre le quatrième et dernier lac, le Lac Glacé, à 2450 mètres d'altitude.



C'est ici que je m'accorde la pause pique-nique, il est 11 heures passées et j'ai déjà pas mal de dénivelé dans les pattes, il est temps de se refaire une santé. J'en profite aussi pour me glisser jusqu'à la taille dans l'eau glacée - rien de tel pour se régénérer - et regarder vers le haut. C'est vers la gauche que je décide d'aller prospecter, un point carte me laisse en effet penser que je peux certainement rejoindre la crête entre la Pointe de Comberousse et les Pointes de Porte d'Eglise...


Une petite demi-heure de pause et je repars donc vers le haut, montant dans de gigantesques pierriers en direction du Nord.


Je tombe sur un petit lac glaciaire à l'aplomb du sommet de la Pointe de Comberousse (2866m). Je peux maintenant voir que l'accès à la crête ne devrait pas me poser de problème... donc je continue vers le haut.


Je suis au cœur d'un véritable océan de pierres dominé à gauche par le Puy Gris (2908m), le quatrième plus haut sommet de Belledonne après le Grand Pic, la Croix et le Rocher Blanc.


Un peu d'escalade facile sur de belles dalles ocres pour rejoindre la crête.


Me voilà sur l'arête sommitale, pile entre la Pointe de Comberousse et celles de Porte d'Eglise. La preuve avec Iphigénie (le GPS de l'IGN que j'ai installé sur mon smartphone).


La suite est évidente, excitante, merveilleuse, ... les mots me manquent. Des instants rares qui restent en tête pour longtemps ! Une chevauchée en plein ciel avec un peu d'incertitude sur la possibilité de rejoindre le passage de Tigneux sans rencontrer trop de difficultés. Heureusement je me rappelle avoir lu dans le blog de LTA que ça doit a priori passer sans trop de soucis. J'espère que mes souvenirs sont bons car je n'ai pas pris la corde...

Sur les arêtes

Gleyzin tout en bas

Belle dalle fracturée pour rejoindre le sommet de la pointe 2812



Après la pointe 2812, un cheminement sans difficultés mais la chute reste interdite

Tout à l'heure j'étais au petit lac en bas !
Zoom sur le refuge de l'Oule
Cerise sur le gâteau, voilà que je tombe sur la faune locale : les chamois. Ils sont tranquilles sur ces arêtes et ne m'ont pas repéré, je peux les observer à loisir et profiter de ce beau moment de Nature.



Voilà certainement la partie la plus engagée de la balade : la raide descente en versant Nord de la pointe 2812m. Les chamois y batifolent, les humains y progressent avec la plus grande attention...



Vu d'en bas, c'est tout aussi impressionnant. Du pur terrain à chamois qui, pour être honnête, serait plus recommandé dans le sens de la montée. A la descente, il m'a fallu mettre en oeuvre toute mon expérience et rester concentré tout du long ! J'aurais probablement été plus à l'aise en hiver et skis aux pieds pour descendre ces pentes raides.


La suite est plus tranquille et je rencontre à nouveau des chamois.



Cheminement ludique sur l'arête, c'est désormais plus de la randonnée que de l'escalade comme les portions précédentes, sauf ce passage que je contourne versant Ouest (pris en photo du dessous).


Ici c'est facile !


Derrière moi, le bastion d'où je viens.


Devant moi, les derniers ressauts descendants qui mènent au passage de Tigneux.


Un petit passage nuageux... et encore les chamois, toujours présents dans ces pentes.



14h30 : voilà le passage de Tigneux (2393m) et le hameau de Gleyzin dans l'axe tout en bas. Je vais maintenant quitter la crête pour plonger dans le couloir pierreux à gauche.


Un dernier regard sur l'arête d'où j'arrive.


Et je file dans la pente pour rejoindre en quelques minutes le lac des Naves, probablement un des lacs les plus sauvages du massif. Il faut dire que venir ici se mérite ! Je m'y arrête pour m'immerger dans l'eau froide, ce qui a le don de me régénérer après tous ces efforts.

(Le passage de Tigneux est le couloir pierreux à gauche du bastion rocheux)
Pour boucler la boucle, reste à descendre à travers les rhododendrons et autres genévriers pour rejoindre le sentier du Tour du Pays d'Allevard, puis traverser jusqu'au chalet de la Grande Valloire...



Et enfin plonger sur la vallée, sans oublier de jeter un dernier regard en arrière sur ce bout de massif qui m'a procuré bien du plaisir aujourd'hui !


Une grosse journée... (D+ : 2200 mètres / durée : 9h30)
(Cliquer sur la carte pour voir l'itinéraire - jaune - en détail)