dimanche 24 septembre 2017

Coolidge à la journée

Le Pic Coolidge (3775 mètres) est idéalement placé au centre du massif. Lorsqu'on est au sommet, le panorama qui s'étale devant les yeux est juste... énorme ! C'est probablement l'endroit le mieux placé pour avoir sous les yeux à la fois la face Sud de la Barre des Ecrins, de dimension himalayenne (plus de 1200 mètres de haut) et toute la barrière constituée des faces Nord d'Ailefroide, du Pic Sans Nom et du Pelvoux. Aujourd'hui, avec Romain, nous en avons bien profité !

Samedi soir, nous posons la tente au camping de La Bérarde, il est 21h15 et nous nous couchons tôt car le réveil est calé sur 4 heures...


Réveillé à 3h25, je patiente une dizaine de minutes puis demande à Romain s'il dort encore. Un vague grognement m'indique que non... et c'est donc avec un peu d'avance que nous plions la tente et prenons le petit-déjeuner. Nous débutons la marche à 4h45, au parking de La Bérarde. En route pour une grande balade !


55 minutes plus tard, c'est toujours la nuit noire lorsque nous arrivons à l'embranchement entre le vallon qui mène au refuge de la Pilatte et le sentier qui part à gauche vers celui de Temple-Ecrins. Nous n'avons fait que 250 mètres de dénivelé, cette première partie n'est vraiment pas rentable mais on le savait !


Encore 45 minutes d'une montée enfin efficace et nous voilà devant le refuge de Temple-Ecrins (2410m) actuellement fermé pour travaux. Un ouvrier dort à la belle étoile sur une terrasse herbeuse sous le refuge, nous espérons ne pas l'avoir réveillé...


Encore 30 minutes et le jour s'est levé. Il est quasiment 7 heures et nous voyons le col de la Temple tout là-haut, notre premier objectif, situé à l'altitude de 3321 mètres. Devant nous, un beau tas de cailloux à remonter.


A notre droite, la vallon de la Pilatte est déjà bien loin (environ 600 mètres plus bas). En face, la Tête du Chéret (3161m), le Mont Gioberney (3352m) et les Bans (3669m). Nous serons plus haut qu'eux dans quelques heures...


La montée se poursuit au cœur d'un immense champ de cailloux alors que le jour se lève progressivement sur un panorama cinq étoiles.


Quelques résidus de neige subsistent sous le col de la Temple, vraiment pas grand chose après cet été bien sec. Il ne fait pas très froid mais suffisamment quand même pour que Romain s'offre une bonne onglée et prenne quelques mètres de retard sur moi car il doit faire des moulinets pour se réchauffer (j'ai conservé mes gants donc pas de soucis pour moi).


Le beau temps annoncé semble se vérifier, tant mieux !


J'arrive au col de la Temple (3321m) à 8h20, soit un peu plus de 3h30 pour effectuer 1620 mètres de dénivelé (sans courir). Ayant un peu d'avance sur Romain, je pose mon sac et en profite pour aller sur la pointe située au Sud du col juste devant la magnifique face Nord d'Ailefroide.


De mon promontoire, je domine le col de la Temple (où j'aperçois Romain sur la dernière langue de neige avant le col) et l'ensemble de la suite de l'itinéraire : nous allons remonter les vires rocheuses à droite du premier ressaut puis rejoindre la neige qui nous mènera à l'arête terminale et au sommet bifide (le point culminant étant celui de gauche). Les 450 derniers mètres de dénivelé !


Après avoir rejoint Romain et fait une petite pause pour grignoter un morceau, nous enfilons baudrier et guêtres et repartons vers le haut.



C'est la partie un peu plus technique, facile... mais où il ne faut pas tomber.




En haut du premier ressaut, un second apparaît. Beaucoup plus court.



La suite se passe entre neige... et encore et toujours pierrier !



Le sommet se rapproche...


Nous chaussons les crampons par sécurité pour remonter en toute sérénité la pente terminale. J'avais envisagé de monter en baskets mais ça aurait été un peu limite donc pas de regret. Et puis j'ai découvert que mes crampons semi-automatiques pouvaient s'adapter sur mes chaussures de randonnée à condition de bien les serrer donc autant en profiter !


Une quinzaine de minutes pour remonter la pente de neige et me voilà au collu précédant l'arête finale menant au sommet. Romain est quelques mètres derrière, ce qui a l'avantage de nous permettre de faire des photos de l'un et de l'autre.



Arrivée de Romain au collu, sur fond de Coup de Sabre, Pic Sans Nom, Pelvoux.
A gauche, près de 2000 mètres sous nos pieds, le pré de Madame Carle.


Pour comparaison, voilà une photo du même endroit (prise d'un peu plus haut et au zoom)... en juillet 1975. Clin d’œil à mes parents qui firent l'ascension du Pic Coolidge cette année là, le fils a suivi vos traces !


A l'approche du sommet, le seigneur du massif se dévoile à nos yeux : la Barre des Ecrins et son impressionnante face Sud.


Romain dans la dernière pente.


Je rejoins l'antécime, redescends dans une brèche derrière et atteins le point culminant juste à temps pour pouvoir shooter Romain. Quel cadre !


On est vraiment tout petit devant les géants de la Terre...


Summit à 10h20, soit 5h30 après avoir quitté le parking. Malheureusement le temps s'est un peu dégradé mais ça reste dégagé, c'est le principal ! Romain fait le selfie traditionnel pour immortaliser ce nouveau point culminant atteint ensemble.


C'est le temps de la pause bouffe et des photos panoramiques.

Vers le Nord : de la Barre des Ecrins aux Rouies


Vers l'Ouest : Plan du Carrelet, vallon de la Pilatte, BAns, Ailefroide...
On repart une vingtaine de minutes plus tard, il fait frais... et on a un peu de chemin pour rentrer !
On continue à se prendre mutuellement en photo : Romain alors que je remonte sur l'antécime...



Et moi alors qu'il quitte le sommet et vient me rejoindre. Y a du gaz !



La suite va vite, surtout dès qu'on rejoint la neige. En quelques minutes nous perdons les mètres durement acquis à la montée.



Après avoir croisé et discuté avec une cordée de trois écossais partis à l'aube du Pré de Madame Carle, nous abordons la dernière portion nécessitant un peu de vigilance.


Et nous revoilà au col de la Temple, il n'est même pas midi mais nous avons encore devant nous une longue descente.


Objectif : le plan du carrelet (le replat tout en bas).


Un autochtone aperçu lors de la descente alors que Romain change de chaussures pour repasser aux baskets (laissées sous un rocher à la montée)...



Cette fois il ne fait pas nuit et nous pouvons profiter de la vue sur le vallon abritant le refuge de Temple-Ecrins.




Après une nouvelle pause au refuge pour manger, c'est à 15 heures que nous atteindrons la voiture, soit une sortie d'une dizaine d'heures tout de même. Pas étonnant vu la distance et le dénivelé !



24 km aller retour et 2120 mètres de D+, voilà le tarif de ce beau dimanche de septembre au cœur du massif des Ecrins !