dimanche 17 septembre 2017

Oeille et Sophie

La balade de la veille m'a donné des envies, me voilà donc parti vers les hauteurs ce matin. Je ne me suis pas levé aux aurores, il est déjà 10 heures lorsque je remonte ce beau pierrier sous les Sultanes, au dessus de Prélenfrey.


Je suis dans le fameux couloir des Sultanes, plus classiquement parcouru en hiver - skis aux pieds - qu'en été. Il faut dire que le remonter sur la neige dure est plus simple que sur les pierres instables !

photo du 25 février dernier
conditions du jour quasiment au même endroit
Dans la brume, quelques rolling stones (pierres qui roulent...) me signalent la présence des habitants de ces lieux. J'arrive même à en apercevoir un.


Je continue vers le haut dans une belle ambiance ouatée.


Heureusement ça se dégage et j'en profite pour mieux voir les chamois qui filent en-dessous de moi dans le couloir que je viens de remonter.



Arrivé en haut du couloir, à la jonction avec le sentier classique du Pas de l'Oeille, je me retourne pour profiter de ce point de vue très photogénique - et ce quelle que soit la saison - sur les Sultanes.


Le Pas de l'Oeille est vite atteint (pas de corniche à franchir cette saison !) et j'ai la joie de constater qu'il est occupé par les bouquetins. Les grands mâles, reconnaissables de loin avec leurs grandes cornes, sont tranquillement occupés à brouter, il faut faire des réserves en prévision de l'hiver !


Il y a aussi quelques étagnes avec leurs petits, pas farouches, juste curieux de ma présence.


Je monte jusqu'à la crête et me rapproche des grands mâles tranquillement installés dans l'herbe. Je reste quand même à distance histoire de ne pas les déranger.



Un gars arrive du versant Villard-de-Lans (à gauche), il passe un peu trop près et  fait lever les animaux. qui descendent de quelques mètres.


Tu n'es pas content, pépère ? T'inquiète pas, on te laisse tranquille !


Après quelques minutes d'échange avec l'autre randonneur, nous nous séparons : lui va vers le Nord, moi vers le Sud. Deux autres personnes sont également en train d'arriver depuis le versant Est, profitant comme nous de ce beau troupeau qui compte une cinquantaine de têtes (il y en a pas mal plus bas dans les rochers, peu visibles sur la photo).


Me concernant, c'est par là que je me rends : je vais rejoindre la vire herbeuse sous le rocher sommital, la remonter vers la gauche et atteindre le sommet par des roches faciles. Vu d'ici ça peut paraître impressionnant mais c'est trompeur, c'est beaucoup plus facile que ça en a l'air.


Exactement quatre minutes plus tard, je suis en haut alors qu'un rayon de soleil éclaire Villard-de-Lans et que les nuages dansent contre les falaises du versant Est. C'est beau !


La suite du programme est maintenant visible : en gros il s'agit de suivre la crête pour atteindre à gauche le sommet de Sœur Sophie (pour l'instant masqué par les nuages).


Dix petites minutes plus tard, je peux me retourner pour voir la descente que je viens de faire depuis mon sommet (point 2105m non nommé sur la carte 25/1000 mais qu'on peut baptiser l'Oeille).


Encore une dizaine de minutes et j'ai pris de la hauteur en direction du sommet de Sœur Sophie. J'apprécie vraiment cette balade qui consiste à flirter avec le vide le long de la falaise, c'est très esthétique je trouve. Même si aujourd'hui les nuages masquent la vue, on ressent malgré tout le vide tout du long.


Une autre rencontre avec les bouquetins m'attend sous le sommet de Sœur Sophie. Un troupeau plus petit qu'au Pas de l'Oeille, une dizaine de têtes environ.




Je n'ai maintenant plus qu'à descendre au col des Deux Sœurs puis à plonger dans le couloir à gauche.


Dernier regard sur la faune locale et sur le Drac au loin (bout du lac du Monteynard).



Et je plonge dans la descente dans laquelle je croise un dernier grand mâle , celui-là est un solitaire !




Message spécial pour Bénédicte et Odile : vous reconnaissez l'endroit ? Nous y étions il y a quelques mois...



Aujourd'hui j'emprunte pour le retour le sentier en balcon qui longe la base de la falaise. Il peut impressionner les néophytes mais il n'est pas difficile et il n'y a aucune raison de glisser. Odile et Bénédicte, la prochaine fois que vous venez à la maison, je vous y emmène !



 Passage par la grotte des Deux Sœurs où je m'aventure, profitant du fait que j'ai la frontale dans le sac. Ce réseau a été exploré par les spéléologues et va assez loin... mais pour moi il s'arrête après une trentaine de mètres, une chatière dans laquelle je n'ai pas du tout envie de me glisser me fait faire demi-tour.



La chatière (environ 60 cm de haut...)
Voilà une carte du réseau pour ceux que ça intéresse.


Il reste à descendre la dernière portion qui va me ramener vers la baraque des Clos et le parking, sous les falaises en haut desquelles j'ai encore pu jouer au funambule avec délectation ! Il est midi et en bas Vif est au soleil, il est l'heure de rentrer...


Un dernier bouquetin solitaire attire mon regard, il broute dans les pelouses sous la falaise, indifférent à ma présence. Il a bien raison, de toutes façons je m'en vais !


Sur la route, sous Prélenfrey, je prends une dernière image des arêtes et du cadre de la balade du jour.