dimanche 29 octobre 2017

Mont Aiguille

Pour cette deuxième journée de notre week-end montagne avec Yann, nous allons au Mont Aiguille. J'avais envisagé de grimper la belle voie de la Tour des Gémeaux (D / 5c) mais le vent et le froid nous font nous tourner vers la classique voie normale. De toutes façons, quelle que soit la voie d'ascension, rejoindre le plateau sommital du Mont Aiguille est toujours un immense plaisir !

Grand ciel bleu ce matin, la montagne nous montre son meilleur profil. Difficile pour Yann d'imaginer que nous serons là-haut dans quelques heures !



Nous attaquons la montée au hameau de Richardière à 9h45, l'approche nous prendra environ 1h30 pour rejoindre le pied de la falaise sur son versant Ouest.



Nous voilà sous le col de l'Aupet après une heure de montée. La face Ouest du Mont Aiguille se dévoile peu à peu (notre itinéraire se situe encore plus à gauche et n'est pas encore visible).


Nous nous équipons au col, en même temps qu'un groupe d'une petite dizaine de personnes que nous doublons tout de suite (plus facile à faire sur un sentier que dans la voie...). Le vent est bien présent et il fait frais lorsque nous débouchons sur le pierrier au bas des falaises. Qu'en sera-t-il plus haut ?


Vous remarquerez que Yann a mis une veste supplémentaire alors qu'en général, quand on marche, on a plutôt tendance à se déshabiller...


11h15, Yann est prêt à en découdre. Derrière lui, la paroi nous attend !


Première longueur, la seule que nous ne ferons pas en dynamique. Le reste de la voie sera fait en grimpant tous les deux en même temps, laissant toujours au moins un point d'assurance entre nous. Cela nous permettra de doubler trois cordées le temps de la montée.


Yann prend les devants pour la traversée qui va nous amener derrière la vierge (c'est le nom de la tour qui se détache de la paroi).



Belle position pour Yann dans les derniers mètres de la traversée qui mène à une petite brèche derrière laquelle nous partirons vers la gauche.


Je repasse devant pour une partie moins grimpante où nous montons à corde tendue, doublant une cordée de deux jeunes gars. Sur une terrasse un peu plus haut, nous avons la chance de voir deux bouquetins confortablement installés à l'abri du vent.




Encore plus haut, après avoir doublé une autre cordée de trois personnes, une traversée vers la gauche sur un joli (et aérien) trottoir nous amène au pied des cheminées de sortie.


Nous doublons encore une autre cordée dans la grande cheminée qui mène au plateau sommital. Il faut dire que je ne traîne pas et que Yann suit le rythme sans soucis !


Sortie sur le plateau, il est 12h42, nous avons mis moins d'une heure et demie pour faire la voie.


Petite pause pour Yann pendant que je love la corde. Dommage que les nuages aient envahi le sommet, le vent violent ne les a malheureusement pas chassés.


Nous faisons bien sûr l'aller retour au sommet où nous nous faisons prendre en photo pour immortaliser l'instant.




La séance photo, un incontournable du sommet !


Nous visitons ensuite le côté Est de la falaise, nous prenant en photo sur un joli et aérien promontoire.



De retour à nos sacs, laissés à proximité de la sortie de la voie normale, nous dévorons notre sandwich à l'abri du rocher où a été apposée la plaque commémorative du cinq-centième anniversaire de la première ascension (1492).


Les autres cordées passent devant nous les unes après les autres pour entamer la descente qui débute juste ici. Cela ne m'embête pas plus que ça, je préfère qu'ils soient dessous plutôt que dessus, la descente par les tubulaires étant plutôt caillouteuse et donc sujette aux chutes de pierres ! Nous entamons la descente à notre tour vers 14h.



Arrivés au premier rappel, dans lequel sont déjà engagés les membres d'une première cordée et alors que quatre personnes attendent encore leur tour, nous avons la surprise d'être invités à passer devant eux. Nous installons donc notre corde sur l'autre relais (situé plus à droite) et sommes tout heureux de nous retrouver 35 mètres plus bas devant quasiment tout le monde !



Une courte remontée et une traversée à droite nous amènent au deuxième rappel, celui de 45 mètres qui se termine en pendulaire au fond d'une grande faille. J'installe la corde et me voilà prêt à descendre.


Yann s'installe à son tour au relais alors que j'ai entamé la descente.


Pour ajouter un peu d'ambiance - s'il en était besoin - les cordes partent à l'horizontale sous moi, portées par le vent soutenu qui s'engouffre dans la faille.


C'est au tour de Yann.




Un court cheminement d'une cinquantaine de mètres au fond de la faille nous permet de déboucher au pied de la paroi et de rejoindre le sentier de descente.




Voilà, c'est fini (comme dit la chanson), le guide du jour a le sourire au moins autant que l'élève ;-)


Et trouve même le moyen de faire le pitre...


Nous enlevons le matériel au col de l'Aupet, sous l’œil du Mont Aiguille toujours entouré de nuages.


Le retour s'effectue pour partie dans les feuilles et c'est très agréable après la caillasse d'en haut !


Merci encore Yann pour ta motivation et ta bonne humeur, tu reviens quand tu veux (mais on va peut-être attendre les beaux jours si tu veux grimper en falaise...).


samedi 28 octobre 2017

Couloir Grange

Le week-end était réservé depuis mi-septembre : deux jours consacrés à mon cousin Yann qui vient de Paris pour découvrir en ma compagnie des voies typées "montagne". Pour ce premier jour, nous partons faire le couloir Grange aux Trois Pucelles : une voie pas trop difficile (AD+, 4c max) qui se déroule dans un beau cadre dominant l'agglomération grenobloise. Seul petit hic, elle est orientée au Nord donc on n'y voit pas le soleil et on va souffrir un peu du froid en cette fin octobre...


On commence par une petite marche d'approche sur les feuilles mortes pour rejoindre le pied des falaises et remonter le raide couloir Maréchal en haut duquel se trouve le départ de la voie.


Je me charge de la première longueur qui consiste en une rampe ascendante vers la droite. Le rocher est froid, les doigts sont gourds et ça ne facilite pas l'escalade, n'est-ce pas Yann ?


Quelques mètres à corde tendue dans du terrain facile et nous voilà au pied de la deuxième longueur, une belle cheminée où Yann s'engage en tête. Il s'en sort parfaitement malgré les doigts engourdis et l'escalade en opposition à laquelle il n'est pas trop habitué.




Je le retrouve au relais, effectué sur sangle autour d'un pin.



Troisième longueur : une grande faille assez étroite d'où il faut réussir à s'extirper pour atteindre le relais. Ce type de voie diffère franchement de ce que Yann connaissait jusqu'à présent : plus habitué à faire de la dalle, il découvre autre chose ici !


Les mains sont gelées mais le sourire est là quand même !


D'ici on a une belle vue sur la pucelle de St-Nizier et sa belle fissure réservée aux adeptes de l'escalade artificielle. Nous concernant, la suite de la voie est plus à gauche, masquée par le bombement calcaire devant nous. On voit juste la sortie en haut à gauche.


Une grande traversée nous amène dans le couloir Grange et nous permet de découvrir la suite des hostilités : trois longueurs pour remonter les ressauts au-dessus de Yann et sortir aux pins tout en haut.


Je me charge de la première longueur.


Yann s'occupe de la seconde.



Vue depuis le relais.


Nouvelle longueur qui nous amène sur une grande terrasse malheureusement toujours à l'ombre alors que les rochers à notre gauche sont au soleil. Nous avons hâte de rejoindre la chaleur !


Je repars pour la dernière longueur, laissant Yann sur sa terrasse ombragée.


Il me rejoint au soleil quelques minutes plus tard, sourire aux lèvres.


Je lui laisse le plaisir de sortir premier au sommet de la Grande Pucelle où nous prenons le pique-nique en profitant du soleil et du panorama.



Nous poursuivons ensuite par la traversée de la Grande Pucelle, itinéraire facile et aérien comprenant un petit rappel d'une dizaine de mètres qui rend la balade encore plus ludique. Une cordée est juste derrière nous, nous ne verrons qu'eux et trois autres personnes (ayant fait l'aller-retour de l'arête Sud de la Grande Pucelle) aujourd'hui.




Une courte descente de l'arête nous amène à la "salle à manger" où nous pouvons nous décorder.


Voilà une première journée réussie !


45 minutes de marche sur le sentier botanique nous ramènent à la voiture d'où nous avons la vue sur notre itinéraire du jour.


Reste à espérer que la météo soit clémente pour la balade de demain...