vendredi 13 octobre 2017

Rencontre en forêt

Les années passent et c'est chaque fois le même constat : je n'arrive pas à faire une sortie au brame du cerf. Nous sommes déjà en fin de période de brame (qui s'étend grosso modo de mi-septembre à mi-octobre) mais je sais grâce au blog de LTA que j'ai encore mes chances, les cerfs brament toujours. C'est donc avec cet objectif clairement avoué de voir un cerf que je pars pour ma balade du jour sur les hauteurs de Gleyzin. Il aurait fallu partir tôt pour maximiser mes chances mais j'ai été feignant et il est déjà 11h30 quand j'ai la chance d'entendre un premier raire alors que j'avance en mode fantôme au cœur de la belle forêt d'automne.


Ils sont donc bien là et je me fais encore plus discret même si c'est compliqué avec toutes ces feuilles mortes au sol ! J'avance à pas de loup, attentif  à tout mouvement et guidé épisodiquement par des raires de plus en plus proches. Difficile d'estimer à quelle distance est l'animal : 200 mètres, 400 mètres,  plus encore ? Voilà en tout cas un indice de la présence des cerfs ici : frottis d'écorce auxquels les cerfs s'adonnent lors du brame.


Soudain un fracas dans une zone broussailleuse à ma gauche où je vois s'éloigner un jeune cerf facilement identifiable avec sa "première tête" (seulement deux tiges). Il émet quelques râles d'alerte et je me dis que c'est foutu pour voir des animaux aujourd'hui... Je continue quand même à progresser vers le haut et rejoins une zone de sapins où il est plus facile d'être discret car il y a moins de feuilles mortes au sol. J'y découvre quelques flots de chanterelles et suis tout heureux d'entendre encore le cerf bramer. Le jeune n'a donc pas effrayé le vieux ! Voire même au contraire, il l'a peut-être attiré car j'entends que ça bouge pas loin. Je m'immobilise... et c'est la rencontre.



Je reste strictement immobile et, même si l'animal a observé qu'il y avait quelque chose de suspect dans ma direction (il regarde d'ailleurs vers moi) , il ne s'enfuit pas pour autant. Repéré... mais pas identifié, voilà ma chance. La rencontre dure environ trois minutes puis il bouge et tourne la tête. J'en profite pour me baisser et disparaître de sa vue, masqué par un ressaut du terrain. Je monte silencieusement d'une dizaine de mètres en espérant pouvoir le voir dans un espace un peu plus dégagé mais, quand je ressors la tête, je ne parviens pas à le voir. Il faut dire que c'est difficile en pleine forêt, c'est incroyable comme un animal d'une telle taille peut être aussi discret et se confondre avec le terrain ! Et c'est alors que je crois qu'il s'est éloigné, que je le vois s'enfuir entre les sapins avec force et souplesse, un très beau moment qui ne dure qu'une petite dizaine de secondes tout au plus.

Ce sera tout pour ce qui concerne les cerfs, c'est déjà pas mal, le reste sera plus classique pour moi : chanterelles, randonnée vers le haut, belles lumières et beaux paysages... que du plaisir !


Le nouveau défi sera maintenant d'arriver à prendre un cerf en photo dans ce type de paysage bien dégagé.


Gleyzin vu d'en haut. Le cerf bramait sous mes pieds, à la limite haute des sapins.


Sur l'autre versant : le lac du Léat et son petit chalet vu de la crête du Léat où je m'offre une petite sieste après le pique-nique et avant de redescendre.