mercredi 18 avril 2018

Col de Burlan

L'idée m'est venue lundi matin, un soudain déclic devant le beau temps annoncé et le fait que je parte à Nantes jeudi pour le marathon. La décision est prise immédiatement : mercredi ce sera montagne !
L'enneigement abondant de cet hiver fait que les conditions sont bonnes dans certains couloirs d'altitude qui sont moins bien remplis lors d'hivers moins enneigés. C'est le cas du couloir Nord du col de Burlan (3207m), dans le massif des Ecrins, dont la sortie est rarement skiée mais je sais grâce à Internet qu'elle l'a été ce dimanche. Je l'ai en tête depuis longtemps, c'est le moment d'y aller ! Je fais part de mon projet à Jonathan qui est séduit par l'idée et m'accompagne. Je suis content, pour une fois je ne serai pas seul.

Départ à 6h30 du parking des Prés (1639m) à Saint-Christophe en Oisans. Les skis ne resteront pas longtemps sur le sac, la neige est toute proche et il n'y a que quelques minutes de portage.


Une demie-heure plus tard, nous voilà dans la longue remontée du vallon de la Selle : de la distance à parcourir mais pas beaucoup de dénivelé, une approche qui n'est pas des plus efficace mais c'est caractéristique de ce massif.


A 8 heures nous sommes au pied du couloir qui débouche 1000 mètres plus haut au col de Burlan.


Nous remontons une partie du cône et passons en mode "skis sur le sac et crampons aux pieds" que nous ne quitterons plus jusqu'au sommet.


Nous voilà partis pour une longue ascension de 2h30, c'est qu'il ne paraît pas comme ça vu du bas mais ce couloir est long long long !



La sortie c'est là-haut...




Et ça continue, encore et encore, c'est que le début, d'accord, d'accord...



La sortie est proche et les derniers 300 mètres - les plus raides - sont poudreux, deux bonnes raisons pour garder le sourire malgré l'effort !



Sortis au col (et au soleil) à 10h50, nous aurons quand même mis 4h20 depuis la voiture. Mon manque de sorties cet hiver ne s'est fait ressentir que sur la fin, j'imaginais que ce serait plus dur que ça sur le plan physique... Merci Jonathan pour la trace sur les derniers mètres, j'en ai lâchement profité. En échange je te prête un peu de crème solaire ;-)


Après une bonne pause pique-nique au soleil, c'est l'heure de la descente. Il est 11h30 et c'est moi qui ai le privilège d'ouvrir le bal.


Jonathan a le sourire avant d'attaquer cette belle pente cotée 5.2 : 45/50° sur 300 mètres puis 40° sur 500 mètres. Des chiffres qui ne parlent qu'à ceux qui ont déjà mis les pieds skis dans de telles pentes !


Voilà une photo du couloir vu d'en face, l'impression n'est vraiment pas la même quand on est dedans, c'est nettement plus impressionnant vu d'en face !


Jonathan s'engage prudemment mais prend vite confiance devant les bonnes conditions de neige, la chute aujourd'hui est autorisée (même si on ne va pas essayer..) et on peut skier libéré de toute tension, ce qui est appréciable dans ce genre de pente.




Phénomène rare en ski alpinisme, la descente prend aujourd'hui du temps ! C'est qu'on profite de l'instant et que le couloir est décidément vraiment long même dans le sens descendant !






La deuxième partie du couloir est moins bonne, la neige est plus dure et les purges ont un peu ravagé les pentes. Du coup le ski est moins bon et ça secoue un peu les cuisses.


Et je ne parle pas de l'étroiture du bas qui est un vrai champ de boules... Heureusement qu'il y a toujours une zone un peu plus lisse qu'on peut rejoindre moyennant quelques mètres désagréables !


J'ai pris un peu d'avance sur Jonathan qui semble moins à l'aise que moi dans ce terrain miné.


Et voilà le travail : 3/4 d'heures quand même pour descendre ce toboggan de 1000 mètres de haut !


Plus qu'à profiter de la moquette réchauffée du vallon de la Selle pour un retour tranquille vers la voiture.




Merci Jonathan pour m'avoir accompagné dans ce beau périple ! A quand la prochaine ?