vendredi 25 mai 2018

Col Claire

Cette course est un peu confidentielle sauf pour les passionnés qui la classent dans le "top 10 des randos d'une vie de skieur alpiniste", rien de moins ! Donc, quand je reçois mercredi la proposition de Romain par SMS, je n'hésite pas une seconde : ma réponse est YES !

Pour situer un peu le topo, nous partons pour une grande bambée dans le massif des Ecrins, au départ de Villar d'Arêne. Au programme : un vallon parmi les plus sauvages du massif, 1800 mètres de dénivelé, des pentes raides, des séracs, des crevasses... Tout ce qu'on aime, quoi.


Le réveil a sonné à 4h et, le temps de faire la route, il est 5h45 quand nous quittons la voiture. Le périple commence par une traversée revigorante de la Romanche qui a le mérite de finir de nous réveiller.


La moraine du vallon de l'Homme est raide et nous prenons rapidement de l'altitude, les pieds se réchauffent vite.


Devant nous, le glacier de l'homme se dévoile bientôt.


 La Romanche est déjà loin sous nos pieds. Nous avons repéré la bande de neige en rive droite qui nous permettra de skier jusqu'à assez bas au retour.


Arrivés en haut de la moraine, nous découvrons la partie haute du vallon avec, de gauche à droite, le Pic Gaspard, le Pavé et la Meije Orientale. Nous sommes déjà passés par là en 2011 (le 27 avril très exactement) lors du troisième jour de notre tour de la Meije : nous étions descendus par le glacier de l'Homme (en haut à droite sur la photo) accompagnés de Patrick et Yoan. Un bon souvenir !


Aujourd'hui nous allons monter au fond sur le glacier du Lautaret (sous le Pic Gaspard) puis revenir à gauche pour grimper tout là-haut jusqu'au col Claire. On a du chemin à faire...


Sur le glacier du Lautaret, orienté plein Est, ça chauffe dur. Il n'est pourtant que 8 heures.




Nous passons à proximité de quelques beaux glaçons.



Nous voilà maintenant en mode crampons - que nous ne quitterons plus (ou presque) - au pied du petit couloir que nous allons remonter afin de rejoindre les pentes supérieures du glacier du Lautaret. La course change ici de caractère pour entrer dans le domaine de l'alpinisme.


C'est parti pour une bonne séance de cramponnage au cours de laquelle nous cherchons les zones de neige portante, ce qui n'est pas toujours gagné... Grosse consommation d'énergie d'autant plus que nous atteignons maintenant les 3000 mètres d'altitude !




Un peu après 10 heures, nous sommes à la crête qui sépare le glacier du Lautaret de celui d'Armande. La belle pente finale que nous convoitons de skier (200 mètres à 50°) est sous nos yeux.


Nous avions envisagé de faire la montée classique qui consiste, d'où nous sommes, à descendre sur le glacier d'Armande par un petit rappel avant de remonter la pente terminale qui aboutit au col Claire, mais nous changeons notre fusil d'épaule en apercevant les traces dans la langue de neige en haut à droite qui mène directement au col. J'ai lu sur le Net que c'est la voie originale d'ascension empruntée lors de la première par Henri Duhamel et le célèbre père Gaspard en juillet 1879, faisons donc comme eux !


Après une pause ravitaillement de quelques minutes, chacun de nous ayant une petite fringale, nous reprenons la direction du haut pour un dernier effort. Les pentes fuyantes donnent de l'ambiance !




La sortie est proche, nous sommes à hauteur du col.



Nous débouchons un peu au-dessus du col proprement dit et découvrons le panorama de l'autre côté.
C'est juste exceptionnel.


La Barre de Ecrins (au centre) est entourée de ses vassaux dont la Grande Ruine au premier plan qui a fière allure.


A notre droite, la face SE du Pic Gaspard qui se skie paraît-il...


L'incontournable selfie...


Je ne résiste pas à faire quelques zooms sur les montagnes qui nous font rêver.
D'abord les Agneaux avec la face que je rêve de skier un jour...


Le Pic de Neige Cordier, la Roche Emile Pic et le glacier des Agneaux. Un beau souvenir.


La Barre et le Dôme des Ecrins. Un souvenir plus récent.


La Grande Ruine, un sommet également déjà visité lors de notre tour de la Meije au printemps 2011... mais pas par cette face (pourtant skiable mais réservée à quelques rares skieurs extrêmes).


Mais fini la contemplation; il est temps de descendre ! Nous attaquons la pente un peu avant midi, bien concentrés car c'est quand même raide et, si la neige est encore poudreuse sur le haut, elle est ensuite plus dure que prévue.




La partie raide est assez vite pliée, nous descendons à tour de rôle et profitons de la joie d'enchaîner les virages dans cette superbe pente. C'est sûr qu'en poudre ce serait meilleur mais on ne va pas faire la fine bouche !



La suite est de nature différente : c'est moins raide mais nous entrons dans les cathédrales de glace. Nous nous exposons, heureusement sur un temps très court, sous les énormes séracs de la rive droite qui sont vraiment impressionnants.





Difficile de comprendre ceux qui choisissent de monter par là (il y a des traces de montée), c'est vraiment suicidaire ! Quant à nous, la descente se poursuit et nous nous éloignons rapidement de la zone exposée aux séracs.




Et voilà, c'est déjà fini !


Nous voilà revenus là où les fleurs poussent !


Après avoir récupéré nos baskets et effectué une courte remontée, nous pouvons remettre les skis pour profiter de la bande de neige repérée à la montée.


Et nous finissons les skis sur le sac pour rejoindre la Romanche.


Romanche qu'il faut traverser à nouveau mais c'est un bonheur cette fois de tremper les pieds dans l'eau froide !


Retour à la voiture à 13h45, soit une promenade qui aura duré 8 heures en tout pour environ 1800 mètres de dénivelé.


Avant d erentrer sur Grenoble, nous montons en direction du col du Lautaret pour profiter une dernière fois de la vue sur notre balade... Pas mal, non ?



La dernière à skis de la saison ? A voir mais rien n'est moins sûr, ça va dépendre des disponibilités et aussi de  la météo...

Le compte-rendu de Romain