samedi 5 mai 2018

Grande Paréi

C'est un week-end que nous avions bloqué à l'avance pour une virée en montagne avec Patrick et Romain. Malheureusement les conditions ne sont pas au top et Romain ne peut finalement se libérer que sur le samedi, l'objectif n'est décidé que jeudi : ce sera le Dôme de la Sache dans le massif de la Vanoise. Et un quatrième larron - Manu, copain de Patrick - se joint à nous.

Comme il y a un peu de route, nous la faisons vendredi soir pour bivouaquer au départ, sur le parking situé au hameau de La Gurraz (après Sainte-Foy Tarentaise en direction de Tignes).


A 3h15, c'est le vent et la pluie qui me réveillent alors que j'avais réglé le réveil sur 4h45. Les augures ne sont pas très bonnes ! La pluie ayant cessé, nous partons finalement à 5h45, skis sur les sacs. Je suis confiant, la météo a annoncé du beau temps pour aujourd'hui...


A 6h30, après une longue traversée à pied un peu physique, nous sommes skis aux pieds et la progression se fait plus facile. Le village de La Gurraz est loin derrière nous et le ciel dégagé renforce notre optimisme.


Le versant de montée par le glacier de la Martin se dévoile à nos yeux.


Après deux courtes sections déneigées, où nous croisons les chamois, et la traversée d'une vieille coulée boueuse, nous rechaussons les skis et ne les quitterons plus jusqu'en haut.


Il y a de grands pans de ciel bleu mais les nuages restent bloqués sur les sommets, espérons que ça change le temps de la montée !


Neige lisse, progression aisée, cadre grandiose... Que du plaisir !


Les beaux séracs du glacier de la Martin nous dominent mais ne nous menacent pas à condition de bien rester en rive droite.


Là-haut derrière Patrick, le Mont Pourri (3779 mètres) se dévoile par moment, entre deux vagues nuageuses. Un beau souvenir pour nous deux qui y étions ensemble au sommet il y a 9 ans presque jour pour jour (le 3 mai 2009 pour être précis).


Courte pause à 8h50 vers 2800 mètres, au pied des premiers séracs. Au fond, il fait beau sur le massif du Mont-Blanc.


Nous poursuivons vers le haut, nous rapprochant de l'impressionnante barre de séracs suspendus qui domine ce glacier de la Martin.



Un replat vers 3050 mètres nous permet de souffler un peu et d'observer la suite : le sommet de la Grande Paréi (3352 mètres) est désormais à portée de spatules, une nouvelle pente raide recouverte d'une petite couche de poudreuse va nous y mener (eh oui, nous avons dépassé la limite pluie / neige de cette nuit !).



Avec l'altitude, le rythme a un peu baissé, le vent est toujours présent, les conditions ne sont pas vraiment au top... mais nous progressons malgré tout !



10h15 : nous voilà sur l'arête sommitale de la Grande Paréi (3352 mètres) qui mène, après un court ressaut pour l'instant en partie noyé par les nuages, vers le sommet du Dôme de la Sache (3588 mètres).


 Nous sommes tous les quatre sur la même longueur d'onde : il y a peu d'intérêt à continuer vers le haut au regard des conditions météo ! S'engager dans le brouillard juste pour aller cocher un sommet (qu'aucun de nous quatre n'a encore foulé) serait stupide, la zone étant de surcroît glaciaire donc potentiellement dangereuse sans visibilité. Nous optons sagement pour la descente que nous entamons un peu avant 11 heures après avoir dévoré nos sandwichs.


La visibilité est excellente... A y perdre, par moment, le sens de l'équilibre !


Heureusement ça s'améliore rapidement. La masse nuageuse est vraiment collée sur les sommets.


Manu, Patrick et Romain : trois skieurs redescendant des hauteurs.



Cette descente du glacier de la Martin est longue, on comprend mieux le temps qu'on a mis à le remonter. Plus nous perdons de l'altitude et plus la neige est souple (voire soupe sur le bas !) mais agréable à skier.





Au loin, un chamois s'éloigne de nous en remontant un névé bien sale.


Nous concernant, la partie "bon ski" semble à peu près terminée...


Sur notre droite, le barrage de Tignes et le hameau des Bréviaires.


La dernière portion ne sera pas du grand ski sur une neige sale et bien ramollie étant donné la douceur ambiante, une autre bonne raison de ne pas avoir continué vers le haut, ce qui nous aurait fait redescendre encore plus tard.



Déchaussage à midi, sans regrets. Nous avons une bonne raison de revenir dans le coin pour arpenter ces glaciers en espérant que, la prochaine fois, la météo sera avec nous...


Au final nous aurons quand même fait un sommet, la Grande Paréi, et ajouté 1800 mètres de dénivelé positif à notre compteur !