samedi 12 mai 2018

Pic Bayle

Mes compagnons habituels de montagne (Patrick et Romain) ayant tous les deux préféré l'Ardèche plutôt que la neige, me voilà seul au départ ce matin de la gare intermédiaire (2100 mètres) du téléphérique des Grandes Rousses, sur le domaine skiable de l'Alpe-d'Huez. Les murs de neige qui encadrent la route sont encore impressionnants, confirmant que cet hiver a été particulièrement bien enneigé. Au Sud, le ciel est bien dégagé sur la Roche de la Muzelle, cela augure une belle matinée en montagne !


Départ de la voiture à 6h15 skis aux pieds en face du massif de Belledonne qui se réveille en douceur.


Une petite heure plus tard, après une montée efficace par les pistes, me voilà 500 mètres plus haut à hauteur de la deuxième gare intermédiaire du téléphérique. Là-haut, le Pic Blanc (3323 mètres), point culminant de la station et gare d'arrivée du téléphérique, est mon premier objectif du jour.


Pour cela, je dois remonter la fameuse piste noire du tunnel afin de rejoindre l'entrée du dit tunnel qui passe sous la brèche de Sarenne. J'espère qu'il sera ouvert sinon je devrai improviser pour rejoindre la brèche...


M'y voilà 40 minutes plus tard et la porte est baissée... mais non fermée, il suffit de la faire coulisser vers le haut. Ouf ! Le tunnel n'est pas éclairé et je n'ai pas pris de frontale mais il ne fait que 200 mètres de long et j'aperçois la lumière au fond, il suffit d'avancer droit en visant le halo lumineux et le tour est joué !



Voici la sortie, au soleil, avec une vue splendide sur la Meije. Quel changement de décor !


A ma gauche, le sommet du Pic Blanc n'attend que moi. Il ne reste que 200 mètres de dénivelé pour y arriver.


Je referme soigneusement la porte du tunnel et constate que j'ai remonté une piste fermée. Mes excuses auprès des responsables de la station ;-)


9 heures : un dernier mur et je serai au sommet du Pic Blanc.


Là-bas, à l'Est, les Aiguilles d'Arves me font de l’œil. Il faudra que j'y aille un jour...


Sommet à 9h15, soit pile 3 heures après avoir quitté la voiture. Sûr que c'est plus rapide en prenant le téléphérique... mais cela n'offre pas le plaisir de se trouver seul en ces lieux !


Vue d'où je viens... On voit même Bourg d'Oisans et aussi la barrière du Vercors qui domine Vif !


Je mange un morceau et profite de quelques instants de repos tranquillement installé sur la terrasse au soleil avant de continuer mon périple. La suite du programme : le Pic Bayle (3465 mètres), point culminant du massif des Grandes Rousses, facilement accessible depuis le Pic Blanc.


Seul petit hic : les nuages sont soudainement de la partie et j'hésite un peu à m'engager dans ces conditions.



J'attends un peu et ça se dévoile à nouveau. J'y vais !




Quinze minutes plus tard, je suis sous le Pic de la Pyramide et le Pic Blanc est déjà loin derrière moi.


Le sommet du Pic Bayle n'attend plus que ma visite. Encore quelques efforts et j'y serai !


Le final est assez raide et l'accroche un peu limite, je fais finalement les derniers mètres skis sur le sac mais sans crampons car j'arrive à casser la couche de neige en tapant suffisamment fort avec le pied.


Sommet à 10h50, l'arête qui mène jusqu'au Pic de l'Etendard se dévoile à mes yeux.


Je continue le long de l'arête sur une centaine de mètres histoire de voir un peu mieux comment elle se présente. L'envie de continuer est là mais ça ne serait pas très raisonnable et le retour vers la voiture serait compliqué. Il faudra revenir !


La traversée classique à ski consiste à descendre ce versant Nord-Est du Pic Bayle pour remonter en face au col des Quirlies puis à gauche au sommet du Pic de l'Etendard. Romain l'ayant déjà fait (avec Manue), il faudra que je propose à Patrick de venir avec moi.


Pour ma part aujourd'hui, je vais remonter au sommet puis rejoindre le collu que j'aperçois là-bas (point 3356m sur la carte) pour descendre par les raides pentes Ouest. Seul point d'interrogation : comment sera la neige car elles sont encore à l'ombre.


Skis aux pieds à 11h30, je quitte le sommet du Pic Bayle par sa pente Sud.


Trois minutes plus tard, au départ de la pente Ouest. J'hésite un peu car, comme je le craignais, la neige est dure, la pente est raide et la chute proscrite. Je fais un premier virage et le grip est suffisant donc j'y vais.


J'y croise un gars en train de monter, crampons aux pieds. On papote deux minutes, il part pour la traversée jusqu'au Pic de l'Etendard. Je lui souhaite bon voyage et continue ma descente.



La pente vue du bas : raide et exposée, il ne fallait pas s'en coller une ! Je verrai plus tard sur le Net que la voie classique passe plus à droite par le col de la Pyramide...


La suite déroule même si la neige n'est pas vraiment revenue !


Au col du lac blanc, la neige passe sans transition à de la bonne soupasse !


Et ce sera comme ça jusqu'à la voiture où j'arrive un peu après midi.


Au final un beau voyage au départ d'une des grandes stations de ski françaises mais les pylônes se font oublier quand la station est fermée (hum...).



Durée 5h45
D+ environ 1500 mètres