Nous avions le souvenir d'avoir posé la tente la veille au soir sur la terrasse d'un chalet, profitant de la station désertée à cette époque de l'année. Cette fois encore, nous trouvons un bon plan pile au départ sur les terrasses couvertes d'un restaurant d'altitude. Bivouac 4* dont nous profitons tous les quatre (Patrick, Yoan, Manu et moi) avec une certaine délectation je dois dire.
Difficile d'être mieux installés pour notre petit-déjeuner à 5h30 du matin. Et les tentes ne sont même pas humides, on a juste à les plier et les jeter dans la voiture avant de démarrer la balade.
Démarrage qui se fait tranquillement à 6h15 par une remontée des pistes en direction du Col de Thorens.
Dernier ressaut raide avant l'arrivée au Col de Thorens dominé par le Mont de Gébroulaz (3509m) que nous avons prévu de fouler tout à l'heure.
Mais la masse nuageuse se densifiant rapidement de ce côté, c'est plutôt vers le Sud que nous portons nos regards une fois au col : les pentes ensoleillées menant aux pointes Rénod là-bas au fond nous attirent comme des aimants. Voilà donc une première courte descente sur le glacier de Chavière pour s'en rapprocher.
Remise des peaux pour l'ascension au soleil. Nous sommes seuls au monde au milieu de ce grand espace et sous un ciel tout bleu, c'est inespéré !
Quarante minutes plus tard, nous voilà au col entre les deux pointes Rénod.
De l'autre côté, 2400 mètres sous nos pieds, c'est la vallée de la Maurienne. En face, le lac de Bissorte (tiens tiens, je n'y suis jamais allé...) et au fond le massif de l'Oisans avec la Barre des Ecrins qui dépasse des nuages.
Derrière nous, ça s'est bien dégagé et nous pouvons profiter de la vue sur les sommets emblématiques du secteur. Nous irons d'ailleurs nous en rapprocher tout à l'heure puisque nous monterons au Col de Gébroulaz (juste à gauche du Mont homonyme). Malheureusement nous n'aurons pas la chance d'avoir la même visibilité ...
Mais rien ne presse, nous avons le temps de monter au sommet de la Pointe Rénod histoire de cocher un sommet. Un peu d'alpinisme facile entre neige et rocher que Yoan préfère zapper pour se restaurer au col. Il est prudent - et il a raison - car c'est sa première sortie de ski de l'année !
SUMMIT !
Redescente prudente mais néanmoins assez rapide pour retrouver les skis et Yoan au col.
Je m'offre un petit bonus en solitaire et monte rapidement à l'autre pointe qui, elle, est taillée pour le ski. Du sommet, je peux voir mes trois compagnons entamer leur descente. Je les rejoindrai le temps d'à mon tour chausser les skis.
Banzaï, départ à ski du sommet pour la seconde descente du jour.
Bien jolies ces pointes Rénod ! (à droite la pointe 3380 mètres faite à pied, à gauche la pointe 3366 mètres que je viens de skier)
Je retrouve mes trois compères qui se sont installés sur un rocher, c'est l'heure du casse-croûte.
Puis c'est le moment de recoller les peaux sous les skis et de repartir en direction du col de Gébroulaz, une montée d'environ 500 mètres de dénivelé positif qui nous prendra une petite heure.
Nous y sommes presque, plus qu'à franchir ce dernier ressaut raide qui donne accès au col. Les jambes commencent un peu à tirer et l'altitude se fait ressentir (le col est à 3417 mètres d'altitude).
Malheureusement les nuages sont de plus en plus présents et nous décidons d'un commun accord d'en rester là même si le sommet du Mont de Gébroulaz est juste là, à portée de spatules. Ce n'est pas très grave, de toutes façons nous reviendrons certainement dans le coin (même si ça ne sera pas cette année) pour aller cocher le Dôme de Polset qui est la grande classique du secteur (il est juste après l'Aiguille de Polset qu'on voit à gauche sur la photo).
C'est le moment d'entamer la troisième et dernière descente de la journée... et certainement de la saison. La neige est souple, la pente soutenue, on se fait plaisir !
Sous le col de Thorens, les conditions sont moins bonnes mais on ne va pas se plaindre puisqu'on skie jusqu'à la voiture...
Y a pas à dire, Val-Thorens reste un bon plan de fin de saison...
(D+ 1600 mètres)
