Cette édition 2023 a une saveur toute particulière pour moi car je n'y suis pas juste pour le boulot (le salon où exposent pas mal d'acteurs du milieu) : cette année, j'ai un dossard à mon nom sur la grande épreuve du dimanche (80km et 3500m de D+) !
Je suis donc présent sur le salon le vendredi après-midi et le samedi, mais en mode cool afin de conserver des forces pour le dimanche. Au programme : échanges avec l'organisateur et plusieurs clients, séance de travail avec Christèle (de la 6000D) et récupération de mon dossard, et même spectateur de quelques départs d'épreuves où je peux discuter avec le speaker et l'équipe de chrono.
Petite sortie trail le samedi en fin d'après-midi histoire de faire un peu tourner les jambes avant la grande course de dimanche, ça me met un peu dans l'ambiance qui m'attend demain...
Dimanche matin à 5h, me voilà sur la ligne de départ de cette grande classique avec laquelle j'entretiens une histoire particulière puisque j'y fut aux commandes du chrono sur les éditions 2008 à 2013. J'avoue que l'émotion est là...
Départ 5h20, c'est parti pour un long voyage entra Causse et Larzac.
J'avale les premiers kilomètres en compagnie d'Yves-Marie et sa fille sur lesquels je tombe par hasard en reconnaissant la voix du père (lequel a une longue histoire avec l'épreuve, il en fut le photographe durant de longues années). On reste ensemble à papoter et on constate qu'on a le même objectif : arriver avant le coucher du soleil (ils n'y parviendront pas mais seront finishers, c'est le principal). Je les laisse derrière moi en haut de la première côte, je sens bien que j'ai un rythme un peu plus élevé qu'eux et la fraîcheur matinale me dicte de m'employer un peu plus pour ne pas me refroidir !
L'ambiance nocturne sur le Causse Noir est singulière, je prends plaisir à courir ici mais je reste prudent car je sais que la journée sera longue.
Le premier ravitaillement se trouve à Peyreleau (km 22,6), un charmant petit village situé à la jonction entre gorges du Tarn et gorges de la Jonte. Il me faut 2h55 pour m'y rendre et l'arrivée donne une petite impression de tour de France tellement il y a de spectateurs qui nous encouragent !
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| village de Peyreleau |
Le parcours remonte ensuite les gorges de la Jonte avant de remonter à droite sur le Causse.
La montée dans le cirque de Madasse est plutôt raide mais relativement courte (450m de D+) comparée à celles auxquelles je suis habitué dans les Alpes. De beaux points de vue me vont à chaque fois m'arrêter pour prendre des photos.
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| ermitage St Michel |
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| gorge de la Jonte |
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| cirque de Madasse |
Autre passage sur un site remarquable après 4h de course : le prieuré de St-Jean-de-Balme (km 30).
Puis le hameau de la Roujarie installé au coeur du Causse Noir.
Courir dans cette forêt est un vrai plaisir, c'est sûr que c'est bien différent de l'Echappée Belle fin août et que les kilomètres défilent bien plus vite 😄.
A 10h05, je suis au ravitaillement de St-André-de-Vézines (Km35) où je m'arrête quelques minutes pour avaler une soupe chaude qui me fait du bien. Puis le parcours - toujours aussi "roulant" - repart plein Sud pour rejoindre le hameau de Montméjean qui domine les gorges de la Dourbie.
La longue traversée qui suit est mémorable, le long de la Corniche du Rajol, avec tout au fond, en guise de repère, le Viaduc de Millau. Ce sera selon moi la plus belle portion de ce parcours !
Km42, passage aux Rochers de Roques Altès et sous la fameuse porte où est accrochée une cloche.
Arrivée au ravitaillement de La Roque Ste Marguerite juste après midi (6h45 de course). Je ne m'y arrête que le temps de remplir mes flasques avant de traverser le pont sur la Dourbie.
L'ambiance change dans la remontée vers le plateau du Larzac : chemin boueux et feuilles mortes au programme jusqu'à rejoindre le point de contrôle de Pierrefiche (à 12h45 soit 7h26 de course).
La portion entre Pierrefiche et Notre Dame de la Salvage (km55) offre à nouveau de belles vues sur les gorges de la Dourbie. J'ai la chance d'y rencontrer Pierre (client njuko lui-même organisateur d'événements et ici responsable du parcours sur la portion Larzac) qui me prend en photo pour immortaliser l'instant 😄.
Au ravitaillement de La Salvage (km55, 8h34 de course), je prends mon temps pour manger et boire copieusement, je sais avec l'expérience que c'est primordial pour ne pas avoir de coup de moins bien ensuite.
J'avais assez peu repéré le parcours, il faut bien l'avouer, mais je l'avais quand même regardé dans les grandes lignes... Et bien j'aurais peut-être dû car la portion suivante qui doit m'amener jusqu'à Mas de Bru est relativement difficile et j'avoue que je l'ai trouvé un peu longue ! Heureusement que la forme est là car ça fait un peu les montagnes russes dans un terrain tortueux et relativement technique.
Passage à Mas de Bru à 15h33 (km64, 10h15 de course) où je ravitaille en eau et tombe à la sortie sur une autre connaissance, Dominique de Pyrénées Chrono, que j'avais déjà croisé en début de course quelques heures plus tôt. Il m'encourage pour la fin de course, ça fait plaisir !

Je me sens vraiment bien et trotte "comme une gazelle", menant un petit groupe de coureurs dans la descente vers Massebiau, quand se réveille soudainement une douleur que je reconnais aussitôt : c'est le TFL (ou syndrôme de l'essuie-glace) au genou droit qui m'avait fait abandonner sur le Trail des Passerelles en 2019. Je m'arrête aussitôt, à la grande surprise des coureurs qui me suivaient, bois presque toute mon eau pour bien m'hydrater tout en me massant la zone douloureuse. Puis je repars en mode ralenti en gardant espoir que la douleur n'augmente pas trop... et arrive à Massebiau (km69, 11h02 de course) où je peux remplir à nouveaux mes flasques. Je verrai plus tard dans les résultats que j'ai perdu 30 places sur cette portion de 5km descendante, dommage ! 😢
Heureusement, la suite ne mobilise pas trop ma tendinite, c'est une rude montée de 500m de D+ pour rejoindre la ferme du Cade. Je monte bien et ne me fait doubler que quand ça devient roulant.
Arrivée à la ferme du Cade (km72) après 12h02 de course, c'est le dernier ravitaillement. J'y fait une pause d'une dizaine de minutes avant de repartir pour la fin du parcours en espérant que le TFL ne m'embête pas trop.
La dernière difficulté consiste à rejoindre le sommet de la Pouncho d'Agast, facilement accessible depuis la ferme du Cade mais le parcours a été modifié ces dernières années et nous fait maintenant plonger une dernière fois vers le bas avant de passer à la grotte des faux monnayeurs et de remonter dans les pentes abruptes du versant Sud. Ça bouchonne un peu malheureusement mais ce n'est pas bien grave, on est tous logés à la même enseigne et surtout je sais maintenant que je serai à l'arrivée avant le coucher du soleil !
Belle vue sur Millau depuis la Pouncho d'Agast (km77) avant la plongée finale vers l'arrivée.
La descente est technique et la douleur au genou est supportable, je double pas mal de coureurs peu à l'aise dans ces passages raides, glissants et tortueux entre les arbres. La courte remontée à la grotte du hibou est une formalité, je me sens des ailes, je sais que l'arrivée est proche !
Je franchis la ligne d'arrivée à 19h08, soit un temps de course de 13:49:21 qui me place 1195ème (sur 2138 finishers). Une performance qui me satisfait pleinement puisque mon objectif était de 14h !
Contrat rempli donc, et encore mille merci à Gilles, Odile, Marie-Line (les organisateurs) et tous les bénévoles qui ont contribué à faire de cette journée un sacré beau moment !
Parcours détaillé sur ce lien