Ma dernière visite à la Peyrouse remontait à l'année dernière mais je n'avais pas oublié comme ce parcours est beau. Les images parlent d'elles-mêmes !
samedi 29 mai 2021
Aiguille des Glaciers
Nous avions réservé la date pour un projet plus ambitieux - traversée du Pelvoux ou Mont-Blanc étant en tête de liste - mais les prévisions météo changeantes nous font finalement nous orienter sur une balade à la journée : ce sera donc l'Aiguille des Glaciers, une grande classique située au Sud du massif du Mont-Blanc et accessible depuis la vallée des glaciers sur la route du Cormet de Roselend.
Le départ vendredi soir est pour le moins laborieux, je réussi à oublier les chaussures et même le sac à dos (!), heureusement que je m'en rends compte arrivé à Seyssins où le rendez-vous a été donné avec Yoan et Romain. C'est donc en retard sur l'horaire prévu et en toute illégalité par rapport au couvre-feu que nous installons notre bivouac à 22h15 au parking du chalet des Lanchettes.
Nous prenons le départ quelques heures plus tard, à 5h30 précisément. L'ensemble de l'itinéraire est sous nos yeux : montée par la langue de neige tout à gauche, puis traversée à droite pour rejoindre le glacier des Glaciers qui nous mènera jusqu'à l'épaule N de l'Aiguille (à gauche du sommet).
Un petit quart d'heure de portage et nous chaussons les skis, c'est parti pour une longue montée de 1800 mètres de dénivelé.
Sur notre gauche descendent deux cordées constituées de personnes chaussées de raquettes qui arrivent du refuge Robert Blanc et qui rejoignent ici notre itinéraire. Elles avancent à une vitesse d'escargot, nous ferons 500 mètres de dénivelé le temps qu'elles en fassent à peine 100. Le métier de guide doit être bien difficile parfois ! Pour ce qui nous concerne, le rythme est bon, nous sommes justes déçus de constater que les nuages se sont refermés sur les sommets...
Il y a de la distance à faire, cette course se mérite !
Patrick n'est pas dans un bon jour et je reste avec lui pour l'accompagner sur la dernière partie. L'objectif est en vue (c'est la bosse neigeuse là-haut) mais il nous faudra encore une heure pour l'atteindre !
Nous voilà au Dôme de Neige (3592m), un dernier coup de collier et nous serons à l'épaule (3700m). Et le soleil montre le bout de son nez, cool !
Nous y voilà, un peu avant 10h. L'Aiguille des Glaciers (3816m) est juste là mais l'accès au point culminant n'est pas des plus aisés. Il ne doit pas y avoir grand monde qui foule ce sommet !
Le point de vue sur le Mont-Blanc est paraît-il splendide, ce n'est pas vraiment le cas aujourd'hui...
Début de descente vers 10h15, nous plongeons vers le bas en espérant que les nuages nous laisseront passer...
Profitant d'une trouée, nous décidons de filer sur la descente directe qui longe l'arête rocheuse entre Grande et Petite Aiguille des Glaciers. Nous aurons malheureusement une portion sans grande visibilité sur environ 400 mètres de dénivelé où Iphigénie s'avérera bien utile pour confirmer notre position !
Heureusement la visibilité revient plus bas et nous pouvons ensuite profiter plus sereinement de ces grandes pentes taillées pour le ski.
Plus nous perdons de l'altitude, plus la neige s'alourdit, mais le ski reste malgré tout bien bon. Chacun sait que c'est peut-être la dernière descente de la saison et goûte d'autant plus le plaisir d'être ici !
| Romain |
| Patrick |
| Yoan |
| Lionel |
Une traversée vers la gauche nous permet d'éviter le ressaut du bas, orienté plein Sud et partiellement déneigé. La neige devient "soupasse", les cuisses commencent à morfler !
Derniers mètres de la saison ?
Une courte remontée d'une cinquantaine de mètres nous ramène à la voiture à 11h30, la boucle est bouclée.
D+ 1830m - Durée 6h
dimanche 23 mai 2021
Rocher Pilliozan
Je les avais observés du coin de l'œil vendredi, me voilà donc de retour à Rieu Claret 2 jours plus tard pour une petite visite des couloirs du Rocher Pilliozan. Je suis cette fois accompagné de Lionel qui ne refuse jamais une invitation à skier une pente raide ! Nous ne serons pas déçus de la visite.
Départ 6h45, 10 minutes de portage suivies de 20 minutes de progression sur une neige mieux regelée que vendredi et nous voilà en vue de notre objectif. C'est ici que nous allons quitter l'autoroute du Rocher Blanc qui est très encombrée aujourd'hui puisque j'y dénombrerai plus de 60 personnes.
Voici la face Nord-Est du Rocher Pilliozan avec ses trois couloirs. Nous skierons tout à l'heure celui de droite après être montés par celui de gauche qui est en réalité tournant et permet de basculer derrière en face Sud pour rejoindre l'arête sommitale.
Après être remontés à ski jusqu'à la base des rochers, nous passons les planches sur le sac et entamons à pied la remontée du couloir. La neige étant relativement meuble, nous choisissons de ne pas mettre les crampons pour l'instant.
La seconde branche part sur la droite et se rétrécit sur le haut. Y a pas à dire, qu'est-ce qu'on est bien là !
Nous débouchons à un petit collu d'où une traversée à droite nous amène au pied d'une zone plus rocheuse. Nous visons maintenant la petite brèche neigeuse tout là-haut.
Belle ambiance dans ces pentes où nous n'avons toujours pas mis les crampons mais quand même sortis le piolet pour assurer une éventuelle glissade.
Une fois sur l'arête, nous constatons que la montagne nous oppose une dernière défense : une sacrée corniche qui est heureusement contournable par la gauche !
Ce passage est diablement esthétique, mais pour le franchir nous passons cette fois les crampons aux pieds !
| (photo Lionel) |
Finies les pentes abruptes, c'est un vrai petit plateau que nous traversons pour rejoindre le point le plus haut où que nous atteignons à 9 heures pile.
Un petit quart d'heure plus tard et nous entamons la descente. D'abord quelques mètres tranquilles...
Puis nous plongeons dans un environnement nettement plus pentu. Je cherche d'abord l'entrée à gauche de la corniche mais ça ne passe pas skis aux pieds, c'est donc dans la pente de l'autre côté que nous entrons dans le couloir.
Le départ est à 50° et le fond dur bien présent (même s'il n'y paraît pas sur la photo). Concentration requise et petite tension avant de poser le premier virage. Lionel préférera d'ailleurs attendre un peu plus bas pour le faire, j'ai du coup le loisir de prendre quelques images de lui dans cette partie supérieure du couloir.
La tension redescend d'un cran, même si la vigilance reste de mise, et nous profitons l'un après l'autre de ce beau toboggan en très bonnes conditions et bien rempli (le topo indique une étroiture qui est aujourd'hui à peine visible).
| (photo Lionel) |
La neige est de plus en plus souple - pour ne pas dire lourde - au fur et à mesure de la descente, il faut dire que cette pente prend le soleil dès l'aube. Et il n'y a pas que la neige qui chauffe, les cuisses aussi !
Les pentes sous le couloir restent cependant très agréables à skier et nous en profitons jusqu'au bout.
Encore une belle matinée partagée en bonne compagnie, merci Lionel !
D+ 800m
