Pour changer un peu du Vercors qui reste omniprésent dans le choix de mes sorties - proximité oblige - me voilà cette fois en route pour la Chartreuse et plus exactement sur la D105d qui monte à Mont St Martin. Depuis la route, il y a déjà un beau point de vue sur St-Egrève et le Moucherotte.
Je démarre un peu avant 10h, mon objectif est l'arête rocheuse au soleil là-bas au fond : l'arête Sud des Rochers de Chalves.
1h10 et quelques "chamoiseries" plus tard - ayant perdu la sente qui monte au Pas du Sappey, il m'a fallu trouver un passage à chamois pour rejoindre la crête du Rocher de l'Eglise - j'ai rejoint un point caractéristique nommé "l'Ouillon" : une formation géologique plutôt remarquable.
Une vue du dessus pour vous situer : je suis dans le prolongement de la crête qui prend naissance à l'école d'escalade de St-Egrève. A gauche, l'étrave du Néron dans l'axe de Grenoble. Entre les deux, l'anneau du Synchrotron est bien visible.
J'ai déjà croisé un premier chamois sur la crête d'accès, en voici un deuxième alors que je traverse à droite pour rejoindre l'arête rocheuse. En fait, ils sont deux (une mère et son petit) et m'ont repéré mais ne s'éloigneront pas tant que je resterai immobile (5mn car en sueur et non abrité du vent j'ai vite froid...).
Je prends pied sur la première partie de l'arête (la plus raide) et monte assez rapidement pour me réchauffer. Le terrain demande quand même un peu d'attention, on n'est plus dans le domaine de la randonnée mais dans celui de l'escalade facile.
Habitué à ce type de terrain, ça dénivelle vite.
C'est joliment aérien, 1000m au-dessus des prés de Savoyardière et Le Gua.
Le vent de Sud est fort et quelques gouttes font leur apparition alors que je suis sorti de la partie purement rocheuse. Dernier regard vers Grenoble que la courbure de l'arête me masquera ensuite
C'est par là que je dois poursuivre, dans cette taïga à 2 pas de la ville.
Des moments comme je les aime !
Seul et discret, j'étais presque certain de les surprendre. Et c'est le cas : ils sont là et ne m'ont pas repéré, occupés qu'ils sont à se nourrir avant l'hiver.
Alors que le soleil revient, je me rapproche en veillant à ne pas me faire voir et viens m'accroupir sous un pin afin de me confondre avec lui. Je suis à bonne distance mais impossible de me rapprocher plus car le terrain est ensuite à découvert.
L'un d'entre eux se redresse soudain. A-t-il repéré un mouvement de ma part ?
Il se lève et descend un peu plus bas, son instinct lui dicterait-il de s'éloigner ?
Les autres le suivent quelques minutes plus tard. Dommage que je n'ai pas un meilleur zoom pour shooter ce petit groupe !
Ils paraissaient inquiets mais semblent désormais plus tranquilles, il viennent même à découvert et traversent sous mon emplacement où je suis toujours immobile (et un peu transi !).
Ils disparaissent derrière un repli du terrain. J'en profite pour bouger et descends rapidement dans leur direction, laissant bâtons et sac à dos pour être plus discret. Je finis en rampant et me voilà à une trentaine de mètres de l'un d'eux.
Je ne suis pas repéré, il est occupé à brouter. Difficile de faire une photo correcte en étant allongé au sol !
A force de lever l'appareil photo pour éviter les herbes qui me gênent, je finis par attirer son attention.
Ainsi que celle de ses congénères plus à gauche.
Curieusement, aucun sifflement d'alerte ni débandade : ils restent là à regarder dans ma direction. J'ose même m'asseoir, ils me voient très bien mais ne fuient pas, comme s'ils savaient qu'ils ne craignent rien (!)
Je me lève, il est temps de poursuivre mon chemin. Je dois rejoindre le chalet des Bannettes là en bas. Pour cela il me faut poursuivre la crête vers le Nord, dans l'axe de la Grande Sure où j'avais fait un beau tour et vu aussi des chamois il y a 3 ans presque jour pour jour.
Sur le parcours, de jolies sculptures naturelles comme ces pins foudroyés (avec le Mont-Blanc au fond).
Ou encore ces lapiaz.
Une surprise m'attend encore dans la courte remontée vers le chalet des Bannettes : 3 mouflons (des femelles).
14h : après la pause repas au chalet, c'est l'heure de la descente.
Vue panoramique sur les Rochers de Chalves et toute l'arête que j'ai suivie.
Je repère encore quelques chamois dans le pierrier en face.
Retour à la voiture à 15h15 en compagnie de deux sympathiques retraités rattrapés dans la descente et que j'avais doublés au départ ce matin. Ils sont allés au Rocher du Lorzier mais n'ont vu aucun chamois...
Petit clin d’œil à Romain, j'étais un peu dans son jardin aujourd'hui ;-)





















