vendredi 7 novembre 2014

Neige et faune aux Agnelons

La neige étant tombée sur nos massifs, il me tardait d'aller la fouler ! Je retourne donc dans mon jardin de Prélenfrey où les couleurs de l'automne sont encore bien présentes mais sûrement plus pour très longtemps. Il me vient l'idée de remonter au sommet du pilier Sud de la double brèche (bien visible sur la photo) où nous étions la semaine dernière avec les frangins.


Sur le sentier du balcon Est, les Sultanes (les 2 petites dents bien marquées) et le Mont-Aiguille sont nettement plus visibles qu'il y a 10 jours.


Passé le ressaut rocheux du bas, les pentes supérieures du Ranc des Agnelons sont blanches mais il n'est en fait tombé qu'une vingtaine de centimètres, il en faudra bien plus pour que ce soit skiable ! J'avais prévu les guêtres au cas où mais elles resteront finalement dans le sac.


Comme je m'y attendais, la faune est au rendez-vous : ici un chamois (en bas) et 4 bouquetins.


Comme toujours, les chamois s'éloignent pour conserver une distance de sécurité assez importante alors que les bouquetins sont moins farouches : arrivé presque à la crête, je ne suis qu'à une trentaine de mètres de ce petit groupe.


Ce cabri est bien dodu, j'espère que ça lui suffira pour passer l'hiver.


Les jeunes étant plus craintifs que les vieux mâles, ils s'écartent vers le bord des falaises.
 

Quel beau tableau avec le lac du Monteynard et le Dévoluy comme toile de fond !


Jolie perspective avec Prélenfrey 1000 mètres plus bas.


Quant aux mâles, ils se laissent approcher de plus près.


Comme ils sont sur mon itinéraire pour rejoindre la crête, ils s'écartent tranquillement vers la gauche.


Et je les retrouve 1/4 d'heure plus tard sur la crête.


 Je suis exactement au même endroit qu'il y a 10 jours sauf que  Christophe et Thierry ont été remplacés par ces 2 beaux boucs !



Une cordée de 2 alpinistes est en train de remonter le couloir Ouest de la double brèche et de sortir à droite : ils devraient logiquement enchaîner sur la traversée des arêtes du Gerbier (mais, vu où ils sont, ils zapperont la seule partie un peu "grimpante" qu'est le pilier à leur gauche).


N'ayant que mon piolet mais pas mes crampons (laissés à la voiture), la question de les rejoindre pour les accompagner ne se pose pas. Il faudra revenir car l'entreprise doit être sympa ! Je tourne donc le dos au Gerbier et décide de rejoindre le col Vert par le fil de la crête des Agnelons.


C'est aussi  long mais nettement moins technique que les arêtes du Gerbier.


15mn plus tard , regard en arrière sur la première partie que je viens de descendre.


Je domine un groupe de chamois accompagnés (à droite) d'un mouflon.


Ils me repèrent rapidement (je dois me détacher sur le ciel au-dessus d'eux !) et filent vers le bas tandis que je continue mon chemin en m'efforçant de rester le plus possible sur le fil de la crête. Je sais - c'est la 2nde fois que je fais ce parcours - que ça passe bien (voire mieux) en restant sur le fil plutôt qu'en traversant à flanc.


A midi je fais la pause pique-nique bien au chaud sur les dalles calcaires orientées au Sud et chauffées par le soleil. Contemplation sur l'agglomération grenobloise 1800m plus bas et le Mont-Blanc 3000m plus haut !


Un peu plus tard sur la crête, vous constaterez que l'itinéraire est facile à suivre : il suffit de suivre les traces de chamois !


Je tombe d'ailleurs sur une nouvelle harde de chamois.


Ils sont dans les pentes une centaine de mètres sous moi et m'ont immédiatement repéré mais je suis suffisamment loin pour que ce ne soit pas la débandade : ils s'éloignent tranquillement et remontent vers une barre rocheuse qu'ils vont franchir les uns après les autres.




Subitement, 2 d'entre-eux font 1/2 tour et reviennent dans ma direction. Je ne bouge pas et ils s'approchent jusqu'à être juste sous moi. Ils me voient probablement et s'arrêtent régulièrement comme pour m'observer mais je reste strictement immobile et ils continuent de se rapprocher.


Ils viennent jusque dans les pentes à l'aplomb de ma position.



Et soudain un 3ème individu sort de sous la barre rocheuse sur laquelle je suis posté. Ils se sentent, semblent se défier, et repartent rapidement vers le bas (c'est certainement la période de rut qui explique ce comportement).




 Après cet épisode animalier d'une vingtaine de minutes, je suis tout heureux d'avoir partagé ce moment et j'entame une danse de joie sur les crêtes :-)


 Il me reste une dernière portion descendante et un peu technique pour rejoindre le col Vert.


Voilà les "S" du chemin arrivant au col Vert versant Villard de Lans.


Photo sur le petit banc caractéristique du col.


Le retour se fait par le bon sentier du Col Vert que je connais par cœur, je crois que je pourrais le faire de nuit...


Pour résumer : encore une bien belle virée dans mon jardin !