Au départ à 8 heures, il fait grand beau et l'objectif est bien visible : il s'agit de monter au col de la Combe qui sépare les Grandes Aiguilles (à gauche) des Petites (à droite), puis d'enchaîner par les arêtes sur sa gauche.
Cinquante minutes plus tard, nous avons le col de la Combe en point de mire mais il nous faudra encore 45 minutes pour y l'atteindre. Nous souffrons de la chaleur dans ce versant orienté plein Est qui prend le soleil dès l'aube.
Nous voilà bientôt en haut des névés, lesquels sont suffisamment mous pour que nous n'ayons pas à mettre les crampons (qui resteront au fond du sac toute la sortie). Même si vu d'ici il ne semble pas aisé de rejoindre le col, c'est en fait un couloir facile où il faut juste faire attention à ne pas faire tomber un bloc sur son compagnon.
Du col de la Combe, la vue se découvre sur la suite du programme : nous allons remonter le couloir de neige puis les rochers à sa droite pour atteindre le sommet de la Pointe Joseph Gaillard, puis poursuivre à droite sur les arêtes.
Nous voici dans le couloir : nous allons prendre pied dans les rochers au-dessus de Romain, laissant derrière nous le col de la Combe (derrière moi).
S'ensuit une arête ascendante qui nous amène au premier sommet du jour : la Pointe Joseph Gaillard.
De ce point, nous découvrons tout le cheminement qui nous attend pour rejoindre l'Aiguille d'Olle là-bas au fond.
Cheminement facile mais aérien où il faut simplement veiller à tester ces prises car le rocher n'est pas toujours très sain. Nous enverrons d'ailleurs quelques écailles branlantes en direction du glacier !
Nous mettons 3/4 d'heure pour rejoindre l'Aiguille d'Olle d'où nous pouvons contempler le chemin parcouru sur les arêtes (mais aussi depuis la voiture visible 900 mètres plus bas).
La pause pique-nique est faite ici tout en observant l'Aiguille Saint-Phalle et sa belle arête Nord que l'on va emprunter tout à l'heure.
Malheureusement la météo se dégrade progressivement, c'est encore bleu d'un côté mais bien gris de l'autre...
Un rappel de 30 mètres exactement (ça tombe bien, on a pris de cordes de cette longueur) nous amène dans la brèche Saint-Phalle.
Plus qu'à s'attaquer à la dernière montée, celle qui sera la plus belle sur le plan de l'escalade.
Romain mène la danse.
Et moi, définitivement pas en forme, je suis tranquillement derrière !
Voilà Romain au sommet de l'Aiguille Saint-Phalle, plongeant déjà son regard sur la descente qui suit.
Début de descente en désescalade au-dessus du glacier de l'Argentière. Rien de bien difficile, il faut juste rester appliqué et continuer à tester chaque prise.
Un beau rappel permet de franchir un ressaut vertical et de gagner 30 mètres vers le bas.
Encore un peu de désescalade et nous prenons pied sur le glacier. Place à la neige qui va nous permettre de progresser beaucoup plus vite et de fuir les nuages qui s'amoncellent.
Nous rejoindrons bientôt la Combe de la Croix, nous pouvons remercier le bon enneigement qui nous évite les pénibles pierriers qui apparaissent plus tard en saison.
Dernier névé, sur fond d'Aiguilles d'Arves.
Rhododendrons en fleur, pelouse alpine, torrent, col de la Croix au fond... Que cet endroit est beau !
Plus qu'à rejoindre le col du Glandon...
Nous prenons les premières gouttes juste avant d'arriver à la voiture, il y a même des coups de tonnerre qui roulent sur les Aiguilles où nous étions tout à l'heure. Le timing était le bon, il n'aurait pas fallu traîner plus longtemps là-haut aujourd'hui !








