Les retraits dossards du GRP se terminant le vendredi soir, j'ai tout un week-end devant moi avant de me rendre à Biarritz pour une semaine au bureau. Me voilà donc sur la route du col de Portet ce samedi matin, un peu avant 8h, avec la ferme intention de profiter du coin !
Le gros avantage de cette route est qu'elle vous amène à 2200 mètres d'altitude, ce qui vous épargne de faire le dénivelé à pied ! Ce qui n'est pas le cas des coureurs que je retrouve ici ce matin qui sont partis à 5h de Vielle-Aure sur le parcours du 80 km. Je partage le sentier du GR10 avec eux durant une petite 1/2 heure avant de les quitter et retrouver la tranquillité.
C'est ici que nos chemins se séparent : eux vont tout droit pour monter au col de Bastanet (2509m)...
... tandis que je descends vers le lac de l'Oule, encore dans l'ombre, d'où je remonterai au col d'Estoudou situé juste en face.
Passage au bord du lac de l'Oule dans un calme absolu à cette heure pourtant pas si matinale puisqu'il est déjà 9 heures. Je ne croise que quelques coureurs qui remontent péniblement vers le col de Portet, ils sont sur la fin de leur parcours de 120, 160 ou 220 km...
Je retrouve le soleil sur la rive droite du lac et attaque la raide montée au col d'Estoudou : 450m de dénivelé avalés en 30 minutes tout rond qui font bien chauffer la machine. Au col, la vue se dévoile à gauche sur le vallon de la Neste et les lacets de la route qui mène à des parkings d'altitude. Les nombreux randonneurs que je croiserai plus loin viennent de là !
Bienvenu au pays des lacs : ici le lac d'Orédon, dominé au fond par un autre (le lac de Cap de Long) dont on n'aperçoit que le barrage. Mon prochain objectif est désormais visible : le col nommé Hourquette d'Aubert (2498m), point le plus bas sur la crête descendant à droite du point culminant du coin, le Pic de Néouvielle (3091m). J'avais un temps imaginé de monter à son sommet aujourd'hui mais j'ai finalement préféré m'orienter sur un balade rando-trail me permettant de mieux visiter le coin.
Voilà l'Hourquette d'Aubert bien visible au fond à droite, j'y serai dans une heure pile.
C'est qu'il y a tellement de beauté en ces lieux que je ne peux m'empêcher de m'arrêter prendre des photos et/ou discuter avec des promeneurs ! Le GR passe entre les lacs d'Aumar et d'Aubert, des lieux vraiment idylliques. Je suis ici au coeur de la Réserve Naturelle de Néouvielle, une des premières créées en France.
La vue sur les lac, juste avant de rejoindre l'Hourquette d'Aubert, est du genre 5 étoiles.
Au col, je découvre l'autre côté : encore des lacs (Estagnol, Nère, Tracens, Blanc, Jonquère, Coubous). Je décide de suivre une sente en direction du Pic des Coubous d'où je peux encore mieux voir tous ces lacs.
Tant qu'à être sur cette crête, je continue vers le haut et domine les lacs de plus en plus haut.
La suite qui mène au Pic des Coubous (2647m) semble relativement aérienne mais cela ne m'arrête pas pour autant, je sais d'expérience que le terrain est souvent plus facile qu'il n'y paraît de loin. Je m'élance donc dans la descente pour rejoindre plus bas le fil de l'arête.
Une descente dans du terrain raide mais facile où il faut juste veiller à l'instabilité de certains rochers.
La suite est plus effilée et plus technique. Je m'efforce de rester sur le fil de l'arête et parviens à avancer assez loin avant de buter sur un ressaut dans lequel je n'ose me lancer car trop engagé à mon goût (d'autant que je suis en baskets, ce n'est pas l'idéal dans ce terrain).
C'est ce dernier obstacle avant le sommet qui arrêtera ma progression sur l'arête et me forcera à descendre une raide cheminée me permettant de rejoindre les pentes herbeuses à droite. Ça passait peut-être (sûrement ?) mais prudence est mère de sûreté !
Depuis les pentes en question, belle vue sur l'arête parcourue (par le fil sauf le grand gendarme du haut que j'ai contourné par l'autre versant).
Encore quelques efforts et je rejoins le sommet du Pic de Madamète (2657m) d'où je profite de la vue tout en mangeant. Merci au passage aux randonneurs qui m'ont prêté un couteau car j'ai oublié le mien, ce qui n'est pas très pratique quand on a emporté du pain et du pâté...
La suite de l'itinéraire que j'ai imaginé est sous mes yeux : descente au col de Madamète (où je vais retrouver le GR10), puis plongée à gauche pour descendre au lac du même nom et même plus bas jusqu'à la cabane d'Aygues Cluses d'où je partirai à nouveau vers le haut pour monter à l'Hourquette Nere. Beau programme !
Une trentaine de minutes plus tard, regard en arrière sur le Pic et le col de Madamète depuis les lacs éponymes.
Arrivé à la cabane d'Aygues Cluses, je constate qu'elle est en travaux, ce n'est pas là que je pourrai m'offrir un Coca qui m'aurait pourtant fait grand bien surtout que je commence à manquer d'eau. Et je ne peux pas non plus en solliciter auprès du poste de ravitaillement du GRP installé à proximité, il faudrait pour cela que je porte un dossard ! J'en suis donc réduit à boire l'eau du torrent, en petite quantité et en croisant les doigts car les crottes de moutons sont légions par ici...
Je retrouve pour un temps les coureurs du GRP avec lesquels je partage la montée à l'Hourquette Nere : 350 mètres de dénivelé qui sont bien techniques et raides sur la fin. Je double beaucoup de monde (ils ont beaucoup plus de kilomètres que moi dans les jambes) et suis soudain surpris d'être moi-même doublé. C'est un participant du 80km qui finira 8ème de l'épreuve et dont je ne parviendrai pas à suivre le rythme jusqu'au col. Quel forme !
Au col, un nouveau vallon se dévoile qui, comme ses voisins, abrite lui aussi des lacs : lac Nère (à droite), laquets de Port Biehl (juste derrière) et lac de Bastan (à gauche).
C'est à hauteur du lac de Bastan que je quitte les coureurs : eux descendent à droite en direction du lac de l'Oule tandis que je remonte à un nouveau col, l'Hourquette de Caderolles (2495m), situé en face sur la crête descendant du Pic de Bastan.
C'est ma dernière véritable montée de cette journée, un peu plus de 200 mètres de dénivelé supplémentaires au compteur dans un rude pierrier qui me prendront une vingtaine de minutes.
Quelle surprise, encore un lac (de la Hourquette en l'occurrence) ! A droite, le dernier col du jour que je vais rejoindre facilement par une traversée à flanc de montagne : le col de Bastanet (2509m).
Au col, d'autres lacs apparaissent sur l'itinéraire de descente.
J'arrive rapidement au lac Supérieur autour duquel sont installées quelques tentes. Bel endroit pour le bivouac, non ?
Au refuge de Bastan, qui domine un autre lac (du Milieu), je peux enfin remplir mon camelbag et même m'offrir un coca que je savoure en discutant avec d'autres randonneurs.
Dernière étape de ce beau voyage, passage au bord du lac du Milieu, puis du lac Inférieur, puis al boucle est bouclée avec le retour sur le sentier où j'étais ce matin qui domine le lac de l'Oule.
Dernier effort, le col de Portet est en vue, j'y arrive à 17h30 soit près de 9h30 après l'avoir quitté. Des coureurs continuent à y passer, il leur reste à redescendre jusqu'à Vielle-Aure, ce que je ferai personnellement en voiture !
(Environ 1600m de dénivelé, distance inconnue...)
Pour situer un peu où est le massif de Néouvielle, repérer l'étoile jaune !