samedi 14 septembre 2013

Au pays de la Meije

Si je devais n'en faire qu'une, ce serait celle-là !

Voilà des années que ce projet me trottait dans la tête et il était temps d'enfin le réaliser : la Traversée de la Meije, une grande course en haute montagne sur un sommet emblématique (voire mythique pour ma part). Je m'en faisais probablement un peu une montagne - c'est le cas de le dire - mais l'expérience accumulée depuis des années ainsi que Romain comme compagnon de cordée me confortaient dans l'idée que ce projet se ferait dans la sérénité. Et cela a été parfaitement le cas : 2 journées quasi parfaites sans une seule ombre au tableau, à part peut-être le fait de ne pas être restés dormir au refuge de l'Aigle puisque sa démolition débute ce lundi !



Vendredi 13 septembre

La Traversée de la Meije commence par une question logistique : le plus classique est de partir de La Bérarde (versant S) pour arriver au Pont des Brebis (versant N, au pied du col du Lautaret), mais cela pose un problème de véhicule puisque départ et arrivée sont situés de part et d'autre du massif ce qui oblige à prévoir 2 voitures ou à faire appel à un taxi. En été, pas mal de cordées font le choix de partir de La Grave : elles prennent le télécabine des Vallons de la Meije, remontent les Enfetchores pour atteindre la brèche de la Meije d'où elles redescendent sur le refuge du Promontoire. La distance entre départ et arrivée est alors réduite aux quelques kilomètres qui séparent le Pont des Brebis de la Grave. C'est notre choix avec Romain à la nuance près que le télécabine est fermé depuis la semaine dernière et qu'on part donc à pied de La Grave pour une montée de 1900m de dénivelé. Ce n'est pas pour nous déplaire, on va réaliser notre projet en y mettant la manière ! Du départ on voit les objectifs à venir : le V de la brèche pour aujourd'hui et le Grand Pic pour demain.


Départ à 11h10 ce vendredi 13 (un signe de chance, non ?) pour une grande bambée qui commence par la remontée des Vallons de la Meije, évidemment désertés (on ne verra d'ailleurs strictement personne de la journée). Les 400 premiers mètres de dénivelé qui nous amènent au chalet de Chal Vachère sont rapidement avalés (45 mn).


1/2 heure plus tard, nous voilà dans les moraines supérieures où on s'offre la pause casse-croûte tout en observant la suite : un cheminement astucieux permet de remonter l'éperon rocheux à gauche. Ce sont les "Enfetchores".
(s'enfetcher, en patois local, signifie se perdre... tout un programme !).



Remonter les Enfetchores, c'est déjà une vraie petite course qui offre des passages d'escalade faciles où il peut être nécessaire de s'encorder (ce que nous ne ferons pas). C'est une bonne préparation à ce qui nous attend le lendemain, mais cette fois ce sera de nuit !




















A 15h30, nous voilà sur le glacier de la Meije, au pied de la face N. La brèche que l'on vise paraît proche mais on mettra 1h30 pour y parvenir.

 
Le glacier est immaculé, recouvert de 10 cm de neige fraîche qui lui donne un air virginal. Quelques belles crevasses agrémentent le décor. On suit quelques minutes les traces d'un blanchot. Ce cadre sauvage nous enchante, on est bien !





On franchit par la gauche la grosse rimaye qui coupe toute la pente donnant accès à la brèche. Un joli passage où le froid devient soudainement bien présent. Normal, il est presque 17h, on est en versant N et l'altimètre indique 3300m... Heureusement le soleil nous attend à la brèche !


De la brèche (3357m), on découvre le versant S et la belle arête du Promontoire que l'on devra escalader demain matin. A sa base, on aperçoit le refuge du Promontoire qui va nous accueillir pour la nuit. Au fond, la Barre des Ecrins nous fait de l’œil, coincée entre la Grande Ruine et le Pic Bourcet.



Une heure et une descente un peu scabreuse plus tard, nous voilà au refuge.
Il est 18h et il est temps de prendre un peu de repos car la journée de demain sera longue.
L'accueil par Frédi et Nathalie est toujours aussi chaleureux et c'est le ventre bien rempli que nous allons nous coucher à 21h.

 Samedi 14 septembre

2 réveils ont été programmés afin d'échelonner les cordées (au nombre de 8) sur la voie. Nous avons opté pour le 2ème, celui de 5h, car nous voulons profiter de la montagne sans courir. La voie a comme particularité de débuter sur la terrasse du refuge et on regarde partir un guide et ses 2 clients. Sur la photo de droite prise au même endroit la veille, on voit le sommet du Grand Pic situé 900m plus haut.

 
















On les laisse s'éloigner et on s'encorde à notre tour. Il est 5h45, l'escalade commence. On avance assez vite dans ce terrain facile où l'assurance se fait à corde tendue en plaçant une protection de temps à autre (au hasard d'un piton rencontré ou d'une sangle judicieusement placée) et on se retrouve à doubler la cordée du guide dans le 1er passage un peu difficile : le Pas du Crapaud. On progresse rapidement en allant toujours au plus facile, sans réel problème d'itinéraire, et on remonte le couloir Duhamel alors que le jour se lève.






On laisse la pointe Duhamel sur la droite pour rejoindre une terrasse où Henri Duhamel  avait bâti un gros cairn lors d'une tentative  en 1876. Ce matin c'est un couple catalan qu'on y trouve : ils ont mis 10h hier pour atteindre le Grand Pic, ont décidé de redescendre par l'itinéraire de montée et ont bivouaqué là plutôt que de s'aventurer de nuit dans le couloir Duhamel. Ils ont bien fait... surtout qu'il n'a pas fait trop froid cette nuit.



Petite parenthèse historique : Henri Duhamel fut un des principaux prétendants à la "victoire" sur la Meije que lui soufflèrent Gaspard et Boileau de Castelnau le 16 août 1877. C'est aussi lui qui ramena une paire de "patins à neiges" de l'exposition universelle de 1878 et fut le 1er à faire des essais de ski en France, notamment sur les pentes de Chamrousse...
Mais revenons à nos moutons, et plus précisément à Boileau de Castelnau puisque c'est précisément le passage suivant auquel nous sommes confrontés : la fameuse Dalle Castelnau qui repoussa les tentatives de Duhamel et que nous franchissons aisément 136 ans plus tard !


 

  










 S'ensuit une vire qui mène à droite à l'aplomb du glacier carré, puis on repart vers la gauche pour rejoindre le fil de l'arête et un beau bombement : le Dos d'âne.

 















Le passage suivant nous voit buter sur une cordée partie 1/2h avant nous et que nous doublons : c'est la Dalle des Autrichiens où le soleil nous rattrape à son tour.



Puis c'est le Pas du Chat qui consiste à contourner un bloc rocheux qui a une fâcheuse tendance à vous repousser vers le vide. Et le vide commence à sérieusement se creuser...



Encore quelques mètres et on est au Glacier Carré. On chausse les crampons pour le traverser en diagonale, dans une pente où il faut rester concentré. Un grand moment que de fouler ce glacier suspendu si souvent observé de loin !

 
 
















Nous voilà à la Brèche du Glacier carré (3862m) où on découvre le versant N.
L'ombre du Grand Pic se déploie sur les vallons de la Meije, on aperçoit le Grand Pic de Belledonne et même la Grande Moucherolle qui domine la maison. Tout est grand ici...



Il reste une centaine de mètres pour le sommet et, même s'il n'est plus très loin, il faut encore s'employer pour y parvenir.

 














Me voilà en approche du célèbre Cheval Rouge, cette arête au-dessus de ma tête qu'il faut chevaucher pour ensuite franchir le petit surplomb qui le domine, le Chapeau du Capucin. Ce sont les 2 dernières difficultés avant l'arête facile qui mène au sommet.




 
 

Il est 11h05, nous sommes au sommet du
 Grand Pic de la Meije (3983m) !!!



 Après une pause d'une vingtaine de minutes, nous entamons la suite du programme : la Traversée des arêtes de la Meije, une chevauchée qui va durer environ 4h et qui va nous amener à la dernière Dent de l'arête, celle qui penche sur le vide côté S et qui a été nommée le Doigt de Dieu.



  La traversée commence par 3 rappels qui nous amènent à la brèche Zsigmondy. Cela nous prend déjà 1h car on est bloqué par le guide et ses 2 clients qui nous précèdent.




Puis on traverse la brèche Zsigmondy, une arête vertigineuse où on se prend pour des funambules !




 











On arrive au passage clé de la traversée, le contournement de la Dent Zsigmondy : un passage en neige et glace qui a été équipé d'un câble bien sécurisant ma foi !






La suite est plus tranquille mais c'est encore long et quelques passages demandent encore de l'attention, notamment les rappels qui permettent de descendre des 2ème et 4ème dent.



















De la 4ème Dent, la vue est spectaculaire sur le Doigt de Dieu.



Les cordées qui nous précèdent semblent comme en suspension sur le fil de l'arête...


Romain descend de la 4ème Dent : un beau rappel de 45m sur des dalles recouvertes de glace.


A 15h, nous atteignons le sommet du Doigt de Dieu (3973m), terme de la traversée des arêtes. 


 Une petite désescalade puis 3 rappels nous déposent sous la rimaye, la partie technique est terminée et il ne nous reste plus qu'à nous laisser glisser sur les pentes supérieures du glacier du Tabuchet. La tension retombe et, la fatigue aidant, l'émotion m'étreint à cet instant : je viens de réaliser un rêve !





 
On rejoint le refuge de l'Aigle en une vingtaine de minutes. Ce refuge vit là ses dernières heures dans son état originel puisque sa démolition débute dans quelques jours. Il faut dire que sa construction date de 1910 et que c'est probablement le dernier refuge "à l'ancienne" du massif. Y être gardien n'est pas une sinécure comme nous l'avait d'ailleurs confirmé la gardienne Marie Gardent à l'occasion d'un passage à ski avec Patrick le 10 avril 2009. Il est donc temps de le rénover, n'en déplaise aux vieux traditionalistes (du CAF ?) qui ont repoussé les travaux depuis 10 ans !




Avec Romain on avait envisagé d'y rester dormir mais la météo est annoncé mauvaise donc on y fait seulement une bonne pause réparatrice de 45mn en profitant de la vue sur les arêtes d'où on vient.


  Il nous reste 1800m de descente pour rejoindre le Pont des Brebis, terme de notre périple. On repart alors que les arêtes de la Meije ont déjà disparu dans les nuages.



On quitte le glacier du Tabuchet au niveau de la vire Amieux, un astucieux passage qui permet de basculer sur le versant N du Bec de l'Homme. On perd rapidement de l'altitude, empruntant quelques passages rocheux où il faut garder sa concentration malgré la fatigue.
















Quelques chamois nous feront l'honneur de poser dans cette descente qui nous prendra 2h30 et qui me laissera des traces au niveau des gros orteils...



Au final un rêve qui s'est réalisé et des souvenirs plein la tête !








jeudi 12 septembre 2013

Mont Aiguille

Voilà une journée comme je les aime !
Les ingrédients sont simples :
+ un accès rapide (30mn de voiture)
+ une montée tranquille sur un bon chemin en forêt
+ une voie d'escalade historique et toujours aussi belle (même si je commence à la connaître par coeur !)
+ du vent et des nuages pour mettre de l'ambiance
+ un plateau sommital avec des bouquetins dessus
+ un arc en ciel pour mettre un peu de couleur
+ du soleil quand même un peu
+ et surtout : un père, un oncle et moi heureux d'être là !


Les images qui résument tout ça :

Bientôt au col de l'Aupet

Sur la vire du bastion inférieur

Ici c'est simple, il suffit de suivre le câble

Didier profite d'une éclaircie

Sur la vire médiane
La vire supérieure qui donne accès à la cheminée finale
Didier
Papa




Le plateau sommital
Les bouquetins du Mont Aiguille
Le vide de la face Nord
Au sommet


On attaque la descente
1er rappel - Papa
1er rappel - Didier

Départ du 2ème rappel
Didier en termine

Papa nous rejoint
La faille de sortie
Et voilà, c'est fini !

Une belle montagne, non ?

mercredi 4 septembre 2013

Sitre

Aujourd'hui j'ai longtemps hésité entre aller aux cèpes ou aller courir la montagne. Comme je ne sais pas choisir, je suis parti en tenue de trailer mais avec le panier et le couteau dans la poche, direction le col de Pré Long en balcon ouest de Belledonne où j’espérais pouvoir concilier les deux activités. Arrivé au parking, je pars dans les bois panier à la main pour en revenir 30mn plus tard sans avoir vu l'ombre d'un cèpe. Dur quand on est habitué à aller dans ses coins secrets d'où on ne rentre jamais bredouille ! Du coup je troque le panier pour le camelbag et me voilà parti pour le tour suivant (suivez les flèches !).



Plus simple de voir l'itinéraire sur carte : une boucle évidente qui part du col de Pré Long (1180m), suit le GR549 A jusqu'au Habert du Mousset puis le GR549 jusqu'au Col de la Sitre et sa pointe homonyme (2195m) pour redescendre à la voiture via le Mont St Mury et le refuge du Pré Molard.



Au total environ 1200m de dénivelé incluant le petit détour au lac de la Grande Sitre où je me suis offert une petite trempette ! Quelques images (prises avec l'iphone) qui témoignent qu'on est dans la plus belle région du monde !!!














Et cerise sur le gâteau, j'ai même trouvé un gros cèpe et deux belles chanterelles donc l'honneur est sauf !



mardi 3 septembre 2013

Rentrée

Toute la famille a accompagné Emma pour sa rentrée ce matin.
Par contre interdiction d'accompagner Marie et Elise au collège !



Emma a retrouvé sa copine Maïlys et elles sont dans la même classe : elles se sont installées au même bureau mais connaissant les 2 pipelettes cela ne devrait pas durer...



dimanche 1 septembre 2013

Prolongation

Aujourd'hui c'est comme une prolongation des vacances pour Sonia et moi qui avons repris depuis déjà 15 jours, et aussi pour les filles puisqu'on a passé la journée au bord de la piscine avec Chris, Anne-Marie, Lise et Clara. Un peu comme si on prolongeait d'une journée notre séjour en Corse sauf qu'on était à 5mn de la maison !


jeudi 29 août 2013

Semi de Lille

C'est le rendez-vous annuel du semi marathon de Lille qui ouvrira samedi la Grande Braderie.


L'équipe d'accueil est au top, comme d'habitude !


Les inscriptions vont bon train, on devrait dépasser les 13000 engagés d'ici demain soir.
Il faudra donner un temps à tout le monde samedi matin !