Aujourd'hui c'est "trail printanier" au départ du parking du Muret (derrière le col de l'Arzelier). Comparativement à la
version hivernale de décembre dernier une chose est sûre : ça va nettement plus vite baskets aux pieds et sur terrain sec ! Par contre le paysage est tout aussi beau, d'ailleurs je double pas mal de promeneurs qui profitent comme moi de la piste qui relie le Col de l'Arzelier à Saint-Andéol.
Vers 1400m, je croise une 1ère bande de neige qui coupe le sentier, résidu d'avalanche descendue de la Petite Moucherolle qui ne devrait pas tenir bien longtemps vu les chaleurs actuelles. Il n'y a pas de quoi mouiller les baskets et c'est tant mieux.
Au lieu-dit "Les Poules" (1501m), je croise le sentier qui vient du Pré Achard, chemin que je prendrai au retour. Je suis sorti de la forêt et désormais au soleil pour un petit moment. D'ici la vue est bien dégagée sur la Grande Moucherolle et Soeur Agathe.
L'objectif est là haut, c'est le Pas de la Balme (1839m). Pour y parvenir le sentier se faufile dans les barres rocheuses, ça ne paraît pas évident vu d'ici mais en fait ça passe très bien. Toute la barrière orientale du Vercors s'étale devant moi, au fond le Grand Veymont et à sa gauche le Mont Aiguille qui se détache.

Nouvel embranchement sous les falaises, c'est le Mulet du Curé (ça m'intéresserait bien de connaître l'origine de cette appellation...).
Remarque de Nicole et Gaby : cela rappelle cette
histoire en patois dont Sonia se souvient très bien :
C'est le curé de la Ferrière
qui recevait l'archevêque et comme il n'avait rien à manger , il a
demandé au sacristain d'aller chercher un mouton dans la montagne avec
son âne pendant la messe pour que personne ne le voit . Mais le
sacristain tombe avec l'âne dans un ravin et il revient seul au milieu
de la messe : le curé le voyant entrer dans l'église chante en patois
"as-te pou ramena su que fait "bêê bêê" ?" le sacristain répond en
chantant : "non me si perillé bas pe le rôtse avoé su que fé "hi han"
L'histoire vaut-elle pour ce lieu ? En partie peut-être !

A partir de là le chemin se redresse et je passe en mode "marche rapide" sur certaines portions. Je double trois randonneurs dans le dernier ressaut rocheux avant le Pas de la Balme. Quelques bouquetins se trouvent dans les rochers au dessus du sentier mais ils sont trop loin pour les prendre en photo avec le téléphone.
Un bien joli passage où on ne peut que s'arrêter pour profiter du lieu !
Et la très panoramique traversée qui suit n'est pas mal non plus.
Une vue à 180° pour vous faire entrevoir l'ambiance de ce lieu, décidément un joli coin que je n'avais visité qu'une fois avant aujourd'hui : le 25 juillet 2007, en compagnie du Corse (Gaby), nous avions fait la traversée des Moucherolles en boucle depuis le col de l'Arzelier.
Pas de la Balme atteint en 1h05 pauses comprises (passage du pantalon au short, photos...), confirmation que la forme est bien là. Deux possibilités s'offrent alors : Tête des Chaudières à gauche ou Roche du Coin à droite (sans compter une troisième : redescendre !). Après réflexion je décide finalement de continuer vers la Roche du Coin, laissant la Tête des Chaudières derrière moi.
Même si je suis à proximité des pistes de ski de Villard-de-Lans, je suis bien au pays des bouquetins comme celui-ci perché sur son balcon.
Le zoom étant franchement mauvais sur l'iphone, je suis contraint de m'approcher au plus près pour faire une image correcte, m'obligeant à côtoyer un peu le bord des falaises ce qui n'est pas pour me déplaire.
Au zoom, même si l’image est vraiment à jeter, on voit bien que l'animal est en train de perdre son pelage d'hiver, il "peluche" de partout.
Je continue vers le haut et arrive au sommet du télésiège du Belvédère d'où la vue est pour le moins sympathique.
Je passe outre les recommandations...
Et plonge dans le couloir Est de la Petite Moucherolle que j'avais skié
en mars 2012. Cette fois c'est baskets aux pieds qu'il va falloir descendre et ça paraît nettement moins facile qu'à ski.
Vingt minutes pour descendre la partie haute la plus raide... mais en comptant 10 minutes de pause pour un coup de fil boulot. Je suis plus rapide que je pensais dans ce type de terrain à chamois (ou à bouquetins), l'habitude de crapahuter apporte quelques bénéfices !
Je mets 40 minutes pour rejoindre le sentier qui coupe les pentes vers 1500m, soit une descente d'environ 500m de dénivelé hors sentier où les chaussures de randonnée auraient été plus adaptées que les baskets.
La suite est plus "roulante" et c'est bien agréable après le terrain à chamois. Le sentier traverse sous les Moucherolles pour rejoindre Pré Achard, c'est quasiment plat et je peux à nouveau trottiner.
Passage probablement le plus risqué de la balade...
Pour finir, descente par la piste de Mauret et passage devant la cabane dans les arbres où je viendrais volontiers dormir avec Sonia !
Une boucle de trois heures pour quelques kilomètres (une quinzaine ?) et 900 mètres de dénivelé, de quoi maintenir la forme pour d'autres projets à venir...