dimanche 10 mai 2015

Dôme des Ecrins J2

Réveil 3h, solide petit-déjeuner (c'est l'avantage du refuge) et nous démarrons les premiers à 3h40. L'horaire est calculé afin qu'on rejoigne les premières cordées du refuge des Ecrins situé 600 mètres plus haut. On les retrouve en effet à 5h en train de s'équiper sur le glacier. On a beau être prévenu, c'est malgré tout surprenant de voir toutes ces loupiotes : il y a déjà au-moins 50 personnes et ce n'est qu'un début. Eh oui, c'est ça d'être sur une grande classique et en plus un "4000" : ça attire énormément de monde (avec énormément d'italiens comme on l'a constaté au refuge la veille).


A 5h30, il fait déjà moins sombre sur le long et plat glacier blanc qui vient buter contre le point culminant du massif : la Barre des Ecrins (4102m). A sa droite, le Dôme des Ecrins (4015m), notre objectif du jour. Nous avons choisi de nous encorder même si le glacier est vraiment peu crevassé ici...


5h45, le jour commence à poindre derrière nous. On aperçoit au loin quelques-uns de nos poursuivants.


On fait un petit détour par le Col des Ecrins où Romain et moi étions il y a une quinzaine de jours mais que Patrick ne connaît pas. Nous serons les seuls à faire ce crochet, étonnant !


6h10 : nous sommes aux premières loges pour assister au lever de soleil sur la Barre des Ecrins avec en prime la lune qui tutoie le sommet. C'est juste grandiose et chacun y va de sa photo.


Il y a déjà des cordées à l'assaut de la face et on ne s'attarde donc pas trop, il y a du monde au portillon...


La première pente est la plus raide et la plus exposée aux séracs, la neige est assez dure et il est difficile d'avancer à son rythme avec les cordes et le monde. Ce qui n'empêche pas Patrick de garder le sourire :-)


Derrière nous l'armée des prétendants au Dôme, probablement une centaine de personnes aujourd'hui. Quelques-uns vont vers Roche Faurio mais la grande majorité est bien là pour le Dôme. Pas de quoi gâcher le spectacle qui s'offre à nos yeux, le lever de soleil sur le glacier Blanc est splendide.


Patrick dans la première pente, une image qui donne une idée de l'inclinaison pas si débonnaire que ça surtout dans les conditions du jour avec une neige qui zippe sous les skis (même si ça ne paraît pas sur la photo). Une femme fera d'ailleurs une belle chute ici (une trentaine de mètres) lors d'une conversion. Elle mettra un peu de temps à se remettre et à reprendre le chemin du haut.


On monte régulièrement et on prend de l'altitude, le Dôme se rapproche mais on mettra encore plus d'une heure et demie pour l'atteindre...


Même si nous ne sommes pas les premiers, il n'y a qu'une petite dizaine de personnes devant nous. On n'est donc pas gêné et on s'offre quelques pauses pour grignoter, boire et prendre des photos.


Il y en a beaucoup plus derrière mais tout ce monde s'étale en fonction du rythme de chaque cordée. Heureusement ! Le panorama s'ouvre de plus en plus avec au fond un sommet plus haut que tous les autres où nous aurions pu être aujourd'hui... mais pas de regrets à avoir, nous sommes tellement bien ici !


On a pris notre rythme de croisière, on monte régulièrement malgré l'altitude qui commence à se faire sentir. Le Dôme se rapproche...


Passage sur une crevasse, dire qu'il y en a qui montent sans être encordés... Drôle de choix.


Dernière pente avant la grande traversée sous la Barre.  Le Dôme est maintenant tout proche.


Derrière nous la troupe suit toujours.


On accède au but, plus qu'une traversée à faire et la rimaye à franchir. Patrick et Romain regarde plus haut vers la Barre mais nous n'irons pas aujourd'hui...


8h45, arrivée au Dôme des Ecrins, 4015m. Nous aurons mis 5h pour y parvenir depuis le refuge du glacier Blanc, un horaire de sénateur mais il y a de la longueur et nous avons pris notre temps.


Les trois compères au sommet, heureux. Et le 1er "4000" français pour Patrick !


On ne reste qu'un quart d'heure au sommet, le vent rafraîchit l'atmosphère et on laisse la place aux nombreuses cordées qui arrivent. On a le privilège de chausser les skis au sommet, la rimaye se passant facilement pour des skieurs de notre trempe ;-)


La descente s'annonce bonne mais sans plus, le vent a malheureusement chassé la neige fraîche tombée dans la nuit de vendredi à samedi. Pas suffisant pour qu'on boude notre plaisir !


On laisse la Barre derrière nous et les quelques gars qui s'y attaquent. De ce qu'on a pu voir, un seul parviendra au Pic Lory (petite pointe blanche à droite), on ne sait pas s'il aura continué jusqu'au sommet de la Barre (à  l'extrême gauche).


J'avais en tête d'aller jeter un œil à la brèche des Ecrins qui offre un beau point de vue sur le versant glacier Noir mais nous faisons demi tour car des plaques de glace en barrent l'accès. Dommage ! Cela nous oblige à effectuer une traversée un peu exposée au dessus d'une grande crevasse qui barre la face et qu'il nous faut contourner. Rien de bien méchant mais il ne faudrait pas tomber ici.


Pas du grand ski... mais du bon ski malgré tout dans cette face.


A 10h nous prenons le pique nique à l'abri sur le glacier Blanc. J'en profite pour soigner une ampoule, merci Patrick qui a du Compeed et Romain du Strappal... Je fais rarement des ampoules mais aujourd'hui j'en ferai deux grosses (une à chaque pied), surprenant !


On mange devant la face qu'on vient de descendre, satisfaits de notre première partie de journée. J'en profite pour motiver Patrick à nous accompagner ensuite au Col de la Grande Sagne. Il n'est pas très motivé mais finira par se laisser convaincre.


Et c'est reparti pour une courte mais intense remontée vers le Col de la Grande Sagne, à la poursuite de 7 autres personnes qui ont eu la même idée que nous.


C'est assez court (200m de dénivelé) mais la fatigue commence à se faire sentir et il faut mettre les crampons aux pieds et les skis sur le sac pour remonter la pente finale plus raide.


Dernier effort pour Patrick qui garde le sourire malgré la fatigue ;-)


Romain a pris de l'avance et nous attend au col.


Au col, une cordée s'engage dans le raide couloir qui descend versant glacier Noir. C'était l'itinéraire de descente qu'on avait également prévu mais nous n'irons finalement pas car les conditions sont médiocres. La suite nous donnera raison car nous apprendrons plus tard (via skitour) qu'ils seront contraints à remettre les crampons dans la partie la plus raide (neige béton) et que la partie basse sera remplie de boules difficiles à skier...


Côté Nord par contre c'est bonne neige et bon ski pour rejoindre le plateau du glacier Blanc.





On tourne le dos à la Barre et on profite de la glisse sur le glacier (quel plaisir comparé à la version estivale quand il faut traverser à pied !) pour retraverser vers la rive gauche.


Une belle descente vers la Pré de Madame Carle.



Derniers virages devant le front du glacier avant de rejoindre le refuge.


Et descente finale avec les skis à nouveau sur le sac et au milieu de dizaines d'italiens... Vraiment surprenant !


Retour au Pré de Madame Carle à 13h où on ne s'arrêtera même pas au refuge Cézanne pour boire une bière. C'est qu'on a de la route pour rentrer et qu'on a des bières au frais dans la voiture...


Bilan : on n'a pas fait le Mont-Blanc mais on s'est bien fait plaisir quand même !!! (et ce n'est que partie remise...)

samedi 9 mai 2015

Dôme des Ecrins J1

On avait réservé ce week-end du 8 mai de longue date pour un projet d'envergure... mais la météo incertaine sur le massif du Mont-Blanc nous fait annuler et chercher une solution de repli. C'est fort logiquement que je propose le Dôme des Ecrins, un sommet que ni Patrick ni Romain n'ont encore foulé (et moi pas encore skié), un plus de 4000 (pour quelques mètres, 4015 exactement), un refuge où on est sûr d'avoir de la place même en appelant au dernier moment (en partant du refuge du Glacier Blanc), le soleil des Hautes-Alpes annoncé, ... Nous voilà donc au Pré de Madame Carle en début d'après-midi, départ de la montée vers le refuge du Glacier Blanc.


Les sacs sont lourds (d'ailleurs Patrick a préféré monter en grosses) mais on monte à un bon rythme et sans trop souffrir de la chaleur, une petite bise rafraîchissant l'air juste comme il faut.


Sur ce sentier, le plus parcouru des Hautes-Alpes (jusqu'à 1500 par jour en été), les marmottes sont peu farouches et viennent même vous lécher les doigts, habituées qu'elles sont à se faire nourrir par les touristes.


Et même à cette époque de l'année, il y a déjà des promeneurs qui ne peuvent s'empêcher de les nourrir, inconscients qu'ils sont des risques que cela fait courir aux marmottes (qui stockent des graisses non adaptées à l'hibernation et risquent ainsi de ne pas passer le prochain hiver).


On chausse les skis ici, à l'altitude de 2200m environ, il reste 300 mètres de dénivelé effectués skis aux pieds pour rejoindre le refuge. Il y a 60 ans, le front du glacier (bien visible dans l'axe) se situait à peu près ici, il est désormais là-haut, preuve s'il en est du recul glaciaire généralisé sur les Alpes.


A 16h15 nous sommes au refuge où nous n'avons plus qu'à profiter de cette fin d'après-midi à passer face aux grands sommets du massif qui dominent le glacier noir. Je n'ai encore été sur aucun d'entre-eux, ça laisse de quoi rêver encore longtemps !


Après un bon repas servi à 18h30, on rentre les skis et on file tôt (21h) au dortoir, demain on se lève tôt...


vendredi 8 mai 2015

P'tit tour à vélo

Ce 8 mai était annoncé pluvieux - et il l'a été en matinée - mais l'après-midi fut finalement plutôt ensoleillée, l'occasion de faire un petit tour à vélo avec Marie et Emma (Elise étant à l'anniversaire de Lise et Clara). Direction Le Gua où la montée fut quelque peu difficile !


La descente ne fut pas non plus une partie de plaisir pour Emma, mains sur les freins du haut jusqu'en bas. Il faut qu'elle prenne confiance mais c'est plus facile à dire qu'à faire, ça finira bien par venir...


Par contre pour ce qui est de faire des cabanes et de s'inventer des histoires, elle n'est pas la dernière !


jeudi 7 mai 2015

Pas de la Balme

Aujourd'hui c'est "trail printanier" au départ du parking du Muret (derrière le col de l'Arzelier). Comparativement à la version hivernale de décembre dernier une chose est sûre : ça va nettement plus vite baskets aux pieds et sur terrain sec ! Par contre le paysage est tout aussi beau, d'ailleurs je double pas mal de promeneurs qui profitent comme moi de la piste qui relie le Col de l'Arzelier à Saint-Andéol.


Vers 1400m, je croise une 1ère bande de neige qui coupe le sentier, résidu d'avalanche descendue de la Petite Moucherolle qui ne devrait pas tenir bien longtemps vu les chaleurs actuelles. Il n'y a pas de quoi mouiller les baskets et c'est tant mieux.


Au lieu-dit "Les Poules" (1501m), je croise le sentier qui vient du Pré Achard, chemin que je prendrai au retour. Je suis sorti de la forêt et désormais au soleil pour un petit moment. D'ici la vue est bien dégagée sur la Grande Moucherolle et Soeur Agathe.


L'objectif est là haut, c'est le Pas de la Balme (1839m). Pour y parvenir le sentier se faufile dans les barres rocheuses, ça ne paraît pas évident vu d'ici mais en fait ça passe très bien. Toute la barrière orientale du Vercors s'étale devant moi, au fond le Grand Veymont et à sa gauche le Mont Aiguille qui se détache.


Nouvel embranchement sous les falaises, c'est le Mulet du Curé (ça m'intéresserait bien de connaître l'origine de cette appellation...).

Remarque de Nicole et Gaby : cela rappelle cette histoire en patois dont Sonia se souvient très bien : 
C'est le curé de la Ferrière qui recevait l'archevêque et comme il n'avait rien à manger , il a demandé au sacristain d'aller chercher un mouton dans la montagne avec son âne pendant la messe pour que personne ne le voit . Mais le sacristain tombe avec l'âne dans un ravin et il revient seul au milieu de la messe : le curé le voyant entrer dans l'église chante en patois "as-te pou ramena su que fait "bêê bêê" ?" le sacristain répond en chantant : "non  me si perillé bas pe le rôtse avoé su que fé "hi han"

L'histoire vaut-elle pour ce lieu ? En partie peut-être !


A partir de là le chemin se redresse et je passe en mode "marche rapide" sur certaines portions. Je double trois randonneurs dans le dernier ressaut rocheux avant le Pas de la Balme. Quelques bouquetins se trouvent dans les rochers au dessus du sentier mais ils sont trop loin pour les prendre en photo avec le téléphone.


Un bien joli passage où on ne peut que s'arrêter pour profiter du lieu !

 

Et la très panoramique traversée qui suit n'est pas mal non plus.



Une vue à 180° pour vous faire entrevoir l'ambiance de ce lieu, décidément un joli coin que je n'avais visité qu'une fois avant aujourd'hui : le 25 juillet 2007, en compagnie du Corse (Gaby), nous avions fait la traversée des Moucherolles en boucle depuis le col de l'Arzelier.


Pas de la Balme atteint en 1h05 pauses comprises (passage du pantalon au short, photos...), confirmation que la forme est bien là. Deux possibilités s'offrent alors : Tête des Chaudières à gauche ou  Roche du Coin à droite (sans compter une troisième : redescendre !). Après réflexion je décide finalement de continuer vers la Roche du Coin, laissant la Tête des Chaudières derrière moi.


Même si je suis à proximité des pistes de ski de Villard-de-Lans, je suis bien au pays des bouquetins comme celui-ci perché sur son balcon.


Le zoom étant franchement mauvais sur l'iphone, je suis contraint de m'approcher au plus près pour faire une image correcte, m'obligeant à côtoyer un peu le bord des falaises ce qui n'est pas pour me déplaire.


Au zoom, même si l’image est vraiment à jeter, on voit bien que l'animal est en train de perdre son pelage d'hiver, il "peluche" de partout.


Je continue vers le haut et arrive au sommet du télésiège du Belvédère d'où la vue est pour le moins sympathique.



Je passe outre les recommandations...


Et plonge dans le couloir Est de la Petite Moucherolle que j'avais skié en mars 2012. Cette fois c'est baskets aux pieds qu'il va falloir descendre et ça paraît nettement moins facile qu'à ski.


Vingt minutes pour descendre la partie haute la plus raide... mais en comptant 10 minutes de pause pour un coup de fil boulot. Je suis plus rapide que je pensais dans ce type de terrain à chamois (ou à bouquetins), l'habitude de crapahuter apporte quelques bénéfices !


Je mets 40 minutes pour rejoindre le sentier qui coupe les pentes vers 1500m, soit une descente d'environ 500m de dénivelé hors sentier où les chaussures de randonnée auraient été plus adaptées que les baskets.


La suite est plus "roulante" et c'est bien agréable après le terrain à chamois. Le sentier traverse sous les Moucherolles pour rejoindre Pré Achard, c'est quasiment plat et je peux à nouveau trottiner.


Passage probablement le plus risqué de la balade...


Pour finir, descente par la piste de Mauret et passage devant la cabane dans les arbres où je viendrais volontiers dormir avec Sonia !


Une boucle de trois heures pour quelques kilomètres (une quinzaine ?) et 900 mètres de dénivelé, de quoi maintenir la forme pour d'autres projets à venir...

mercredi 6 mai 2015

Maintenance

On a beau faire de son mieux au moment de la fabrication, il y a toujours quelques défauts plus ou moins importants au final. Pour Marie c'est la scoliose et donc l'obligation de porter un corset (un de jour et un de nuit) pour les 18 mois à venir. Pour Elise, ce sont les oreilles qui ont toujours été source de problèmes et cela a abouti à l'opération du tympan gauche ce matin. Quant à Emma, on n'a pas encore identifié le point fragile...



dimanche 3 mai 2015

Semaine Romande

Fin d'une semaine passée en Suisse sur le Tour de Romandie cycliste, malheureusement avec pas mal de pluie au programme.


Tour commencé par un contre-la-montre par équipe.


On a profité des douceurs locales (personnellement je n'ai pas goûté aux asperges de M. Dussex...) et à défaut d'être vraiment en montagne j'ai quand même pu contempler le Grand Combin (4314m) lors de l'étape de samedi qui finissait à Champex-Lac.


vendredi 1 mai 2015

1er mai


De la préparation... à la récompense. Personne ne pensait que ça marcherait aussi bien !
Les jeunes peuvent dire merci à leurs grands-parents, les brins de muguet n'ont pas coûté cher...