mercredi 20 avril 2016

PDG (III)

Je n'ai pas vraiment dormi, l'altitude et le stress de la course ont joué à plein, mais j'ai quand même réussi à somnoler un peu. Le lever n'est même pas difficile ! A minuit je suis seul dehors à la tente de chronométrage et m'assure que tout fonctionne comme il faut. Je remonte un peu plus haut d'où je peux voir le point de contrôle suivant - le col de Bertol - où Christophe doit lui aussi être à pied d’œuvre. Les meilleurs mettront moins de 25 minutes pour s'y rendre, en pleine nuit, chapeau !


La tente des secours (qui est aussi mon dortoir) est prête à accueillir les participants en perdition. Il y en aura quelques-uns dont deux seront évacués par hélico au petit matin car dans un état d'épuisement avancé (certainement favorisé par le refroidissement : le vent s'est levé et il fait environ -15°C au passage à notre point).


La première équipe passe vers 1h45 du matin, elle a creusé l'écart avec les suivantes. Puis ça s'enchaîne et ça durera comme ça jusqu'aux derniers à 6h.


Même si le tracé est jalonné, cette portion se fait sur un glacier très crevassé et vous remarquerez que les coureurs ont l'obligation d'être encordés. Il faut savoir que l'épreuve a été endeuillée lors de sa 3ème édition en 1949 : une patrouille y a disparu sur ce glacier du Mont Miné, les 3 corps n'ont été retrouvés que 8 jours plus tard, au fond d'une crevasse...



Dommage pour cette photo qui est floue mais c'est la seule que j'ai qui montre la zone située juste après mon point de chronométrage, là où les patrouilleurs enlèvent les peaux de phoque et s'habillent avant d'attaquer la descente vers Bertol.


A 3h10 du matin c'est le passage de l'équipe de Pippa Middleton, que je ne vois même pas au milieu de l'attroupement. Je dois avouer que tout le monde ne parlait que de ça au repas du soir mais que je ne savais même pas de qui il s'agissait, mon manque de culture people s'avère vraiment total (ils termineront en un peu moins de 14h, les premiers mettant 7h26). A 6h du matin les derniers sont passés, on peut enfin aller se coucher alors que le jour se lève.


Dans le duvet vers 7h30, le temps que les deux patrouilleurs en détresse soient évacués par hélico, et c'est un endormissement rapide, pas de problème cette fois-ci, la fatigue ça aide ! Je me réveille vers 11h en entendant une voix connue dire : "il est là Olivier ?". C'est Christophe qui a décidé de me rejoindre après avoir fait une nuit blanche ! Il est bien fatigué et ne restera pas longtemps, on se donne rendez-vous pour demain (un jour entier de libre qu'on souhaite mettre à profit pour se balader) et il repart un peu avant midi en compagnie d'un autre gars qui rentre sur Arolla. De mon côté, après le déjeuner, je m'offre un temps de lecture puis une bonne sieste qui me permet de bien récupérer. La vie dans un camp d'altitude, c'est aussi ça : du temps passé à ne rien faire !
Entre 16h et 18h30 je fais à mon tour l'aller-retour entre notre camp et celui de Christophe avec un guide, un militaire suisse et un militaire français. L'occasion de constater que le parcours sur le glacier ressemble à une vraie piste de station suite aux nombreux (plus de 1200) passages de la nuit. Les jalons disposés tout du long ajoutent à cette impression d'être sur une piste sécurisée.


Après une belle descente et une grande traversée, il faut remettre les peaux pour une courte remontée qui nous amène au col de Bertol.


Nous voilà presque rendus : col de Bertol (on aperçoit la tente blanche où se trouve le point de chronométrage de Christophe) et le refuge perché sur son piton rocheux.


Un beau nid d'aigle que ce refuge de Bertol !


Y monter n'est pas une sinécure, il faut emprunter des échelles quasiment verticales, ce qui nécessite un vrai effort à cette altitude (3311m), le cardio monte vite !



Depuis l'entrée du refuge, on a une belle vue sur le glacier du Mont Miné et la Dent blanche (à gauche), on aperçoit juste le sommet du Cervin à droite duquel se trouve notre camp de Tête Blanche. Trois skieurs ont skié la pointe de Bertol à droite, ça avait l'air bien bon.


Après avoir avalé un petit verre de vin offert par les militaires suisses puis une bière au refuge, on prend le chemin du retour. Du coup je n'ai pas vu Christophe qui est dans son dortoir et doit probablement dormir... C'est parti pour la longue remontée du glacier du Mont Miné dominé par la Tête de Chavannes (3671m) et son beau couloir bien tentant. J'irai y faire un tour vendredi matin, mais ça je ne le sais pas encore... Notre camp est en ligne de mire à gauche du sommet de Tête Blanche, nous y serons dans 1h30 environ.


Retour au camp pour le repas du soir qui sera du civet de cerf (si si !), puis la soirée se passe tranquillement à discuter puis lire.

mardi 19 avril 2016

PDG (II)

Au réveil, c'est le grand beau. Nous savons que nous allons pouvoir voler... et j'ai d'ailleurs rapidement un coup de téléphone du major chargé des transports : nous devons être présents à l'héliport dès 7h30.


Le temps d'un rapide petit-déjeuner et nous y sommes finalement à 7h45. C'est une sacrée organisation et  nous attendons notre tour alors que les rotations s'enchaînent. Les groupes se forment en fonction des destinations, je ne vois même pas Christophe partir, occupé que je suis à préparer mes affaires (il ne s'agit pas d'oublier quelque chose en bas) et à discuter avec les uns et les autres.
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Mon tour arrive, il est 8h50, l'heure de monter dans le Super Puma avec une dizaine d'autres personnes et pas mal de matériel. Mon baptême en matière d'hélicoptère de l'armée, un moment dont il faut profiter car pas sûr de le revivre bien souvent !



 Moins de 10 minutes plus tard nous sommes déposés sur le glacier à 3650m d'altitude. Efficace l'engin !


Me voici arrivé au camp de Tête Blanche qui sera mon lieu de vie pour les cinq jours à venir. Rapides présentations avec les équipes déjà sur place (armée suisse, guides suisses... et surprise, mes voisins du 7ème BCA de Varces !) et je m'attelle tout de suite à la tâche, à savoir le pelletage pour enfouir la boucle de détection sur laquelle les "patrouilleurs" (les concurrents) passeront ce soir. Un travail pas si facile à cette altitude mais je m'en sors plutôt bien, même si je suis assez vite essouflé je craignais de souffrir plus que ça .


Après une bonne heure de travail en solo, je suis bien content que les chasseurs français viennent me prêter main forte pour finir de dégager l'espace où sera installée ma tente de chronométrage.


S'ensuit un repas surréaliste : service à table en terrasse à 3650m d'altitude avec la Dent Blanche (4357m) en toile de fond, le pied !


Après le repas, je finalise l'installation du matériel de chronométrage, fais quelques tests... et m'empresse de profiter des lieux : je m'équipe et rejoins un groupe parti à Stöckji, autre point de contrôle situé 500m plus bas sur le glacier. Une belle descente en poudreuse, ça ne se refuse pas ! De ce point - où on remet les peaux pour remonter - la vue est fantastique sur les deux géants des lieux : le Cervin (4478m, au milieu) et la Dent d'Hérens (4174m, à droite).


La remontée se fait tranquillement, en suivant les jalons disposés pour la course de ce soir.



Je ne m'arrête pas au camp et pousse jusqu'au sommet de Tête Blanche (3707m) d'où la vue est juste somptueuse. Au premier plan, la Tête de Valpelline (3799m) que je compte évidemment visiter dans les jours à venir (Cervin et Dent d'Hérens n'étant pas vraiment au programme...).


Trois militaires suisses, deux militaires français et un objecteur de conscience entre Cervin et Dent d'Hérens.


Retour au camp où chacun s'installe, c'est plutôt confort : lit de camp de l'armée et tente chauffée, je m'attendais à plus spartiate. Je suis avec l'équipe sanitaire, composée de trois médecins et deux infirmiers, je suis bien entouré en cas de pépin de santé ! Il y a même un caisson hyperbare en cas de MAM (Mal Aigu des Montagnes)...



 Entre 17h30 et 20h, à part le moment du repas, je reste dehors pour profiter du spectacle. Les photos se suffisent à elles-mêmes...







 Couchage vers 20h30 avec un réveil que je règle sur 23h30, les premiers patrouilleurs partent de Zermatt à 22h et sont attendus ici au mieux à 1h du matin.

lundi 18 avril 2016

PDG (I)

Cet acronyme signifie pour la grande majorité des gens Président Directeur Général, pour moi c'est surtout la Patrouille des Glaciers, célèbre course de ski alpinisme qui se déroule tous les 2 ans entre Zermatt et Verbier dans les Alpes suisses. J'ai eu la chance d'être intégré à l'équipe de chronométrage (pour une boîte suisse) et de passer ainsi près d'une semaine en altitude (à 3650 mètres)... Une expérience qui ne s'oublie pas !

La semaine commence à la caserne de Sion (l'épreuve est organisée par l'Armée suisse) par une formation sur les outils de chronométrage et de vidéo que nous allons devoir mettre en œuvre là-haut. Nous sommes neuf français dont mon frère Christophe et mon pote Yoan que j'ai embarqués dans l'aventure. Rien de très compliqué mais il vaut mieux être attentifs et poser les questions maintenant car ce sera plus difficile une fois postés en haute montagne.

Etalage de la carte au 1:50000 spécialement éditée pour l'occasion. Qualité suisse, un vrai collector que j'ai d'ailleurs conservé précieusement, j'ai toujours adoré les cartes ! Elle couvre l'ensemble du parcours entre Zermatt et Verbier et le tracé de la course est indiqué avec nos postes de contrôle.


Nous chargeons ensuite le matériel dans nos voitures et prenons la route direction Arolla, petite station située dans le fond du Val d'Hérens d'où nous devons partir vers les hauteurs. Seul problème, la météo n'est pas bonne et les hélicos ne peuvent pas décoller. Nous passons l'après-midi dans un bistrot à jouer aux cartes et boire des bières (...) et sommes finalement hébergés au centre alpin d'Arolla, une nuit passée à 2000m d'altitude qui sera sûrement bénéfique en matière d'acclimatation avant les nuits à venir beaucoup plus haut...

samedi 16 avril 2016

Travaux

Le bâtiment a été livré en 2007, les boiseries extérieures commençaient à souffrir, il était temps de faire quelque chose... Nous avions demandé des devis mais finalement on n'est jamais mieux servi que par soi-même. Et en plus on fait des économies !

Ce qui prend le plus de temps : le ponçage.
Travail à la nacelle, ça aussi ça prend du temps !
Au fond un panneau non encore peint, à droite celui que je viens de faire
 En une journée 1/2 nous aurons bouclé ponçage et lasure sur les bandeaux extérieurs et les panneaux de protection des portes. On est content. Reste à faire les montants de l'escalier et de la coursive...

samedi 9 avril 2016

MBM

Le MBM, c'est le Marathon de Bordeaux Métropole.
La 2ème édition a lieu ce samedi 9 avril. La particularité de cet événement est que les courses se déroulent le soir : départ à 19h pour le semi-marathon et 20h30 pour le marathon.

Toutes les inscriptions (plus de 20000) se sont faites dans l'application Njuko et nous sommes sur place pour veiller à ce que la distribution des dossards - via tablettes - se déroule bien. Ce sera une belle réussite, ce  qui me conforte dans le choix de mon virage professionnel !


Une fois le retrait dossards terminé, le job est fini et je rejoins la ligne d'arrivée pour voir comment travaille la société qui assure le chronométrage. Je me présente et leur donne finalement un coup de main pour l'arrivée du semi. Chassez le naturel, il revient au galop !


Ambiance de fête avec musique et lumières sur la place de la Bourse. Mais je dois aller me coucher tôt, mon avion de retour décolle à 7h20 demain matin...


mercredi 6 avril 2016

Biarritz

Les bureaux de mon nouveau job sont à Biarritz. Je les découvre aujourd'hui - ainsi que mes nouveaux collègues de travail - et ils sont ma foi plutôt sympathiques (tant les bureaux que les collègues). Vue sur mer (ou plutôt océan) depuis mon poste de travail, ça change de Grenoble ! Le soir je suis à l'hôtel en ville et à peine ressorti je vois ces deux gars sur un scooter avec la planche de surf sous le bras ; décidément je suis loin de mon cadre habituel...


Il n'est que 19h40, j'ai le temps de faire un tour avant de chercher un coin pour manger. Je file donc à l'océan où j'en prends plein les yeux à cette heure où le soleil est bas sur l'horizon. Quel cadre !


Quelques dizaines de surfeurs profitent de cette fin de journée. Voilà un endroit où il fait bon vivre...


Je suis le "Chemin de la côte des basques" et découvre le Rocher du Basta. Très chouette endroit.


 Passage par le Port des pêcheurs, encastré entre les rochers et les digues qui le protègent des assauts de l'océan.




Je vais jusqu'au Rocher de la Vierge, poste avancé de la côte dont l'accès est certainement fermé les jours de tempête !




Retour tranquille au soleil couchant avant de trouver un bar où je mangerai une tartine basque accompagnée d'une bière en regardant le match de foot (PSG-Manchester City : 2-2). Sympathique ces premières heures passées dans le pays basque...

dimanche 3 avril 2016

Boucle de l'Echaillon

De retour de Paris où j'ai passé la semaine pour le boulot (notamment pour le salon du Marathon), je ne peux m'empêcher d'aller faire un tour sur les hauteurs de Vif en fin d'après-midi. Ce n'est pas la grande forme, impossible de maintenir le rythme en courant, il me faut 35 minutes pour rejoindre la cabane des chasseurs.


Le temps est perturbé mais il ne pleut pas, en tout cas pas encore... Par contre un fort vent de Sud balaye la colline d'Uriol d'où je domine la plaine de Vif.


Sonia m'avait dit que les jonquilles étaient sorties, ça se confirme lorsque je vais à leur recherche en faisant un détour sur l'arête menant au Pieu. Je ramènerai donc un bouquet pour Madame !


Descente par l'Echaillon, l'occasion de passer à la source de nos ennuis récents concernant la pollution de l'eau qui a contaminé quasiment toute la population de la commune de Vif. Un épisode qui laisse des traces, je suis moi-même dans une forme très relative et me demande dans quelle mesure cette bactérie n'en serait pas la cause...


Un petit tour d'une douzaine de kilomètres et environ 700m de dénivelé qui va laisser des traces : n'ayant pas chaussé les baskets depuis décembre (suite à ma déchirure à la cuisse), la descente en courant me procurera des courbatures pour les quatre jours à venir...

Apprentissage

Marie continue les leçons de conduite encadrées par l'auto-école.
Et si le week-end on va faire un tour dans la plaine, on en profite pour voir l'évolution de son apprentissage (mais chut, c'est interdit...).