Le circuit débute par une traversée vers le Nord pour rejoindre le sentier du Diable qui permet d'accéder au sommet du Pérollier où je n'ai jamais mis les pieds. Ce départ en forêt au milieu du brouillard est juste magique après deux mois de confinement : quel plaisir de se fondre ainsi dans la Nature !
Comme espéré, je passe rapidement au-dessus de la couche nuageuse mais constate que ce n'est pas le soleil qui m'attend à l'étage supérieur : un ciel voilé a remplacé le beau temps vu sur les webcams 2h plus tôt. Ce n'est pas bien grave, rien ne peut m'empêcher aujourd'hui d'être pleinement heureux de me balader en montagne.
Superbe ambiance dans ces grandes pentes mi herbeuses mi caillouteuses qui plonge dans la mer de coton. Au fond, le Vercors a droit au ciel bleu : c'est là-bas que j'aurais dû me rendre !
Sommet du Pérollier (2183m) qui domine les pistes de l'Alpe du Grand Serre. En face, le Taillefer résiste encore au déneigement mais plus pour très longtemps...
De mon perchoir, j'ai la suite du programme sous les yeux : il va s'agir, après une courte descente au col de l'Ollière, de remonter en face sur le bord droit du grand névé jusqu'à rejoindre l'arête issue de l'Oreille du Loup, puis de poursuivre jusqu'au sommet du Tabor, point culminant de ce petit massif qui porte son nom.
Quelques minutes plus tard, dans la montée vers l'Oreille du Loup, le Pérollier montre son plus beau profil (les Z du sentier du Diable, par lequel je suis monté, sont visibles dans les pentes à gauche).
Une fois rendu à la crête, je fais une rapide visite vers l'Oreille du Loup, empruntant le début de l'arête qui devient ensuite trop technique pour s'y aventurer sans matériel. C'est juste un repérage pour le jour où je reviendrai accompagné !
Le Tabor n'est plus très loin, j'y serai dans moins de 10 minutes.
Me voilà au point culminant du jour, au sommet du Tabor de Matheysine (2389m).
Mais la promenade est loin d'être terminée pour autant : je vais poursuivre sur la crête en direction du Sud jusqu'au Piquet de Nantes (2214m), puis descendre derrière pour une boucle qui me fera ressortir en bas à gauche sur son arête Est (au ras des nuages) d'où il me faudra remonter à la crête.
Un quart d'heure plus tard, je suis déjà bien loin du sommet du Tabor.
Les 200 mètres de dénivelé de descente au Sud du Piquet de Nantes sont bien raides, je ne m'y attendais pas ! J'arrive à un collu d'où je plonge côté Roizonne (donc à droite sur la photo).
Je descends encore 250 mètres de dénivelé sur un bon sentier que je quitte pour suivre une sente qui repart au Nord dans le flanc Est du Piquet de Nantes. Je me retrouve dans une ambiance ouateuse en pleine immersion dans la Nature. Je kiffe (comme disent les jeunes) !
Une zone où peu de randonneurs doivent venir - encore moins les 6 derniers mois avec l'hiver suivi du confinement - et où les chamois me surveillent à distance.
Il me faut maintenant remonter à la crête, ce qui va demander un bel effort car aucun sentier ne sillonne ce versant. Je vais moi aussi devoir faire le chamois...
35 minutes plus tard, je peux contempler d'où je viens : le plateau herbeux au ras des nuages. Et je peux même profiter un peu d'une belle éclaircie !
Plus qu'à rentrer par le sentier des Mouches et plonger dans le brouillard pour rejoindre la voiture.
La balade aura duré un peu plus de 5 fois la durée maximum de sortie autorisée quelques jours plus tôt. Une jolie reprise ma foi !





