samedi 16 mai 2020

Tabor et consorts

Pour marquer ce retour à la liberté de circulation en montagne, comme la météo n'est pas fameuse ce samedi, je choisis d'aller à proximité et opte pour les baskets plutôt que les skis. Me voilà donc au départ de St- Honoré où le brouillard est bien présent mais j'ai bon espoir de passer au-dessus car ce matin les webcams de Chamrousse montraient une mer de nuage autour de 1800 mètres d'altitude.


Le circuit débute par une traversée vers le Nord pour rejoindre le sentier du Diable qui permet d'accéder au sommet du Pérollier où je n'ai jamais mis les pieds. Ce départ en forêt au milieu du brouillard est juste magique après deux mois de confinement : quel plaisir de se fondre ainsi dans la Nature !  


Comme espéré, je passe rapidement au-dessus de la couche nuageuse mais constate que ce n'est pas le soleil qui m'attend à l'étage supérieur : un ciel voilé a remplacé le beau temps vu sur les webcams 2h plus tôt. Ce n'est pas bien grave, rien ne peut m'empêcher aujourd'hui d'être pleinement heureux de me balader en montagne.


Superbe ambiance dans ces grandes pentes mi herbeuses mi caillouteuses qui plonge dans la mer de coton. Au fond, le Vercors a droit au ciel bleu : c'est là-bas que j'aurais dû me rendre !


Sommet du Pérollier (2183m) qui domine les pistes de l'Alpe du Grand Serre. En face, le Taillefer résiste encore au déneigement mais plus pour très longtemps...

 
De mon perchoir, j'ai la suite du programme sous les yeux : il va s'agir, après une courte descente au col de l'Ollière, de remonter en face sur le bord droit du grand névé jusqu'à rejoindre l'arête issue de l'Oreille du Loup, puis de poursuivre jusqu'au sommet du Tabor, point culminant de ce petit massif qui porte son nom.


Quelques minutes plus tard, dans la montée vers l'Oreille du Loup, le Pérollier montre son plus beau profil (les Z du sentier du Diable, par lequel je suis monté, sont visibles dans les pentes à gauche).


Une fois rendu à la crête, je fais une rapide visite vers l'Oreille du Loup, empruntant le début de l'arête qui devient ensuite trop technique pour s'y aventurer sans matériel. C'est juste un repérage pour le jour où je reviendrai accompagné !


Le Tabor n'est plus très loin, j'y serai dans moins de 10 minutes.


Me voilà au point culminant du jour, au sommet du Tabor de Matheysine (2389m).


Mais la promenade est loin d'être terminée pour autant : je vais poursuivre sur la crête en direction du Sud jusqu'au Piquet de Nantes (2214m), puis descendre derrière pour une boucle qui me fera ressortir en bas à gauche sur son arête Est (au ras des nuages) d'où il me faudra remonter à la crête.


Un quart d'heure plus tard, je suis déjà bien loin du sommet du Tabor. 


Les 200 mètres de dénivelé de descente au Sud du Piquet de Nantes sont bien raides, je ne m'y attendais pas ! J'arrive à un collu d'où je plonge côté Roizonne (donc à droite sur la photo).


Je descends encore 250 mètres de dénivelé sur un bon sentier que je quitte pour suivre une sente qui repart au Nord dans le flanc Est du Piquet de Nantes. Je me retrouve dans une ambiance ouateuse en pleine immersion dans la Nature. Je kiffe (comme disent les jeunes) !


Une zone où peu de randonneurs doivent venir - encore moins les 6 derniers mois avec l'hiver suivi du confinement - et où les chamois me surveillent à distance.


Il me faut maintenant remonter à la crête, ce qui va demander un bel effort car aucun sentier ne sillonne ce versant. Je vais moi aussi devoir faire le chamois...


35 minutes plus tard, je peux contempler d'où je viens : le plateau herbeux au ras des nuages. Et je peux même profiter un peu d'une belle éclaircie !


Plus qu'à rentrer par le sentier des Mouches et plonger dans le brouillard pour rejoindre la voiture.


La balade aura duré un peu plus de 5 fois la durée maximum de sortie autorisée quelques jours plus tôt. Une jolie reprise ma foi !


dimanche 10 mai 2020

Uriol (9)

Voilà donc la dernière sortie dans le périmètre de 1 kilomètre de cette période inédite de confinement.
Une sortie sous la pluie mais ça fait quand même toujours du bien.
La liberté, c'est pour demain !


vendredi 8 mai 2020

Petit craquage

C'est à 3 jours de la fin du confinement que je craque : je m'offre une montée jusqu'au sommet du Pieu.
Bien petit craquage, il faut bien l'avouer, dans le sens où je n'ai croisé strictement personne là-haut et n'ai pas franchement pris des risques majeurs... 

Que ça fait du bien de prendre de la hauteur !

En l'occurrence, 960 mètres de dénivelé séparent Vif du sommet du Pieu

Les gentianes sont de sortie

Les asphodèles aussi

jeudi 7 mai 2020

Dans le rétro (15)

7 mai 2000 - Mont Blanc du Tacul

Voilà le style purement chamoniard, celui qui se différencie de tous les autres massifs : un sommet de renom à plus de 4000 mètres, mais un faible dénivelé positif grâce au téléphérique de l'Aiguille du Midi ! J'en ai fait peu de ce type, c'est vrai. Mais il faut quand même bien avouer que ce n'est pas désagréable même si ça pique un peu le porte-monnaie !

Il y avait avec moi ce jour là : papa (qui nous avait attendu au refuge des Cosmiques avant de descendre la Vallée Blanche avec nous), deux frangins (Christophe et Sébastien) et les potes (Yoan, Badot, Fred et Bruno).

La face Nord du Mont-Blanc du Tacul et le refuge des Cosmiques

Au pied de la face

Le passage de la rimaye

La croupe neigeuse et le sommet rocheux (4248m)

Au sommet

dimanche 3 mai 2020

Dans le rétro (14)

3 mai 2009 - Mont Pourri (3779m) avec Patrick

Dans la série des beaux sommets, celui-là tient une bonne place malgré son nom pourtant peu séduisant. Sa première ascension fut réussie en solitaire - c'est peu commun - en 1861 par le célèbre guide Michel Croz (décédé 4 ans plus tard lors de la première du Cervin aux côtés d'Edward Whymper). C'est le second plus haut sommet de Vanoise (et de Savoie d'ailleurs) après la Grande Casse et est taillé pour le ski.

Nous concernant avec Patrick, nous l'avions fait en boucle depuis la station des Arcs 2000 avec un départ le samedi à 17h pour monter au refuge bivouac du Grand Col (où la nuit fut plutôt glaciale). Le lendemain, nous avions atteint le sommet via le Col des Roches et avions profité de superbes conditions. J'ai encore ancré en moi les sensations ressenties lors des premiers virages sous le sommet, un peu l'impression de skier avec le monde sous les pieds ! Un vrai bon souvenir que je suis heureux de partager avec Patrick !

Samedi fin d'après-midi, temps mitigé...
Le Grand Col (2935m) est au centre de la photo, c'est là que nous dormirons
La cabane du Grand Col
Confort sommaire... mais suffisant !
Skis aux pieds à l'aube du dimanche (6h15 du matin)
En route pour le Col des Roches
Le sommet du Mont Pourri vu depuis le Col des Roches
Descente du Col des Roches, le seul passage un peu technique de la journée
Le sommet se rapproche !
Vue du sommet dominant la vallée de Peysey Nancroix
Nos trognes de vainqueurs !
Ski grand large
Un glacier peu tourmenté, mais un beau sérac quand même !
Une descente 5 étoiles
Le plus dur sera la remontée vers les Arcs depuis le refuge du Mont Pourri...

vendredi 1 mai 2020

Dans le rétro (13)

1er mai 1995 - Bishorn (Valais)

C'était il y a 25 ans... Eh oui, ça fait un bail que je fais de la rando !

Ce fut la première journée (29 avril) la plus difficile avec un départ de nuit de Pontcharra, pas moins de 4 heures de route pour se rendre à Zinal puis la longue montée à la cabane de Tracuit (1600 mètres de dénivelé). Mon frangin Christophe ayant fait la fête la veille au soir avait fait une quasi nuit blanche et couler une monstre bielle dans la montée, il s'en souvient encore !

Le lendemain avait commencé par une séance de recherche d'ARVA autour du refuge, la météo n'étant pas vraiment pas bonne (neige et brouillard). Nous avions quand même profité d'une éclaircie dans l'après-midi pour cocher la Tête de Milon (3693m) avec un traçage en règle dans la neige fraîche et une descente à l'aveugle car le brouillard nous avait repris au sommet.

Le 1er mai, tous les voyants furent au vert avec une météo splendide et de la poudreuse à gogo. Nous fîmes les deux sommets du Bishorn (le sommet proprement dit + la pointe Burnaby) et la descente fut de grande qualité depuis 4153m jusqu'à Zinal soit près de 2500 mètres de dénivelé, descente ponctuée par les coups de canon de l'armée suisse car le fond de vallée de Zinal est une zone militaire

Que de bons souvenirs !

Préparation au départ

Une montée qui se mérite !
On profite de l'éclaircie

En route pour la Tête de Milon (cabane de Tracuit, 3256m, visible en arrière-plan)

Sommet de la Tête de Milon, zéro visibilité !

En route pour le Bishorn dont on voit le sommet dès le départ

Une montée régulière pour atteindre les 4000 mètres

Contre plongée sur fond d'Oberland (refuge toujours visible tout en bas dans le col)

Christophe, bibi et Patrick au sommet du Bishorn (4153m) sur fond de Weisshorn (4506m)

Au sommet de la pointe Burnaby (vous noterez la belle couleur de ma polaire de l'époque...)

Descente en poudreuse à 4000, on s'essoufle vite ! 

Mais quelle descente !!!