Cette traversée, je l'avais tentée en juillet 2005 avec mon père et mon frère aîné mais nous avions fait demi tour vers 3000 mètres, chassés par la pluie. La pluie était aussi annoncée pour ce samedi et je craignais un peu que le scénario se reproduise... Ça n'a heureusement pas été le cas et nous même pu profiter des rayons du soleil le matin pour éclairer le beau rocher qui caractérise cette arête Est.
En 2005, nous avions bivouaqué au pied de la voie, cette fois nous dormons au camping de la Bérarde. Nous sommes cinq : Patrick, Romain, Rémy (un copain de Romain), Yoan et moi.
Après une courte nuit pour certains (Rémy ne supportant pas le ronronnement du torrent, il finira par s'installer dans la voiture pour atténuer le bruit), le départ est donné à 5h15 du matin. Nous sommes à 1727 mètres d'altitude, le sommet quant à lui est à 3435 mètres... On a du pain sur la planche !
Ambiance à 6h30 alors que le jour se lève...
A 7h15, le soleil éclaire la Barre des Ecrins, l'Ailefroide et les Bans (de gauche à droite).
Nous rejoignons le départ de la voie un peu après 7h30 et nous organisons en deux cordées : Romain et Rémi d'un côté, Yoan, Patrick et moi de l'autre.
La suite n'est que plaisir : une progression à corde tendue sur des centaines de mètres d'arête d'une escalade facile où les prises abondent et sur un rocher de qualité, le tout sous le soleil. What else ?comme dirait l'autre !
Nous faisons une pause à 10h45, le petit-déjeuner commence à être loin et il est l'heure de se remplir un peu l'estomac ! A ma droite, Romain et Rémy sur fond de Barre des Ecrins / Coolidge / Ailefroide.
Nous repartons ensuite vers le haut pour la dernière portion de l'arête, plus redressée donc plus grimpante même si ça reste toujours dans le facile.
Au sommet, tout le cirque du Soreiller se dévoile : Plaret (à droite), puis l'enchaînement Aiguille Occidentale / Aiguille Centrale / Aiguille Orientale du Soreiller pour finir à la reine du secteur, l'Aiguille du Plat de la Selle. L'autre reine du secteur (la Dibona) a plutôt l'air d'une simple courtisane vue d'ici !
A partir d'ici, la qualité du rocher change totalement, la descente vers la brèche du Rouget se fait dans un couloir de roches instables dans lequel il faut faire attention à ne rien faire tomber. Ce sont Romain et Rémy qui prennent le plus de risques puisqu'ils sont devant nous !
Après une nouvelle pause sandwich à la brèche du Rouget, nous enchaînons vers le bas en mode dés-encordé et chacun descend à son rythme. Je remettrai quand même la corde pour assurer Yoan et Rémy sur la dernière partie plus vertigineuse, sous l’œil de Patrick et Romain, posés en bas sur un rocher...



