Jeudi et vendredi étaient les deux journées de la semaine à ne pas rater : grand beau temps et super neige dans nos massifs montagneux. Malheureusement, impossible pour moi de me libérer et la météo de ce samedi matin, au départ du Rivier d'Allemont, n'est pas aussi radieuse. Mais pas de quoi gâcher notre plaisir d'être là avec Romain et Lionel. Surtout qu'après une heure de montée, le maître des lieux - le Grand Pic de Belledonne bien-sûr - se dévoile à nos yeux.
Notre objectif : le tour du Pic Lamartine, la belle dent de requin située juste à droite du Grand Pic. Nous sommes là sur la classique montée du col de la Balmette.
Romain prend de l'avance : c'est le petit point qui se trouve au replat juste sous le col de la Balmette (au-dessus de lui à gauche). A partir de là, il va partir dans les pentes à droite et il devra tracer, personne n'ayant eu l'idée d'y aller ces derniers jours. Une bonne nouvelle pour nous : ça signifie que les pentes seront vierges derrière !
Le voilà en plein effort, il n'arrivera finalement au col que quelques minutes avant nous car une fois la trace faite, c'est beaucoup plus facile. Merci Romain !
Du col en question, la vue est superbe sur le Grand Pic et ses arêtes qui mènent jusqu'à la Croix. Ça donnerait presque envie d'aller faire la voie normale - qu'on voit quasiment en totalité - en mode hivernal !
Passage en mode descente et on file voir l'entrée du couloir NE qui plonge le long du Pic Lamartine. On n'osera pas s'y engager, une grosse accumulation à son entrée nous faisant craindre une plaque à vent. Nous sommes unanimes : si on se pose la question, c'est qu'il ne faut pas y aller ! Même si j'avoue une petite déception car j'étais déjà venu ici en 2008 et avait déjà raté ce couloir, l'entrée était glacée ce jour là...
Pas de regret, les grandes pentes à gauche sont excellentes, seul un léger phénomène de jour blanc nous empêche dans profiter totalement.
Une traversée nous ramène sous le couloir, les conditions sont top, ski grand large dans ces grandes pentes totalement vierges.
On remet les peaux au replat vers 2200 mètres, on suit une bonne trace qui file en direction ducol situé entre Roche Noire et la Pointe du Muret.
J'ai rapidement un soucis de peau qui se décolle, et c'est pareil pour Lionel. J'arrive à m'en sortir grâce à mon attache-ski qui me permet d'empêcher que la peau se décolle complètement... mais Lionel devra quant à lui finir la montée à pied tandis que Romain est loin devant.
Au col, vue splendide...
De l'autre côté, il y a du monde du côté du col de Roche Noire ! Avec Romain, on se remémore notre chevauchée sur cette arête qui relie le col au sommet du Rocher de l'Homme, c'était 15 jours avant la création de ce blog, en mars 2011 !
On suit des traces qui partent plein Nord et débouchent sur des barres rocheuses, nous obligeant à une fastidieuse remontée. Heureusement, c'est assez court mais exténuant pour Lionel qui est à pied.
On poursuit dans les pentes sous la Pointe du Muret où seules 2 traces et quelques chamois nous précèdent.
Confiants dans les traces que l'on suit, nous poursuivons le long de l'arête où le ski est excellent, sans nous douter que nous devrons à nouveau remonter ces pentes car nous arrivons encore au-dessus de pentes où on ne peut pas voir, vu du haut, si ça passe ou pas...
Après cette seconde remontée, où j'accompagne Lionel à pied histoire de partager les efforts, nous pouvons enfin trouver une issue vers le bas dans un superbe petit couloir qui se sera fait désirer !
Le passage des Rochailles qui suit est pas mal envahi par les vernes (alors qu'il n'y en avait quasiment pas en 2008) mais la neige y est là encore topissime. Nous terminons au Rivier à 14h30, soit 6h30 après avoir quitté la voiture et environ 2000 mètres de dénivelé dans les jambes. Un beau voyage belledonnien où nous n'aurons croisé personne ou presque, privilège rare...