Encore une balade en solo aujourd'hui, cette fois au départ de la station de l'Alpe du Grand Serre où je commence par emprunter la via ferrata de la cascade que j'avais déjà parcourue avec Elise et Emma le 3 juillet 2016. Elle était bondée à l'époque, j'y suis totalement seul ce matin.
Je suis en haut en une trentaine de minutes, je n'ai pas traîné (le panneau au départ indique un temps de parcours de une à deux heures).
Je continue vers le lac de Prévourey puis une rapide descente m'amène sur le chemin qui mène à l'autre via ferrata du secteur, celle du Grand Bec de la Roizonne. Je monte assez vite et double un groupe de 3 personnes qui s'y rendent également. Le sentier monte dans une belle forêt, passe près d'une cabane (la baraque du Périmètre) puis se poursuit dans de raides pentes dominées par les falaises où j'aperçois des grimpeurs.
Même si cette via ferrata est réputée pour être une véritable randonnée avec beaucoup de dénivelé, je suis surpris par la longueur de l'approche et je trouve que je monte bien haut. Le chasseur que je croise vers 2000 mètres d'altitude me confirme que je ne suis pas au bon endroit, je me suis laissé abusé par le pictogramme sur Iphigénie qui indique par erreur la via ferrata ici alors qu'elle se trouve en réalité de l'autre côté, accessible par la combe de la Blache.
Je redescends donc au pas de course, croise un autre via ferratiste qui, du coup fait aussi demi-tour, reviens à l'intersection où le panneau indiquant l'accès à la via ferrata a tout simplement disparu (au point 1526 sur la carte), ré-attaque la montée, double à nouveau le groupe de 3 - qui s'était également rendu compte de l'erreur d'itinéraire - et arrive enfin au départ de la via. Avec tout ça, il est déjà 12h25, il s'agit de ne pas traîner. Je m'équipe et démarre dans la foulée sur un beau pilier où je progresse rapidement pour m'arrêter 30 minutes plus tard faire une pause bouffe à l'ombre d'un pin.
Une pause de 10 minutes seulement, c'est qu'il s'agit de rattraper le temps perdu et je sais qu'il reste pas mal de chemin à faire ! L'itinéraire continue sur le fil de l'éperon, ce n'est pas difficile et diablement joli.
Me voilà arrivé devant la partie supérieure, la plus aérienne et aussi la plus difficile car assez athlétique (cotation D+). Le topo la présente ainsi : "itinéraire varié et aérien dans de grandes dalles ocres et noires, un gaz omniprésent avec une sortie mémorable au milieu des surplombs". De quoi être tenté d'aller y faire un tour, non ?
Je confirme, c'est raide d'emblée.
Et le gaz (le vide) devient rapidement omniprésent.
Le dernier ressaut demande un certain engagement avec une vraie ambiance montagne comme on retrouve en "vraie" escalade. Je repère deux personnes engagées dans la paroi, les voyez-vous ?
Allez, je vous aide un peu.
Il s'agit d'un adulte qui assure un enfant, ce dernier me semble bien jeune !
A mon tour de passer le crux de la voie. Je fais quelques images pendu à mon baudrier pour essayer de rendre compte de l'ambiance. U peu comme si vous y étiez !
Je rattrape le père et son fils (de 8 ans) pile au sommet, chapeau bonhomme ! On échange quelques mots et je file car j'ai en tête de continuer la balade vers le haut. Je leur enverrai les photos le soir même et le père me remerciera, a priori elles font la fierté du fiston...
Quelques hectomètres plus loin, le panorama s'ouvre sur le vallon situé juste derrière : le lac et la longue crête de Brouffier dominés au fond par la pointe su Sergent Pinelli. Un site que je suis plus habitué à voir couvert de neige et à sillonner skis aux pieds !
Aujourd'hui c'est en baskets que je remonte vers l'arête en direction du Pas de la Mine. Il n'y a personne dans le coin, si ce n'est 3 vautours qui planent majestueusement au-dessus de moi.
La Croix du Sergent Pinelli (2616m) est rapidement rejointe alors que les nuages sont malheureusement de plus en plus présents. Je poursuis quand même le long de l'arête et peux admirer la jolie pente que nous avons skiée début mai avec Lionel et Romain.
Je décide de faire demi-tour au niveau de ce beau cairn juste avant le sommet du Petit Taillefer. Le vent s'est levé et je n'ai dans mon sac qu'une fine polaire qui ne m'isole pas suffisamment. Quel con d'avoir oublié le coupe-vent (que j'ai habituellement toujours en fond de sac...) !
La descente se fait rapidement par l'arête jusqu'au Pas de la Mine puis directement à travers les alpages jusqu'au lac de Brouffier. Le soleil est à nouveau de la partie et le vent est faible au niveau du lac, j'en profite pour piquer une tête, seul au monde !
La dernière descente pour rejoindre La Morte me prendra une heure.


