samedi 12 février 2022

Goulotte de l'arche

Cette goulotte, ça faisait un moment qu'on en parlait avec Romain mais c'est finalement avec Lionel que je l'ai visitée ce samedi. Et le moins qu'on puisse dire est qu'elle a été à la hauteur de nos attentes : c'est un itinéraire vraiment esthétique et plus technique qu'on pensait a priori. Nous aurons bien appris aujourd'hui (notamment me concernant sur l'assurance en terrain d'aventure) et Lionel se sera bien battu pour forcer en tête les 2 passages les plus difficiles. 

Le départ est donné à 7h45 de Bourmenu (St Andéol), notre objectif est là-haut dans le gros pilier à droite du poteau électrique et nous partons à ski car nous voulons skier le couloir de la Peyrouse à la descente, Lionel ne l'ayant jamais parcouru.


30 minutes plus tard, le soleil éclaire les falaises et notre itinéraire se précise : approche par la trouée du couloir d'avalanche puis grande traversée vers la gauche pour rejoindre la base de la goulotte.


Encore 30 minutes pour être en haut de la trouée remontée skis aux pieds contrairement aux deux personnes à pieds et sans raquettes (visibles tout en bas sur la photo) qui galèrent sérieusement et qui ont dû prendre un sacré coup au moral en nous voyant les doubler !


Passage à proximité de la cabane de la Peyrouse, blottie en contrebas à gauche juste au dessus de la forêt. Au Sud, le Mont Aiguille et le Grand Veymont attirent immanquablement nos regards.


Mais c'est surtout vers la paroi des Rochers du Ranc Traversier que nos yeux se tournent, c'est là-bas que se faufile notre goulotte.


Nous prenons une vire supérieure qui nous amène à niveau du départ de la goulotte, ce n'était pas le meilleur choix car nous y arrivons en même temps que Jean-Baptiste qui est guide et qui nous suivra tout au long de la goulotte avec son client.


 Nous partons donc devant avec Lionel, la première longueur est très sèche, mélange de neige et de rocher mais pas vraiment de glace !



La seconde l'est encore plus, c'est carrément sec.



La suite, à l'ombre, nous permet enfin de trouver la neige et de prendre de la hauteur assez rapidement.



Lionel repasse devant pour la longueur suivante qui devient plus technique : l'ambiance "goulotte" prend tout son sens ici.


Jean-Baptiste et son client nous suivent de près et profitent de nos traces.


L'itinéraire s'enfonce droit au milieu de la paroi et n'oppose pas trop de difficulté jusque là. C'est vraiment joli !



Nous venons buter sur un ressaut au pied duquel Lionel a planté un piton pour assurer le passage qui n'a vraiment pas l'air facile. Ce ressaut vertical va en effet lui donner du fil à retordre mais, après 2 tentatives sans succès avec le sac sur le dos, il parviendra finalement à le franchir sans sac sur le dos. Son expérience plus poussée que la mienne de ce genre de pratique a fait merveille !



Après avoir hissé son sac, il peut ensuite m'assurer dans ce passage difficile plus proche du "dry-tooling" (où piolets et crampons s'accrochent sur le rocher plutôt que la glace ou la neige) que de la classique goulotte. Chapeau Lionel, pas sûr que j'aurais réussi à passer en tête !


Je prends à nouveau la tête pour la suite qui consiste, après une traversée vers la gauche d'une vingtaine de mètres, à remonter une nouvelle goulotte qui file droit vers le haut.



C'est encaissé à souhait, pas difficile techniquement mais pas toujours simple à protéger car je n'ai pas de coinceurs avec moi, je ne mettrai qu'un seul friend sur 50 mètres. 



La goulotte débouche sur une pente de neige plus large en haut de laquelle je peux installer un relais sur sangle autour d'un bloc en rive gauche. Lionel me rejoint rapidement.


Il démarre une nouvelle longueur tandis que nos deux poursuivants nous rejoignent au relais. Moi je prends tranquillement des photos de tout ce petit monde !




Puis c'est mon tour de franchir cette 7ème longueur avec un pas bien technique au niveau d'un gros bloc coincé. Je retrouve Lionel un peu plus haut au dernier relais avant la sortie.



La dernière longueur consiste, après le franchissement d'un court ressaut rocheux, à surmonter la corniche qui barre le sommet de la goulotte. Je m'y emploie avec délectation et débouche sur la crête où je retrouve le monde horizontal.




C'est au tour de Lionel d'en terminer (repérez l'arche dans l'éperon rocheux en arrière plan).



Jean-Baptiste nous rejoint rapidement, ainsi que son client, tandis que nous rangeons le matériel technique et mangeons notre sandwiche (c'est qu'il est déjà 14h).



Malheureusement la descente, dont nous nous faisions une joie par avance, sera une vraie déception : le couloir de la Peyrouse est encaissé et repasse rapidement à l'ombre à cette saison, la neige a redurci et c'est piolet en main que nous avons dû faire la partie la plus raide. Dommage pour Lionel dont c'était la première visite à ski de ce couloir qui est un des plus esthétique de la barrière Est du Vercors !





Heureusement, les pentes sous les falaises ont mieux pris le soleil et c'est sur une bonne neige de printemps que se termine la balade.




Une balade de près de 7h tout de même qui nous aura vraiment enchantés !

mercredi 9 février 2022

St Jean de Luz

C'était ma première visite à St Jean de Luz depuis 6 ans que je viens au bureau à Bidart.
Merci Arnaud, je sais désormais que Louis XIV s'est marié ici !




samedi 5 février 2022

Grande Lance

Après plusieurs idées émises par les uns et les autres (Patrick, Romain, Lionel et moi) pour ce samedi, nous nous décidons finalement pour une boucle sur la Grande Lance de Domène avec montée par la face Ouest et descente classique par la face Sud. Le départ est donné à 7h40 de Freydières, il nous faut 25mn pour rejoindre Pré Raymond (le parking d'été).


A 9h30, nous remontons la pente au dessus du lac du Crozet en direction du col du Loup.


Passage à proximité des Dents du Loup parcourues avec Romain en juin 2017 et avec Patrick en octobre dernier.


Les derniers mètres pour atteindre le col du Loup sont faits à pied.


Une courte descente nous amène dans les grandes pentes sous le verrou du glacier de la Sitre. Nous remontons à ski le plus haut possible avant de franchir le verrou à pied.




Nous remontons le micro glacier jusqu'au pied de la face où nous passons en mode crampons/piolets. Patrick laisse filer un gant que je redescends chercher, j'en profite pour faire une photo de mes acolytes se préparant pour la partie technique de la balade.


11h30 : à l'attaque du 1er ressaut fort peu enneigé. Patrick et Romain y feront d'ailleurs 1/2 tour, ils ne sentent pas bien l'affaire et préfèrent se tourner vers le Pic du Loup qui est tout proche et qui leur offrira une belle descente à ski en face Sud. 


Lionel ayant filé vers le haut sans voir le 1/2 tour d'une partie de l'équipe (il ne nous voit plus une fois le ressaut franchi), je franchis à mon tour ce 1er ressaut et fais un effort pour le rejoindre alors qu'il file droit vers le haut sur une neige qui permet d'avancer relativement vite.


Nous prenons vite de la hauteur et arrivons au passage clé (la chatière), un passage étroit et glacé dans lequel nos 2 piolets techniques sont bienvenus.



Le passage vu du dessus.


La suite est du même acabit que sous la chatière : de grandes pentes en neige dure où piolets et crampons mordent bien et où la progression est rapide. Nous ne le savons pas encore mais c'est ici que nous nous fourvoyons : nous filons tout droit vers la pointe rocheuse pile au dessus de Lionel alors qu'il aurait fallu monter plus à droite...


L'ambiance est de plus en plus aérienne mais nous sommes l'un comme l'autre à l'aise et heureux d'être ici. nous pensons sortir au sommet rapidement...


Malheureusement les conditions de neige changent brutalement : une croûte de regel de quelques centimètres couvre une belle épaisseur de neige polystyrène dans laquelle la progression devient laborieuse. Il nous faudra 20 minutes et creuser une vraie tranchée pour rejoindre le pied de la dent rocheuse là-haut !



Un pas un peu technique et vertigineux, entre neige et rocher, nous fait sortir la corde. La pente de neige qui suit nous permet de rejoindre l'arête.




Nous pensions être proche du sommet mais nous comprenons que nous sommes trop à gauche et qu'il va nous falloir suivre l'arête à droite. C'est Lionel qui repart devant et vient buter sur une belle dent rocheuse.


Une courte et vertigineuse descente suivie d'une nouvelle pente de neige nous permettent de contourner l'obstacle. Le bon itinéraire est en fait dans les pentes là-bas en face qui permettent de déboucher directement sur la crête sommitale...



Bonne nouvelle, le sommet est enfin là et nous le rejoignons rapidement. Il est 13h45, nous aurons mis 2h15 pour avaler la face, bien plus que le temps escompté ! Patrick et Romain sont déjà à la voiture et aurons le temps, en nous attendant, de manger à La Gelinotte (l'auberge de Freydières tenue par Frédi et Nathalie, les ex gardiens du refuge du Promontoire).



Le temps de plier le matériel et de manger un bout et nous attaquons la descente orientée plein Sud. La neige y est bien réchauffée et le plaisir est à la hauteur. Rejoindre le verrou du lac du Petit Doménon ne nous prend que 5 grosses minutes, nous ne souhaitons pas faire attendre nos amis trop longtemps...




Au verrou, nous découvrons en face la belle pente Sud du Pic du Loup où les traces de Patrick et Romain sont bien visibles. Malgré leur 1/2 tour, ils en auront bien profité !


Un court passage dans le brouillard nous fait traverser la couche nuageuse et la visibilité redevient ensuite correcte jusqu'en bas. Nous rejoignons Freydières un peu avant 15h et pouvons partager une bière avec nos amis retrouvés.



Une belle sortie qui justifie totalement le terme de ski alpinisme avec une variante de l'itinéraire classique qui nous aura permis, à Lionel et moi, de confirmer que nous nous entendons plutôt bien en montagne !