dimanche 13 août 2017

Torrent du Riffol

Nouveau parcours à la découverte des affluents du Drac (plus précisément de l'Ebron, lui-même affluent du Drac). Aujourd'hui je pars du hameau des Peyrouses pour descendre le torrent de Riffol qui arrive des contreforts des Rochers du Baconnet, au-dessus du col du Fau.


Sur la première partie, je découvre que le torrent a charrié des tonnes de blocs, probablement lors de violents orages. C'est assez impressionnant !


La suite est plus étroite, le lit se resserre et a progressivement creusé une gorge au milieu des terres noires (en gros à peu près au niveau de Roissard).


Cette partie est plaisante avec le ruisseau encadré par les hautes bandes de marnes. Il manque juste un peu d'eau en cet été plutôt sec...



J'arrive sur une vaste zone éboulée : la falaise friable s'est affaissée, créant une énorme coulée de terre qui a quasiment bloqué le passage de l'eau. Il ne fallait pas être là quand c'est arrivé !



L'eau est la plus forte malgré tout, elle se faufile partout et le ruisseau reprend son cours normal un peu plus bas.


Je laisse derrière moi cette zone sombre et tourmentée.


Pas pour longtemps, une nouvelle portion étroite se profile, toujours due à des éboulements de terre noire venant encombrer le lit du torrent.


Heureusement, ça s'ouvre à nouveau à l'aval sur une zone plus large et encore ensoleillée à cette heure (déjà 16h30, il faut dire que je suis parti tard).


J'arrive presque sur la partie que j'ai déjà visitée lors de cette balade en juin dernier, j'y avais rencontré la faune locale... et quelques empreintes me laissent espérer qu'il en sera de même aujourd'hui (mais ça ne sera finalement pas le cas).


Je continue vers le Sud et retrouve encore une zone étroite.


Ici encore c'est encombré de terre, je m''enfonce parfois jusqu'aux genoux dans la boue. Je vais rentrer dans un état...


De nouveau ça se dégage au détour d'un méandre et je retrouve le soleil.


Je rejoins finalement le ruisseau de grosse eau où l'eau est beaucoup plus claire, ça me permet de me rincer un peu (et pas que les chaussures) ! Il est déjà 18 heures et je constate sur mon téléphone qu'il y a du réseau, étonnant ! J'en profite pour passer un coup de fil à Sonia et lui dire de ne pas s'inquiéter car j'ai encore un peu de chemin à faire pour rentrer...


25 minutes plus tard, je quitte le ruisseau de grosse eau pour remonter ce petit affluent qui part sur la droite et devrait me permettre, je l'espère, de sortir de la gorge.


C'est sauvage et à nouveau boueux !



Je quitte progressivement la gorge creusée par le ruisseau de grosse eau, grimpant dans le lit asséché.


Et débouche un peu avant 19 heures pile au niveau des ruches que j'avais déjà découvertes lors de ma balade en juin.


Je retrouve un espace ouvert et un panorama splendide sur le Dévoluy.



Plus qu'à trottiner quelques kilomètres pour retrouver la voiture...

samedi 12 août 2017

Via Ferrata d'Emma

Nouvelle sortie via ferrata en tête à tête avec Emma, ça deviendrait presque une habitude !
C'est à Vaujany que nous allons aujourd'hui, et plus précisément à la via ferrata de la cascade de la Fare. L'approche consiste en une petite randonnée sympathique qui nous prend environ une demi-heure.


La via démarre au pied même de la cascade de la Fare. C'est dans ce cadre enchanteur que nous nous équipons.


Il y a deux parcours : le plus direct (et plus soutenu) passe dans les dalles directement le long de la cascade, le second - "les passerelles" - est plus à gauche. C'est sur celui-là que nous nous engageons. Il débute par une échelle installée sur un arbre, c'est original !


Après un départ forestier, nous rejoignons le rocher et prenons rapidement de l'altitude. La cascade reste omniprésente sur cette première partie.


Dans notre dos : Vaujany, le lac du Vernay et ... le Grand Pic de Belledonne !


L'itinéraire part ensuite en traversée, suivant une rampe ascendante vers la gauche pour rejoindre les passerelles.


Je dis bien les passerelles car il y en a deux qui sont quasiment l'une au-dessus de l'autre. Je laisse Emma s'engager seule sur cette longue traversée, elle est un peu tendue...


Presque autant que ses longes ! Emma est limite en taille et heureusement que ses longes sont extensibles, il ne fallait pas que la ligne de vie soit un poil plus haute...


Au bout de la première passerelle, il faut franchir un court ressaut vertical pour rejoindre la seconde.


Emma se débrouille comme un chef, très à l'aise malgré l'ambiance aérienne.


Nous voilà au départ de la deuxième passerelle, une quinzaine de mètres au dessus de la première.


C'est à mon tour d'y aller en premier, je traverse rapidement et regarde Emma me rejoindre à son tour.



Photos d'ambiance pour la suite...





Nous rejoignons la sortie exactement 1h15 après le départ, sans avoir vu une seule personne, comme si la via ferrata nous avait été réservée. Surprenant pour un samedi après-midi mais on ne va pas s'en plaindre, hein Emma !


Nous nous arrêtons là, mademoiselle n'a pas envie d'en faire plus (il y a une deuxième partie qui démarre quelques centaines de mètres plus loin et sort en haut de la cascade). Ce n'est pas grave, nous sommes là avant tout pour nous faire plaisir.


Après qu'Emma ait trouvé un petit cèpe tout frais sur le chemin, nous entamons la descente avec une vue directe sur la voiture (garée là-bas au-dessus à droite du village).



Le tour complet nous aura pris environ 3h30, vraiment sans nous presser. Un bon bol d'air partagé !


samedi 5 août 2017

Valloire et Porte d'Eglise

Besoin de montagne.
Besoin de dépense physique aussi.
Le tour d'aujourd'hui va me satisfaire en tous points !

Départ à 7h15 depuis le Cley, là où le ruisseau de la Valloire se jette dans le Bréda, altitude 997m. Je pars en mode léger : baskets de trail, tee-shirt, short et petit sac avec une veste chaude (on ne sait jamais), 1 litre d'eau, 2 petits sandwichs, 2 compotes à boire et 2 pâtes d'amande. A cela s'ajoutent l'indispensable crème solaire (que pour une fois je n'oublie pas), la paire de lunettes de soleil, la casquette et le buff.
Après avoir longé le Bréda, j'attaque la raide montée qui mène au chalet de l'Arpette. Dure entrée en matière, le sentier est raide et ça dénivelle fort ! A 8h, le soleil inonde déjà la station du Pleynet située juste en face. Je sais qu'elle est à 1450m d'altitude, j'en déduis que je monte vite car je suis déjà largement au-dessus d'elle !


Je sors de l'étage montagnard purement forestier, me voici dans l'étage subalpin qui s'ouvre vers les hauteurs (rappel ici des différents étages pour ceux qui ont oublié...). Je peux mesurer le chemin qu'il me reste à parcourir : il me faut rejoindre les crêtes là-haut ! J'aperçois le chalet de l'Arpette niché dans l'alpage à 1850 mètres d'altitude où je vais passer dans quelques minutes. Il marque la fin du sentier sur la carte, au-delà ce sera à l'aventure !


Passage au chalet à exactement 8h25, soyons précis ! Je me fais discret des fois que quelqu'un y dorme encore... D'ici on aperçoit la Chartreuse du Granier (à droite) jusqu'à la Dent de Crolles et Chamechaude (à gauche), elle dépasse tout juste de la crête du Grand Rocher au premier plan.


La même en mode panoramique : apparaissent la station du Pleynet et la crête Cabottes / Belle Etoile.


Je monte droit vers le sommet de la Grande Roche et aperçoit de loin le berger et ses moutons qui évoluent sur les crêtes à ma droite.


Vue de plus haut : scène de la vie de berger de montagne (au fond : les pointes de Mouchillon et le col de l'ile).


Autre rencontre, surprenante : ces deux ânes seuls sur un replat vers 2250 mètres d'altitude.


Les dernières pentes sont bien raides mais je continue de monter à un bon rythme, profitant de la forme et de la fraîcheur matinale (je sais que je vais trouver le soleil en arrivant à la crête !). Je ne peux m'empêcher malgré tout de profiter du paysage à ma droite : les Aiguilles de l'Argentière - où j'étais avec Romain en début d'été - sont maintenant bien visibles (à gauche avec le glacier), et la belle pyramide du Rocher Badon prend toute la place au centre (Rocher Blanc juste à sa droite).


Arrivé à la crête, premier sommet du jour : la Grande Roche (2345m)? Je poursuis vers le Sud-Est et aperçois quelques chamois qui s'enfuient côté Valloire sans me laisser le temps de les prendre en photo. Ils sont tranquilles ici, pas grand monde pour les déranger à part de temps en temps un promeneur solitaire comme moi ! Je chevauche la crête avec délectation, profitant du soleil et de la vue. Il me vient bien l'idée de continuer jusqu'au sommet du Rocher d'Arguille qui trône tout là-haut au bout de l'arête mais je ne suis pas équipé pour et ça ne serait pas très sérieux (surtout pour la descente du glacier d'Arguille en baskets...). Je garde ça pour une autre fois !


Je suis plutôt attiré par les lacs à ma gauche dans le vallon de la Valloire. Germe alors l'idée de visiter ce vallon de la Valloire et d'enchaîner les quatre lacs qui s'y trouvent : Lac de la Folle et Lac Blanc qui sont déjà au soleil (pas besoin de vous dire lequel est lequel !), puis Lac Noir (qu'on aperçoit dans l'ombre au dessus du lac blanc) et enfin Lac Glacé (encore plus haut en direction du col de la Valloire et du Puy Gris).


Je continue sur l'arête et rejoins le Passage Odru, petite dépression entre les vallons d'Arguille et de la Valloire. C'est ici que je vais descendre à gauche vers les lacs.



Un peu avant 10h, me voilà presque arrivé au lac de la Folle où je rencontre un pêcheur solitaire que je salue.



Je ne m'attarde pas et continue vers le lac Blanc, laissant derrière moi les arêtes chevauchées un peu plus tôt et le versant de descente dominé par le passage Odru (en haut à gauche sur la photo, juste au dessus de l'ombre).


Le Lac Blanc est atteint en quelques minutes. Je le contourne par la droite pour prendre en photo les linaigrettes et les montrer à Sonia  qui, comme moi, affectionne particulièrement cette plante.





Je poursuis vers le haut pour atteindre le troisième lac, le Lac Noir, vers 2250 mètres d'altitude.



Je ne m'y attarde pas non plus et fais un dernier effort pour rejoindre le quatrième et dernier lac, le Lac Glacé, à 2450 mètres d'altitude.



C'est ici que je m'accorde la pause pique-nique, il est 11 heures passées et j'ai déjà pas mal de dénivelé dans les pattes, il est temps de se refaire une santé. J'en profite aussi pour me glisser jusqu'à la taille dans l'eau glacée - rien de tel pour se régénérer - et regarder vers le haut. C'est vers la gauche que je décide d'aller prospecter, un point carte me laisse en effet penser que je peux certainement rejoindre la crête entre la Pointe de Comberousse et les Pointes de Porte d'Eglise...


Une petite demi-heure de pause et je repars donc vers le haut, montant dans de gigantesques pierriers en direction du Nord.


Je tombe sur un petit lac glaciaire à l'aplomb du sommet de la Pointe de Comberousse (2866m). Je peux maintenant voir que l'accès à la crête ne devrait pas me poser de problème... donc je continue vers le haut.


Je suis au cœur d'un véritable océan de pierres dominé à gauche par le Puy Gris (2908m), le quatrième plus haut sommet de Belledonne après le Grand Pic, la Croix et le Rocher Blanc.


Un peu d'escalade facile sur de belles dalles ocres pour rejoindre la crête.


Me voilà sur l'arête sommitale, pile entre la Pointe de Comberousse et celles de Porte d'Eglise. La preuve avec Iphigénie (le GPS de l'IGN que j'ai installé sur mon smartphone).


La suite est évidente, excitante, merveilleuse, ... les mots me manquent. Des instants rares qui restent en tête pour longtemps ! Une chevauchée en plein ciel avec un peu d'incertitude sur la possibilité de rejoindre le passage de Tigneux sans rencontrer trop de difficultés. Heureusement je me rappelle avoir lu dans le blog de LTA que ça doit a priori passer sans trop de soucis. J'espère que mes souvenirs sont bons car je n'ai pas pris la corde...

Sur les arêtes

Gleyzin tout en bas

Belle dalle fracturée pour rejoindre le sommet de la pointe 2812



Après la pointe 2812, un cheminement sans difficultés mais la chute reste interdite

Tout à l'heure j'étais au petit lac en bas !
Zoom sur le refuge de l'Oule
Cerise sur le gâteau, voilà que je tombe sur la faune locale : les chamois. Ils sont tranquilles sur ces arêtes et ne m'ont pas repéré, je peux les observer à loisir et profiter de ce beau moment de Nature.



Voilà certainement la partie la plus engagée de la balade : la raide descente en versant Nord de la pointe 2812m. Les chamois y batifolent, les humains y progressent avec la plus grande attention...



Vu d'en bas, c'est tout aussi impressionnant. Du pur terrain à chamois qui, pour être honnête, serait plus recommandé dans le sens de la montée. A la descente, il m'a fallu mettre en oeuvre toute mon expérience et rester concentré tout du long ! J'aurais probablement été plus à l'aise en hiver et skis aux pieds pour descendre ces pentes raides.


La suite est plus tranquille et je rencontre à nouveau des chamois.



Cheminement ludique sur l'arête, c'est désormais plus de la randonnée que de l'escalade comme les portions précédentes, sauf ce passage que je contourne versant Ouest (pris en photo du dessous).


Ici c'est facile !


Derrière moi, le bastion d'où je viens.


Devant moi, les derniers ressauts descendants qui mènent au passage de Tigneux.


Un petit passage nuageux... et encore les chamois, toujours présents dans ces pentes.



14h30 : voilà le passage de Tigneux (2393m) et le hameau de Gleyzin dans l'axe tout en bas. Je vais maintenant quitter la crête pour plonger dans le couloir pierreux à gauche.


Un dernier regard sur l'arête d'où j'arrive.


Et je file dans la pente pour rejoindre en quelques minutes le lac des Naves, probablement un des lacs les plus sauvages du massif. Il faut dire que venir ici se mérite ! Je m'y arrête pour m'immerger dans l'eau froide, ce qui a le don de me régénérer après tous ces efforts.

(Le passage de Tigneux est le couloir pierreux à gauche du bastion rocheux)
Pour boucler la boucle, reste à descendre à travers les rhododendrons et autres genévriers pour rejoindre le sentier du Tour du Pays d'Allevard, puis traverser jusqu'au chalet de la Grande Valloire...



Et enfin plonger sur la vallée, sans oublier de jeter un dernier regard en arrière sur ce bout de massif qui m'a procuré bien du plaisir aujourd'hui !


Une grosse journée... (D+ : 2200 mètres / durée : 9h30)
(Cliquer sur la carte pour voir l'itinéraire - jaune - en détail)