dimanche 20 mai 2018

La Pastourelle

La Pastourelle est un événement qui se déroule à Salers, au cœur du Cantal, et qui regroupe environ 5000 participants autour de trois disciplines : le trail, le VTT et la randonnée pédestre. L'organisation compte parmi mes clients et je m'y rends donc d'abord pour le travail... mais comme le dernier départ de cette vingtième édition est un trail de 32 kilomètres et que l'organisateur m'offre le dossard, il serait dommage de ne pas en profiter !

Je fais la route vendredi et m'arrête quelques minutes au Pas de Peyrols (1589 mètres) au pied du Puy Mary. Je me retiens de ne pas y faire un saut mais je suis attendu à Salers, dommage !



Dans la descente vers Salers, je ne résiste pas à profiter du cadre dans lequel je courrai dimanche après-midi, entre col de Néronne et Puy Violent.


La place du village de Salers, vendredi à 20 heures : le calme avant la tempête du week-end.


Samedi est une longue journée de travail : retrait dossards des participants jusqu'à 18 heures puis contrôle d'entrée à la pasta party du soir qui rassemble pas moins de 900 personnes ! L'organisation utilise nos tablettes et comme j'en ai l'habitude, je suis là pour la mise en place, la formation des bénévoles et la gestion des problèmes.



Dimanche matin, après un lever à 5h30 car le retrait dossards débute à 6h30 pour le 53 kilomètres, je finis le boulot à 11h50 et passe en mode course dans la foulée car le départ est à 12h15. Me voilà à 12h10 sur la ligne de départ, motivé à lâcher les chevaux !


J'ai décidé de ne pas gérer et d'y aller à fond, on verra bien ce que ça donne ! Une discussion avec le traceur des parcours la veille m'a convaincu qu'il faut partir devant si je ne veux pas être rapidement bloqué par la masse des coureurs dans le premier kilomètre (il y a près de 1200 inscrits sur cette épreuve). Du coup le départ est rapide mais après 5 minutes de course je trouve mon rythme, veillant à ne pas me mettre dans le rouge.


La montée n'est pas trop raide, je me sens vraiment bien et, après 15 minutes, constate que les premiers ne sont pas si loin devant !


30 minutes de course : vue sur le premier ravitaillement et l'enchaînement des crêtes que nous allons parcourir.


13h08 : bientôt le col de Néronne (10,2 km) où je passerai en 80ème position en 56:13 alors que le premier n'aura mis que 39:25 ! Impressionnant.


La suite est superbe sur un sentier de crête qui nous rapproche du prochain objectif à gravir, le Roc des Ombres (1633m), au-dessus duquel les nuages sont bien sombres...



Une super ambiance avec même des musiciens en plein alpage !


Il y a de plus en plus de monde sur le parcours pour deux raisons : nous rattrapons les équipes qui font l'épreuve en relais (parties 1/2 heure plus tôt) et nous croisons les randonneurs qui effectuent quant à eux le même parcours... mais dans l'autre sens ! Voilà déjà 1h30 de course et j'arrive sous le Roc des Ombres alors que le Puy Mary se dévoile à gauche.


C'est ici que se rejoignent les parcours du 32 et du 53 kilomètres (qui arrive du Puy Mary), ce dernier étant parti ce matin à 8 heures. Il va y avoir de plus en plus de monde sur le sentier... et ce n'est pas le meilleur endroit car ça monte fort et c'est difficile de doubler ici !



Entre Roc des Ombres et Puy Violent, passage plus typé montagne et ce n'est pas pour me déplaire !




Le Puy Violent est en vue alors que l'orage gronde sur notre gauche.


Un dernier raidillon nous attend pour en rejoindre le sommet, de quoi solliciter les mollets !


Sommet du Puy Violent (1592 mètres), atteint après 2h10 de course. Il y a normalement un point de contrôle ici mais il y aura malheureusement beaucoup de loupés (dont moi) et je ne connaîtrai donc pas ma place à ce moment de la course. Dommage car j'étais bien jusque là et la suite va être moins glorieuse... car la descente pour rejoindre Salers va s'avérer pour le moins difficile !


Début de descente très raide.


Puis ça déroule bien... pour ceux capables de courir et d'allonger la foulée, ce qui n'est plus mon cas : j'ai mal aux jambes et suis forcé de descendre au petit trot, me faisant doubler par beaucoup de monde. Je prends d'ailleurs très peu de photos sur cette partie, c'est un signe !


Après les verts alpages, le parcours emprunte des zones plus techniques et boueuses avec même une passerelle de fortune construite pour l'occasion.




Arrivé à St-Paul-de-Salers, il ne reste que 2,5 km pour rejoindre l'arrivée mais c'est une raide montée que je fais au mental.


Les coachs annoncent à une fille qui me double qu'elle est 4ème femme. Je finirai avec la 9ème..., c'est vous dire si je n'avance plus !


Derniers hectomètres.


Et c'est enfin la ligne d'arrivée que je franchis en 132ème position en 3:41:44.


Bilan : j'ai voulu me lâcher "pour voir"... et j'ai vu ! Je pense avoir perdu au minimum 50 places entre le 22ème et le 32ème kilomètre pour cause de douleurs dans les jambes m'empêchant d'allonger la foulée dans la longue descente. Manque d'entraînement ? Certainement, je ne cours pas suffisamment. Sur-régime sur la première partie ? Probablement même si je n'en ai pas eu le sentiment. En tous cas, je vais devoir trouver les solutions pour que ça se passe mieux lors de mon prochain rendez-vous qui sera mi-juillet au Trail des Passerelles (40km) !
A noter quand même : pas une seule courbature après l'épreuve, signe que je n'ai pas tiré tant que ça, non ?

samedi 12 mai 2018

Pic Bayle

Mes compagnons habituels de montagne (Patrick et Romain) ayant tous les deux préféré l'Ardèche plutôt que la neige, me voilà seul au départ ce matin de la gare intermédiaire (2100 mètres) du téléphérique des Grandes Rousses, sur le domaine skiable de l'Alpe-d'Huez. Les murs de neige qui encadrent la route sont encore impressionnants, confirmant que cet hiver a été particulièrement bien enneigé. Au Sud, le ciel est bien dégagé sur la Roche de la Muzelle, cela augure une belle matinée en montagne !


Départ de la voiture à 6h15 skis aux pieds en face du massif de Belledonne qui se réveille en douceur.


Une petite heure plus tard, après une montée efficace par les pistes, me voilà 500 mètres plus haut à hauteur de la deuxième gare intermédiaire du téléphérique. Là-haut, le Pic Blanc (3323 mètres), point culminant de la station et gare d'arrivée du téléphérique, est mon premier objectif du jour.


Pour cela, je dois remonter la fameuse piste noire du tunnel afin de rejoindre l'entrée du dit tunnel qui passe sous la brèche de Sarenne. J'espère qu'il sera ouvert sinon je devrai improviser pour rejoindre la brèche...


M'y voilà 40 minutes plus tard et la porte est baissée... mais non fermée, il suffit de la faire coulisser vers le haut. Ouf ! Le tunnel n'est pas éclairé et je n'ai pas pris de frontale mais il ne fait que 200 mètres de long et j'aperçois la lumière au fond, il suffit d'avancer droit en visant le halo lumineux et le tour est joué !



Voici la sortie, au soleil, avec une vue splendide sur la Meije. Quel changement de décor !


A ma gauche, le sommet du Pic Blanc n'attend que moi. Il ne reste que 200 mètres de dénivelé pour y arriver.


Je referme soigneusement la porte du tunnel et constate que j'ai remonté une piste fermée. Mes excuses auprès des responsables de la station ;-)


9 heures : un dernier mur et je serai au sommet du Pic Blanc.


Là-bas, à l'Est, les Aiguilles d'Arves me font de l’œil. Il faudra que j'y aille un jour...


Sommet à 9h15, soit pile 3 heures après avoir quitté la voiture. Sûr que c'est plus rapide en prenant le téléphérique... mais cela n'offre pas le plaisir de se trouver seul en ces lieux !


Vue d'où je viens... On voit même Bourg d'Oisans et aussi la barrière du Vercors qui domine Vif !


Je mange un morceau et profite de quelques instants de repos tranquillement installé sur la terrasse au soleil avant de continuer mon périple. La suite du programme : le Pic Bayle (3465 mètres), point culminant du massif des Grandes Rousses, facilement accessible depuis le Pic Blanc.


Seul petit hic : les nuages sont soudainement de la partie et j'hésite un peu à m'engager dans ces conditions.



J'attends un peu et ça se dévoile à nouveau. J'y vais !




Quinze minutes plus tard, je suis sous le Pic de la Pyramide et le Pic Blanc est déjà loin derrière moi.


Le sommet du Pic Bayle n'attend plus que ma visite. Encore quelques efforts et j'y serai !


Le final est assez raide et l'accroche un peu limite, je fais finalement les derniers mètres skis sur le sac mais sans crampons car j'arrive à casser la couche de neige en tapant suffisamment fort avec le pied.


Sommet à 10h50, l'arête qui mène jusqu'au Pic de l'Etendard se dévoile à mes yeux.


Je continue le long de l'arête sur une centaine de mètres histoire de voir un peu mieux comment elle se présente. L'envie de continuer est là mais ça ne serait pas très raisonnable et le retour vers la voiture serait compliqué. Il faudra revenir !


La traversée classique à ski consiste à descendre ce versant Nord-Est du Pic Bayle pour remonter en face au col des Quirlies puis à gauche au sommet du Pic de l'Etendard. Romain l'ayant déjà fait (avec Manue), il faudra que je propose à Patrick de venir avec moi.


Pour ma part aujourd'hui, je vais remonter au sommet puis rejoindre le collu que j'aperçois là-bas (point 3356m sur la carte) pour descendre par les raides pentes Ouest. Seul point d'interrogation : comment sera la neige car elles sont encore à l'ombre.


Skis aux pieds à 11h30, je quitte le sommet du Pic Bayle par sa pente Sud.


Trois minutes plus tard, au départ de la pente Ouest. J'hésite un peu car, comme je le craignais, la neige est dure, la pente est raide et la chute proscrite. Je fais un premier virage et le grip est suffisant donc j'y vais.


J'y croise un gars en train de monter, crampons aux pieds. On papote deux minutes, il part pour la traversée jusqu'au Pic de l'Etendard. Je lui souhaite bon voyage et continue ma descente.



La pente vue du bas : raide et exposée, il ne fallait pas s'en coller une ! Je verrai plus tard sur le Net que la voie classique passe plus à droite par le col de la Pyramide...


La suite déroule même si la neige n'est pas vraiment revenue !


Au col du lac blanc, la neige passe sans transition à de la bonne soupasse !


Et ce sera comme ça jusqu'à la voiture où j'arrive un peu après midi.


Au final un beau voyage au départ d'une des grandes stations de ski françaises mais les pylônes se font oublier quand la station est fermée (hum...).



Durée 5h45
D+ environ 1500 mètres