Je crois que ça a commencé avec cette photo de couverture :
Une tentative mort-née il y a quelques années (refuge plein donc on s'était tourné vers un autre objectif), mais l'envie récurrente d'aller y traîner les skis... jusqu'à ce qu'on remette ça sur la table la semaine dernière, "on" étant Patrick et Romain. J'ai failli me laisser tenter mercredi mais il aurait été dommage de faire seul ce beau voyage. J'en ai quand même profité pour faire un repérage de loin qui n'a fait que faire monter l'envie d'un cran :
Et nous voilà donc au départ vendredi à 17h20 : en route pour le refuge de l'Alpe de Villard d'Arènes.
1h plus tard, on est en vue du refuge alors que les sommets sont bouchés.
Les différents sites météo annoncent pour samedi une matinée ensoleillée avant l'arrivée du mauvais temps, on croise donc les doigts même si le gardien du refuge nous annonce "mauvais dès le matin" lors du repas du soir... Au réveil à 5h, le ciel est dégagé, feu ! Départ 5h50 dans une belle ambiance avec la lune sur le Pic de Chamoissière (3207m).
6h25, nous voici presque au col d'Arsine, en face des Agneaux, une autre cime qu'il me faudra visiter un jour... Nous ne sommes pas seuls pour cette course ultra fréquentée mais la météo a dû en rebuter plus d'un : nous ne serons pas plus d'une douzaine aujourd'hui sur l'itinéraire.
6h55 : le soleil éclaire les Agneaux (3664m, à gauche) et le Pic de Neige Cordier (3614m, notre objectif du jour à droite).
Il nous atteint quelques minutes plus tard alors qu'on remonte la longue moraine du glacier d'Arsine.
7h30 : elle est longue cette moraine, n'est-ce pas Patrick ?
7h35 : la suite de l'itinéraire se dévoile. Il s'agit de remonter le couloir sur la droite pour accéder à la brèche de la Plate des Agneaux puis suivre le fil de l'arête jusqu'au sommet.
Regard en arrière depuis la base du couloir où nous chaussons les crampons. C'est sûrement un privilège d'être si peu nombreux sur cet itinéraire un week-end de Pâques !
Il est 8h quand on se lance à l'assaut du couloir, il nous faudra environ 30mn pour le remonter. 2 Haut-Mauriennais nous précèdent, suivis de près par Romain.
Derrière nous, le mauvais temps annoncé arrive à grands pas de l'Est. Il devient évident que la course avec les nuages a commencé...
Romain à la brèche de la Plate des Agneaux, encadré par la Grande Ruine (à gauche) où nous étions il y a 3 ans et la Meije (à droite) où nous étions en septembre dernier.
Un peu plus haut, sur le fil de l'arête, le sommet est désormais tout proche.
La neige porte bien donc on décide de continuer en crampons. Devant nous le Pic de Neige Cordier (3614m) et la Roche Emile Pic (3586m) sont déjà sous la masse nuageuse alors qu'à droite Roche Faurio (3730m) et Roche d'Alvau (3628m) sont encore au soleil.
Romain mène la danse, Patrick suit à son rythme et je fais le yoyo derrière, c'est ça de prendre des photos !
Romain nous attend au pied du mince couloir NW qui va nous permettre d'atteindre le sommet en A/R. A droite, le col Emile Pic (3483m) qui permet de basculer sur le Glacier Blanc, itinéraire royal pour atteindre le point culminant du massif (mais ça, ce sera une autre fois...).
A 10h on arrive au sommet alors qu'il neigeote.
On y reste à peine 2mn : trop froid et on ne peut de toute façon pas profiter du fantastique panorama. On plonge donc très vite dans la descente.
Et c'est dans une belle purée de pois et un fort vent qu'on chausse les skis au niveau du Col Emile Pic.
Bien sûr, les conditions ne sont pas au top mais heureusement la visibilité s'améliore après quelques virages et on n'a aucun souci pour s'orienter sur la descente du glacier des Agneaux.
Le "crux" de la descente est ce passage un peu raide entre les séracs. Pas de souci pour nous même si la neige est bien tôlée et secoue les cuisses.
Le glacier change ensuite d'orientation pour se tourner vers l'Ouest et rejoindre le glacier de la Plate des Agneaux tout en bas.
Une langue de neige raide et étroite (on aperçoit 3 personnes dedans) nous permet de franchir le ressaut du bas.
Et on n'a plus qu'à se laisser glisser dans le vallon qui nous ramène vers le refuge.
Pour le retour à la voiture, remonter au refuge n'est pas une obligation. Pour nous si, Patrick ayant oublié son buff ce matin. Quelques mètres de dénivelé supplémentaires histoire d'arrondir le compteur...
Et on repart aussitôt pour la dernière étape, le retour à la voiture.
Derniers virages sur une neige de névé.
On finit à pied ce périple qui se terminera à 13h05 à la voiture, soit 7h15 après avoir quitté le refuge.
Bilan mitigé : un sommet dont on rêvait tous les 3 depuis longtemps mais une météo qui a tourné un peu trop vite à notre désavantage et nous a privés de la vue au sommet (notamment de la Barre des Ecrins toute proche). On n'a pas toujours tout ce qu'on veut, n'est-ce pas ?










