La balade de la veille a créé des envies, nous voilà donc repartis dans le même coin mais avec comme objectif : la pointe du Rognier (2341m), dernier sommet notable au nord de la chaîne de Belledonne. Un sommet que je n'ai jamais foulé ! Je suis heureux d'y aller avec les frangins et belles-sœurs.
Nous partons de la chapelle de Prodin à 7h45 sous une tempête de ciel bleu.
Quelques tâches jaunes m'attirent l’œil (que j'avais mis en mode recherche...) et voilà le menu de ce soir assuré : ce sera une poêlée de chanterelles !
Nous montons au frais alors que le soleil inonde la combe de Savoie dominée par le massif des Bauges et ses quelques sommets de plus de 2000m.
Sortie définitive de la forêt vers 1800m, une heure après avoir quitté la voiture. En face, la crête de la Grande Montagne d'Arvillard et les Grands Moulins (2495m) avec son arête NW (où nous étions hier) qui se découpe sur le ciel.
Qui n'a pas sa photo ?
L'itinéraire est ultra panoramique et nous ne cessons de nous arrêter pour en profiter. Au fond, le Mont-Blanc nous fait même de l’œil.
Sommet du Chapotet (2076m), il est 9h20. Devant nous, le Rognier (notre objectif) est le sommet de gauche.
Pour s'y rendre, il faut d'abord redescendre d'une centaine de mètres jusqu'au col de la Perche d'où nous rejoindrons le "grand canal", le couloir dans l'ombre en haut duquel il subsiste encore un petit névé.
C'est alors une rude montée nettement moins bucolique que le sentier de crête du Chapotet. Les cuisses et les mollets sont mis à rude épreuve !
Après un très raide couloir, nous débouchons à un petit collu où nous retrouvons une vue grand large. Sous nos pieds, le col d'Arbarétan qui abrite un refuge et le petit lac des Grenouilles. Derrière dans l'axe, les Bauges et ses sommets de 2000m. Plus à droite, l'entrée de la vallée de la Maurienne, le Mont-blanc et les Aiguilles du massif de la Lauzière. C'est juste splendide !
Le chemin reste ensuite à proximité de la crête et nécessite parfois de mettre les mains dans une ambiance aérienne. C'est ludique et le sommet est maintenant à portée de mains.
A 10h20, nous sommes à la croix sommitale où il y a déjà quelques personnes.
Thierry et Noémie, Sébastien et Nathalie : quel pied d'être là, n'est-ce pas ? C'est ici que nos chemins se séparent : en regardant la carte, je viens de décider de partir en mode course pour un tour des Grands Moulins.
Je vais plonger côté Maurienne et aller contourner les Grands Moulins (au fond à droite sur la photo) avec au menu quatre cols : col de Pré Rémy (visible dans la dépression de l'arête au centre de la photo), col du Fort, col de la Frèche et enfin col de la Perrière. Je préviens les autres de ne pas trop se presser à la descente sinon ils risquent de m'attendre à la voiture !
Je commence par faire un tour sur la crête vers la pointe 2325m d'où la vue sur le Rognier est pour le moins sympathique : il est encadré par le Mont-Blanc (à gauche) et la Grande Casse (à droite), rien que ça !
Puis je plonge sur plus de 500 mètres de dénivelé pour rejoindre le Plan du Lai où je me perds un peu au milieu des rhododendrons avant de remonter au col de Pré Rémy complètement hors sentier.
Du col de Pré Rémy, la suite est évidente : c'est le col du Fort (2145m). J'y serai dans 25 minutes en montant au pas de course il est vrai !
Du col du Fort, la suite du programme est là encore évidente : il s'agit maintenant de rejoindre le col de la Frèche (2183m). J'y serai dans une vingtaine de minutes, toujours au pas de course.
J'y retrouve les humains (!) et les nuages qui ont envahi le versant Ouest où je vais basculer maintenant.
De crainte que les autres ne m'attendent, je passe maintenant en mode course : suivez les flèches !
En 20 minutes je suis à la Perrière où je dois remonter 150m de dénivelé pour rejoindre le col du même nom. Courte mais intense remontée faite à fond en 10 minutes. Les jambes tirent un peu, il faut dire que je n'ai pas les baskets aux pieds mais mes chaussures de grande randonnée qui ne sont pas vraiment conçues pour courir !
De là, 1/4 d'heure me suffit pour être aux sources du Gargotton... et 20 minutes supplémentaires pour arriver au parking de la Doua. Eh oui, la course permet de raccourcir les horaires des topos de façon drastique !
Encore un peu de course à pied sur le chemin forestier et au final je ne fais attendre personne : mes compères me récupèrent au bord de la route à l'intersection Prodin / Gargotton alors que j'y suis arrivé depuis à peine deux minutes. Quelle synchronisation !
Une jolie boucle sauvage qui peut bien sûr être faite en mode plus tranquille...

