samedi 24 septembre 2016

Orbannes

Après la visite de l'Ebron, voilà aujourd'hui celle d'un de ses affluents que j'avais d'ailleurs tenté de remonter il y a dix jours : le ruisseau d'Orbannes. Cette fois c'est par le haut que je souhaite trouver un accès, mais je découvre avec appréhension plusieurs 4x4 puis un gilet orange un peu plus bas en bordure de champs : une chasse est en cours. Heureusement le gars posté là m'apporte plutôt de bonnes nouvelles : 1- la chasse est quasiment terminée et se déroule sur la partie amont du torrent (donc à l'opposé d'où je veux aller) 2- il y a des cerfs dans cette zone, objets de cette battue matinale. Je suis d'autant plus motivé à continuer vers le torrent, même s'il me dit que l'accès est difficile et que seuls les animaux y descendent !


Confirmation quelques minutes plus tard : l'accès est a priori un peu compliqué.


Evidemment je ne m'en laisse pas compter et dix minutes plus tard, après avoir descendu une ravine en suivant des sentes d'animaux, je suis dans le lit du torrent. La prospection peut commencer.


Je troque ma paire de baskets de trail (qui file dans le sac à dos) pour une paire usagée et c'est parti pour la descente du torrent, lequel zigzague au fond de la gorge ce qui a pour conséquence que je passe alternativement de l'ombre au soleil selon l'orientation. Cette première partie est facile et je ne suis pas tout le temps les pieds dans l'eau, ce qui m'arrange car l'eau est plutôt froide !

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Le canyon finit par se resserrer et je suis obligé de passer un peu plus dans l'eau, parfois jusqu'en haut des cuisses voire plus... Refroidissement garanti !


Puis ça se corse, j'arrive sur un passage encore plus encaissé. Après une courte hésitation, je descends dans l'eau puis une courte escalade sur des marnes fragiles à gauche me permet de continuer.


Regard en arrière sur ce passage aquatique que j'ai évité par les pentes herbeuses à droite. Vraiment pas envie d'aller dans l'eau, elle est trop froide ! La prochaine fois je prendrai une combinaison néoprène.


La suite s'annonce incertaine...


Et même impossible pour moi aujourd'hui : je sens que je vais devoir rebrousser chemin.


Voilà un beau goulet très tentant mais il faudrait un vrai équipement de canyoning pour s'y engager. A noter que je n'ai pas trouvé trace sur Internet de canyoneurs étant venus ici et que je n'ai pas vu non plus d'équipement en place sur le terrain : peut-être suis-je le premier à venir jusque ici ?


Ce qui est sûr c'est que je suis contraint au demi-tour, du coup je passe en mode sanglier et grimpe dans les pentes abruptes pour sortir de ce cul-de-sac. La deuxième partie de l'aventure peut commencer...


Je m'arrête dans la pente au soleil pour changer de chaussures et en profite pour avaler mon sandwich, puis je continue la remontée dans un terrain d'abord compliqué (buis serrés sous lesquels je suis contraint de me faufiler et où je dérange un sanglier) qui devient ensuite plus facile avec des chênes et des aulnes. Et soudain, sans prévenir, c'est la rencontre : un daguet (jeune cerf) à moins de dix mètres qui détale sous mes yeux ! Pas le temps de prendre une photo - dommage - mais arrivé plus haut sur une zone enfin plate je peux observer de nombreux indices de la présence des cerfs dans la zone.





Je progresse un long moment tous les sens aux aguets, dans l'espoir d'en croiser un autre. Et c'est au moment où je relâche un peu mon attention que je surprends un beau mâle d'au-moins 10 cors alors que je sors dans un champ. Il me repère également et s'enfuit derrière la frondaison avant que j'ai le temps de dégainer l'appareil photo. Dommage mais j'aurai au moins eu le plaisir des yeux à défaut de pouvoir le partager avec vous ! Pour me rattraper, j'ai quand même photographié ce chevreuil, croisé un peu plus tard alors que je remonte vers la voiture.


A la voiture, je croise des locaux qui me disent avoir entendu bramer la veille au soir, ce qui me motive à repartir vers le bas du vallon et à rester dans la zone jusque vers 17h30, me disant que les cervidés ressortent souvent en fin de journée... mais je ne ferai aucune autre observation. Ce n'est pas grave, la journée a quand même été une réussite et je sais maintenant que je reviendrai certainement dans le coin.