samedi 19 décembre 2020

Guenillage aux Agnelons

Appel de Patrick vendredi midi : " T'es dispo demain ? On fait quoi ? "

Les conditions de neige ne sont pas au top, il a plu jusqu'à plus de 2000 mètres cette semaine : on s'oriente sur une sortie à pied. On envisage une goulotte à Chamrousse mais ça risque d'être blindé de monde, on préfère la tranquillité. Finalement, comme Patrick ne connaît pas le Ranc des Agnelons, c'est la traversée des arêtes depuis le Col Vert qui sera notre objectif de la matinée. Le genre de "guenillage" comme dit Patrick qui n'est pas pour nous déplaire !

La météo est moins bonne qu'annoncée et on constate dès le départ que le regel est inexistant : ça sera donc bien un guenillage en règle avec une progression bien plus lente que prévue. Pas grave, on est content d'être là dans la Nature avec les bouquetins fidèles au rendez-vous dès la sortie de la forêt. 


Le soleil fait quand même quelques apparitions dans la montée au Col Vert, une montée qui nous prend déjà 1h40 alors que je mets 40 minutes quand je suis en mode trail !



Bouquetins et chamois sont présents dans les pentes et rochers sous le Cornafion, il n'y a que les mouflons qui seront infidèles aujourd'hui. Dommage pour Patrick.



Après une pause d'une dizaine de minutes au col, nous voilà partis plein Sud sur le fil de l'arête du Ranc des Agnelons, arête qui se développe sur pas moins de deux kilomètres de long. Une chevauchée qui nous prendra environ 1h30.




Tout du long, on pousse devant nous un bouquetin solitaire qui se demande peut-être pourquoi on le suit comme ça (?) C'est juste qu'il est sur notre itinéraire, ce n'est pas après lui qu'on en a !



Il est bien plus rapide que nous, nous n'avons aucune chance de le rattraper, notamment sur ces quelques passages rocheux où nous mettons les mains par sécurité (et aussi car le vent a parfois tendance à vouloir nous pousser vers le vide du versant Ouest...).



Sous nos pieds versant Est, un certain nombre de ses congénères ont investi les lieux.


 Dernier rempart de l'arête avant le sommet.


La descente sera un peu scabreuse dans une neige gorgée d'eau où je regretterai vraiment mes guêtres (dont j'ai cassé les attaches il y a 15 jours lors de ma venue - déjà - au col Vert). 



C'est donc les pieds trempés que je terminerai la balade. Pas bien grave, l'important était de passer un bon moment entre potes et le contrat a été rempli !