dimanche 11 juillet 2021

68 km au moins

5h30, La Mure. Me voilà à nouveau au départ du 65km des Passerelles avec une seule idée en tête après mon abandon d'il y a deux ans : rejoindre l'arrivée ! Mes deux suiveuses sont elles-aussi fidèles au rendez-vous et je compte bien les retrouver à chacun des six points de passage que nous avons cochés tout au long du parcours.



Comme il y a deux ans, je pars en queue de peloton mais ne commets pas la même erreur dans les premiers kilomètres : pas question de doubler pour l'instant, je reste derrière à un rythme de sénateur. De quoi profiter tranquillement du lever du jour.



De quoi profiter aussi d'un petit bouchon créé par un passage un peu technique. Pas grave, je ne cours pas contre le temps aujourd'hui !



1h45 après le départ, la Pierre Percée est en vue.


J'y suis pile à 7h30, après 2 heures de course (je devrais presque dire de marche). Je ne suis qu'au 12ème kilomètre, il va falloir aller un peu plus vite quand même...




7h50, au kilomètre 15, c'est Trudy qui me prend en photo à la sortie de la Mine-Image.


8h50, ravitaillement de Monteynard (km23) : je retrouve mes suiveuses et le splendide panorama sur le lac. La ligne d'arrivée est presque visible là-bas au bout, mais le plus dur reste à faire !



Le parcours descend jusqu'au passage désormais aménagé sur la corniche du Drac du Petit Train de La Mure (qui devrait ouvrir au public très prochainement ). J'y passe avec Jordan (que je connais car il était bénévole sur le semi-marathon de Lille il y a quelques années) et son pote qui ont droit à mes commentaires touristiques :-D


Nous sommes encore ensemble au moment de traverser le ruisseau du Pérailler, départ de la longue montée du Sénépy : 1200 mètres de dénivelé nous attendent, et je souris en entendant Jordan et son copain dire que ça correspond à l'enchaînement de 10 montées de je ne sais quel terril du Nord où ils s'entraînent !



Etant naturellement plus rapide qu'eux en montée, nos chemins se séparent et je ne les reverrai qu'à l'arrivée. Il faut dire que la montée jusqu'à la petit station des Signaraux se mérite, je mets 1h30 pour la rejoindre. J'ai la joie d'y retrouver mes deux suiveuses accompagnées de Sonia et Elise, un soutien bienvenu car je ne suis qu'au 33ème kilomètres et il est déjà 11 heures. Je suis finalement peut-être un peu trop prudent mais la suite me donnera raison !





La suite est très belle dans les alpages du Sénépy qui restent encore en bonne partie sous les nuages, ce qui n'est pas pour me déplaire.



La chance est avec nous, ça se dégage alors que nous chevauchons les crêtes à l'approche du sommet, ce qui nous permet de profiter pleinement de la vue sur le lac. Assurément un des passages phares de ce parcours !


Le sommet est en vue. A gauche, on voit bien La Mure d'où nous sommes partis ce matin



Je fais la descente en mode prudent, je sais qu'elle est longue et qu'elle laissera des traces dans les jambes, il reste encore plus de 25km à faire. Le soleil chauffe désormais fort et le ciel s'est dégagé, offrant une belle vue au Sud sur l'Obiou.


13h40 (un peu plus de 8h de course) : je retrouve mes suiveuses au ravitaillement de Mayres-Savel, là-même où on s'était retrouvés il y a deux ans mais pour valider mon abandon. Il n'en est pas question aujourd'hui, je sens bien que j'en ai encore sous la jambe et je leur glisse même que je suis désormais à peu près sûr d'aller au bout.


Une raide descente m'amène à la passerelles du Drac, je retrouve le parcours de repérage qu'on avait fait avec Patrick 3 semaines plus tôt, j'ai donc bien en tête ce qu'il reste à parcourir.





14h50, dans le haut de la raide bosse qui constitue la nouveauté de ce parcours 2021 : il fait très chaud et je sent poindre la fatigue mais le sandwiche rillette que je m'étais préparé va jouer son rôle et me redonner l'énergie nécessaire pour terminer. Là-bas au fond, le Mont Aiguille dresse la proue de son pilier Nord, on est désormais bien côté Trièves.


Nouveau passage auprès des filles à Villarnet, le dernier avant l'arrivée. Pour elles aussi la journée est longue ! 



Je connais par cœur les kilomètres qui m'amènent à la passerelle de l'Ebron, les ayant déjà parcourus un certain nombre de fois tant à pied en famille qu'en courant ou bien même à VTT. Je sais désormais que j'irai au bout et suis un peu sur mon petit nuage !



Je croise Thomas et Laurie qui sont bénévoles au ravitaillement juste après la passerelle, ça fait plaisir de les voir et ça encourage encore plus pour attaquer le dernier obstacle : la montée au Pas de Berlioz. Finalement j'ai tellement la pêche que je monte vite puisque je ne mets que 20 minutes entre l'entrée de la passerelle et le Pas, ravitaillement compris. J'entends quelques participants râler sur la distance (mal calculée par l'organisateur puisque nous ferons au total autour de 68,5km au lieu des 65 annoncés), de mon côté ça m'importe peu, je suis en cannes et je vole vers l'arrivée...


Une dernière descente et je retrouve le bord du lac, puis la ligne d'arrivée où je retrouve mes filles - qui m'attendaient impatiemment - pour franchir la ligne tous ensemble. Un beau moment, j'avoue !



"Même pas fatigué" aurais-je envie de dire. C'est ce que je retiens de cette journée où j'ai pris conscience qu'en gérant tout du long on peut aller loin, et certainement beaucoup plus loin que ces presque 70 kilomètres avec 3350m de D+ et 3700 de D- ! De quoi faire réfléchir... 


Et mille mercis à Titsumo et Trudy pour leur fidèle accompagnement, sans vous la journée aurait été différente !