samedi 16 juillet 2022

OTT

Vendredi 15 juillet, 23h45 : me voilà enfin sur la ligne de départ du 85km de l'Oisans Trail Tour ! Accompagné de mes 2 suiveurs, Christophe et Patrick, je suis impatient de me lancer dans l'aventure et de savoir enfin si je serai capable d'aller au bout ou pas.


Je démarre prudemment en fin de peloton (nous sommes environ 200), ce qui n'est pas une très bonne idée car un petit bouchon se forme dès que le sentier se resserre après quelques minutes de montée. L'avantage, c'est que je ne risquerai pas de me mettre trop dans le rouge sur cette première montée !


Après 1h de montée, le parcours emprunte une large piste carrossable et le peloton s'est étiré. 


Certains sont déjà loin devant !


Passage au lac Carrelet après 1h40 de course, ambiance !


Puis c'est le lac Besson et le lac Noir. 



2h15 du matin : clair de lune au dessus de l'Alpe d'Huez. Sentiment d'euphorie qu'il faut maîtriser car il ne s'agit pas de se brûler les ailes maintenant, il reste tant de kilomètres à parcourir que ça calme tout de suite les ardeurs !



Le long de l'ancienne voie romaine qui mène aux gorges de Sarenne, des milliers de moutons parqués nous regardent à peine passer.


3h15 : dans la remontée des gorges de Sarenne, je vois les concurrents plus rapides qui ont déjà passé le sommet de la Croix de Cassini 500 mètres plus haut (de D+ bien-sûr). 


Montée sous les étoiles alors que la fraîcheur se fait sentir et que je finis par mettre la veste comme tous les autres.


Arrivé à la crête, la vue porte sur la station des Deux Alpes et la Roche de la Muzelle.


4h05 : vue sur l'Alpe d'Huez depuis le sommet de la Croix de Cassini.


La descente vers le col de Sarenne est assez technique, la progression n'est vraiment pas rapide sur ce terrain très escarpé (au fond, les Aiguilles d'Arves).



A ma droite, les villages de Clavans-le-Bas et Besse, prochains objectifs à atteindre !


Après une longue descente de plus de 1100 mètres de dénivelé où les kilomètres défilent enfin un peu plus vite, me voilà au pont de Besse à 5h30 du matin. Devant moi, la plus grosse difficulté du parcours : 1200 mètres de D+ pour atteindre le haut du plateau d'Emparis.


Nous sommes autour du 30ème kilomètre et, alors que certains ont encore la frontale allumée (plus par oubli que par nécessité), mon premier objectif est en passe d'être atteint à condition de ne pas faiblir dans la montée : être au ravitaillement de Besse pour 6h du matin.


Pari tenu, j'arrive à Besse à précisément 5h56. Je me sens bien, la partie nocturne s'est déroulée sans souci et sans avoir ressenti le besoin de dormir, du coup j'ai le sourire aux lèvres même si mes 2 suiveurs ne sont pas au rendez-vous. Je ne leur en veux pas, c'était plus ou moins convenu, ils n'ont pas dormi bien longtemps les pauvres car ils ont dû faire la route jusqu'ici cette nuit après mon départ.


Après une dizaine de minutes de pause où je refais le plein de mes flasques et mange un peu, je repars gonflé à bloc pour ce que je sais être un moment clé : la montée jusqu'au plateau d'Emparis. C'est alors que je croise le 1er de la course qui arrive déjà au 53ème kilomètre alors que je n'en suis qu'au 32ème... Et il semble frais comme un gardon le bougre ! Je fais la montée à mon rythme et mets 1h15 pour faire les 1000 mètres de dénivelé qui me séparent du col St Georges, une allure peut-être un peu rapide que je paierai un peu plus loin...



Excellente nouvelle : Christophe et Patrick m'attendent là et je les retrouve - ainsi que le vue imprenable sur le massif de la Meije - avec une joie non dissimulée !


Je ne coupe pas mon effort pour autant et continue directement alors que Patrick se change rapidement et me rattrape sans difficulté : il va faire le tour du plateau avec moi, pour une fois ce sera lui le plus rapide !



Un beau moment de joie partagée avec mon vieux pote qui m'apprend par la même occasion que c'est sa première visite ici !


Passage au lac Lérié à 8h25, c'est vraiment trop beau.


Spéciale dédicace à Sonia qui adore les linaigrettes.


Puis c'est le lac Noir, 10 minutes plus tard où la baignade fait bien envie mais ça ne sera pas pour aujourd'hui...


S'ensuit la descente sur l'Envers puis, au pied de la remontée vers le chalet du Fay, je fais une subite et grosse fringale que je n'ai vraiment pas vu venir. L'absorption d'un gel ne changera pas grand chose, il faudra que je fasse un gros effort pour avaler les moins de 100 mètres de D+  jusqu'au chalet où Christophe attend avec mon ravitaillement. Ouf ! Un bon 1/4 d'heure de pause plus tard, incluant hydratation (eau et coca) et solide (merci le gâteau préparé hier soir), je suis en mesure de repartir, seul car Patrick redescend en voiture à Besse avec Christophe et 3 personnes qui abandonnent ici. 


Pour les rejoindre, une longue descente m'attend. Et, miracle du ravitaillement (je pense que j'étais déshydraté),  je retrouve de l'énergie au bon moment et cette descente que je craignais se passe finalement très bien !




A 10h50, après une nouvelle pause à Besse, je suis fin prêt pour attaquer la suite du parcours. Patrick également, à tel point qu'il m'accompagnera sur les 20 kilomètres suivants (jusqu'à Villard Reculas) !


La suite consiste à descendre jusqu'au pont de Besse puis partir dans une longue traversée ascendante en direction d'Auris. Une portion en plein soleil qui chauffe fort mais qui offre de belle vues sur Mizoën et le barrage du Chambon.



Auris, 13h, kilomètre 65 environ : nouvelle petite fringale due à la chaleur et au fait que je ne bois décidément pas assez... Mais j'y retrouve avec joie Laëtitia qui est à l'origine de mon inscription puisque c'est elle qui m'en a donné l'idée au printemps ! Elle me redonne de l'énergie et je repars à nouveau gonflé à bloc.


Une courte et raide montée amène au col de Maronne où on tourne le dos à l'Oisans (Meije et Râteau encore visible à gauche) pour basculer côté Grandes Rousses. Je dépasse ici mon record de distance et je me sens vraiment bien, le corps a vraiment des ressources incroyables !


C'est donc au petit trot que je fais la descente vers Huez, même pas mal aux jambes ! Et c'est à trois que nous progressons désormais, Fabien, un sympathique gars du Doubs, s'étant joint à Patrick et moi. 



Nous rencontrons sa famille à Huez, ils nous abreuvent d'eau fraîche, c'est très sympa !


14h20 : début de montée au-dessus d'Huez, nous surplombons Bourg d'Oisans. C'est la dernière bosse sérieuse à passer, nous savons qu'une fois celle-ci avalée, nous devrions a priori aller au bout...


Dernière photo prise par Patrick à 14h45 presque en haut de la côte du Bras, la batterie de mon téléphone lâchant juste après. Dommage !


Du coup pas d'image de la splendide traversée descendante qui nous amène à Villard-Reculas, où Patrick me laissera continuer avec Fabien, reprenant la voiture avec Christophe pour nous donner rendez-vous à Oz. Je me sens étonnement très très bien et finis par lâcher Fabien avant Oz où je ne m'arrête même pas pour ravitailler. Tellement bien que je suis même un peu euphorique et que je trouve le moyen de chuter - heureusement sans gravité - dans la dernière descente qui amène à l'Enversin d'Oz ! Plus qu'à rejoindre à Vaujany par une très, très, très rude montée. Rejoindre l'arrivée se mérite !



Verdict : moins de 18 heures pour avaler cette jolie boucle de 85km et 5000m de D+.
Fabien arrive un bon 1/4 d'heure après moi et nous pouvons nous congratuler mutuellement après ces quelques heures d'effort passées ensemble !


Bilan : j'arrive fatigué mais pas du tout épuisé donc l'objectif est largement atteint, je suis très heureux et fier de moi, j'avoue !!! Déjà l'envie d'aller plus loin...

Un remerciement spécial à Christophe et Patrick pour le suivi, et aussi à tous ceux qui ont suivi sur le groupe WhatsApp créé pour l'occasion, tellement surpris de voir des commentaires même au milieu de la nuit !