dimanche 3 février 2013

Après les vacances

C'est le titre d'un poème écrit par mon grand-père il y a 34 ans.
A défaut de l'habituel compte-rendu de randonnée (je n'ai pas pu accompagner Tof et Patrick car la grippe s'est invitée), je vous présente ce très beau texte :

Après les vacances

La maison, volets clos, reste silencieuse
Au portique dressé, la balançoire pend
Le tas de sable est là, sans tunnel qui le creuse
Et la cour, immobile et désertée, attend

L'herbe, par vingt pieds nus naguère piétinée,
Qui repousse à présent sans obstacle et sans mal
A demi dissimulée, une balle oubliée,
Perle sur le plancher restée après le bal

Partout l'herbe repousse, hormis dans les mémoires !
Deux traits de terre nue ont pourtant subsisté
Et gravés dans le sol sous les deux balançoires,
Combien à cet endroit de joueurs ont sauté ?

Tout est triste et rangé : plus d'indiens sur le sable,
De vélos contre un mur ou de peignoirs au vent
On a, sous le hangar, ôté la grande table
Où l'on coloriait à genoux sur un banc

Sur l'escalier de pierre, aux vieilles marches grises,
Où jouait la marchande avec des cailloux blancs
Par la mousse déjà les pierres sont reprises,
Et l'école, et la vie, ont repris les marchands

Dans le sureau d'en bas plein de juteuses graines,
Un merle maintenant ose s'aventurer
Et s'enfuit quand on vient, vers le vallon de chênes,
Où durant de longs jours il a dû se terrer

Plus de jeux, plus de cris, tout est calme et silence,
Et monte de mon coeur une prière pour eux
Les petits et les grands, aux quatre coins de France,
Qui se sont fait ici des souvenirs heureux

                                   Grand Père
                                   Séguignas - octobre 1978