Après moult hésitations je me décide finalement pour une balade vers Chamrousse, l'idée m'étant venue au souvenir de notre sortie d'il y a un an avec Patrick lors de laquelle je m'étais dit qu'une visite un peu plus approfondie de cette arête des tourelles de l'Homme s'imposait.
Le départ se fait du parking du plateau de l'Arselle où j'interpelle trois chasseurs de retour à leur voiture alors que je m'apprête à partir :
- C'est bon, la place est libre, je peux y aller sans risque ?
La réponse est rigolarde :
- Oui, on a fini. De toute façon il y a de la place pour tout le monde !
L'un d'eux me propose sur le ton de la boutade un bout de corde tiré du coffre, pensant probablement que je pars grimper dans les tourelles de l'homme. Je lui rétorque en m'éloignant que je n'aurais aucune confiance dans cette corde servant plutôt à remorquer un véhicule... Et me voilà parti alors qu'un autre chasseur arrive au loin, bien visible avec sa chasuble orange sur le dos.
En quelques minutes je rejoins la crête qui domine la vallée de la Romanche 1200 mètres plus bas.
Voici la sortie de la voie "Coup de blues" que nous avions faite avec Patrick. Aujourd'hui on voit jusqu'en bas, ce n'était pas tout à fait le cas il y a un an !
Vue dans le rétro après avoir un peu avancé le long de la crête : les tourelles de l'homme (où se situent quelques belles voies d'escalade pas trop difficiles), le plateau de l'Arselle et le Vercors qui ferme l'horizon.
L'itinéraire est aussi simple qu'évident : il suffit de suivre le bord de la falaise pour atteindre le sommet du Rocher de l'Homme (1803m). Au fond, le massif des Grandes Rousses. A droite, le Grand Galbert (chaînon du Taillefer). En bas, dans l'ombre, Livet.
Soudain 2 coups de feu me font me jeter au sol, réaction réflexe sûrement due aux récents événements (tant les actes de terrorisme à Paris que l'accident de chasse à Freydières du 10 octobre dernier). Les chasseurs sont tout près, dans la forêt sous la crête, j'entends bien leurs voix. Ils ont probablement visé un chamois, j'espère qu'ils l'auront raté. Je croyais qu'ils avaient fini leur "partie", je constate qu'on ne peut vraiment pas leur faire confiance... Je me relève et file vers le haut, restant toujours au plus près du bord de la falaise, d'abord parce que ça me plaît de côtoyer le vide (on ne se refait pas) mais aussi parce que ça m'éloigne d'une éventuelle trajectoire de balle !
La suite du parcours, c'est par là, toujours entre bordure de forêt et falaise.
Je tombe quasiment nez à nez avec un chamois mais, le temps de dégainer mon
C'est plus évident au zoom : Monsieur bouquetin qui surveille son domaine.
Quel beau cadre quand même ! Une des particularités de ce lieu est la présence de pins cembro qui se mêlent aux classiques pins à crochets. A cela s'ajoutent les lacs et les tourbières, ce qui justifie pleinement le classement en zone naturelle protégée (seule la faune n'y est visiblement pas protégée...).
C'est dans ce terrain que je progresse, du terrain à chamois comme j'aime même si c'est plus technique que de rester sur la crête. Et ça a un avantage : être au soleil et à l'abri du vent qui souffle du Nord Ouest. Pour un peu je pourrais être en short et torse nu !
Sommet de la Cime des Fraches (1942m) où je vais m'offrir une pause sandwich en observant la suite du programme : mon objectif est la Botte en passant par ce que je nommerai les Roches de l'Infernet (non nommés sur la carte IGN).
Un quart d'heure plus tard je suis déjà en approche des Rochers de l'Infernet où, n'ayant rien repéré au préalable, je vais tenter de trouver un moyen d'atteindre le sommet.
De plus près, au pied des rochers où brillent quelques plaquettes en inox, preuve qu'il y a au-moins une voie d'escalade équipée ici. Pour ma part, étant seul et en baskets, je trouverai une solution plus tranquille en contournant le rocher par la droite, un peu de grimpette facile pour rejoindre le sommet.
Jolie ambiance entre les tours rocheuses.
Vu d'un peu plus haut, on voit mieux le court passage d'escalade que j'ai emprunté (limite ombre soleil sur la dalle à gauche). Une fois de plus, il n'y a rien à faire, je n'ai pas pu m'empêcher d'aller faire le singe !
De mon perchoir j'ai une vue imprenable sur le lac Achard.
Vue panoramique sur le lac Achard, incluant la Croix de Chamrousse et la Botte (à droite) qui sera le point culminant de ma balade du jour.
Un autre joli petit lac se niche sur mon parcours, il est situé au pied de la Botte.
Le même vu 10 minutes plus tard depuis les pentes de la Botte que je remonte en mode express histoire de faire chauffer le cœur et les jambes.
Et encore 10 autres minutes plus tard alors que j'atteins le sommet de la Botte. D'ici je vois tout le parcours effectué depuis le plateau de l'Arselle. Je vois aussi l'itinéraire de descente qui me ramènera à la voiture en passant par le col de l'Infernet (limite ombre soleil au centre droit de la photo).
Sommet de la Botte, le panorama s'ouvre de la Chartreuse à la Meije en passant par les sommets de Belledonne. Dire que cette zone des Vans au premier plan est soumise à un projet d'extension de la station de Chamrousse... Tout ça pour faire gagner 200 malheureux petits mètres de dénivelé au point culminant de la station, quelle ineptie !
Descente au petit trot en prenant quand même le temps de faire régulièrement quelques images.
Ici la Botte et ses belles pentes Sud Ouest et le Taillefer en fond d'écran.
Un peu plus bas, jolie vue plongeante sur le lac où je suis passé 40 minutes plus tôt.
Puis, au col de l'Infernet, le lac Achard se dévoile. Notez la molaire du Mont-Aiguille cernée d'une couronne de nuages.
Quel lieu original quand même, cela faisait longtemps que je n'y avais pas mis les pieds et je comprends mieux pourquoi c'est une des balades les plus fréquentées autour de Grenoble.
Retour par le GR en 25 minutes, toujours au petit trot, ce qui donne au total une boucle de 3h45 et environ 900m de D+. Maintenant place à la neige...













