samedi 14 novembre 2015

Loin du tumulte

Les événements tragiques de vendredi soir m'ont accompagné tout au long de ma balade aujourd'hui. A la réflexion, je réalise que c'est une des choses que je vais chercher quand je vais là-haut : l'éloignement du tumulte du monde. En plus, l'effort a des vertus à la fois euphorisantes et apaisantes. Là-haut, quand on croise quelqu'un, immanquablement, on dit bonjour. Pas vraiment comme en bas... Et souvent même on entame la discussion, ce qui aura été encore le cas à plusieurs occasions au cours de cette boucle sur le Grand Veymont. Là-haut, pas de guerre, pas de terreur, pas d'extrémisme. On est loin du monde d'en bas.

...

Parti de Gresse-en-Vercors un peu avant midi, me voici 40 minutes plus tard sur la crête sous l'Aiguillette.
A gauche le sommet du Grand Veymont me fait de l’œil, il me faudra encore 2 bonnes heures pour l'atteindre.


De ce point, la vue sur le Mont-Aiguille est fort sympathique même si en contre-jour à cette heure.


J'emprunte la seule partie de sentier du jour que je ne connais pas encore : descente versant Est et traversée vers le Sud pour rejoindre la combe du Pas des Bachassons. Elle réserve de jolis passages dans les feuilles mortes, un terrain d'une souplesse incomparable où il est super agréable de trottiner.


A certains endroits, l'amoncellement de feuilles est tel que je ne vois même plus mes pieds !


Je redescends vers l'altitude de 1350m et me rapproche du seigneur des lieux.


D'incessantes rotations d'hélicoptère troublent la quiétude des lieux. Cela durera jusqu'à mon arrivée au sommet du Grand Veymont, probablement des exercices (ou alors un secours vraiment compliqué sur la voie normale du Mont-Aiguille ?).


Je décide de passer par le Pas du Fouillet plutôt que d'aller jusqu'au Pas des Bachassons, c'est nettement plus direct. Je suis ici au point le plus éloigné du parcours, c'est donc le "retour" qui commence ici... mais qui passe par le sommet du Grand Veymont (2341m) donc quelques efforts sont encore nécessaires.


Je sors sur le plateau au Pas du Fouillet, la suite est évidente : il s'agit de remonter l'arête Sud du Grand Veymont où le sentier en zigzag est bien visible. Même si un petit vent frisquet rafraîchit l'atmosphère, la météo est nettement plus clémente qu'il y a 11 mois lorsque j'étais venu ici à la rencontre des bouquetins !


Je croise quelques promeneurs dans la montée, tout le monde profite du cadre somptueux.



Arrêt à l'abri du vent durant un petit quart d'heure - le temps d'avaler mon sandwich - alors que l'hélico tourne toujours autour du Mont-Aiguille, j'espère vraiment qu'il ne s'agit que d'exercices.


Puis je repars vers le haut et rencontre un individu un peu particulier. J'ai beau lui adresser la parole, il ne répond pas à mon bonjour. Pourtant, je n'ai pas vraiment l'impression de le déranger...


Un peu plus haut, un autre individu de la même espèce me regarde m'approcher.


Lui est accompagné de plusieurs de ses congénères qui paissent tranquillement dans les pentes sous le sommet du Grand Veymont.


Loin du tumulte... Ici tout est paisible.



Sommet du Grand Veymont, il est 15h. J'arrive en même temps qu'un couple venu des Hauts-Plateaux et dont le papa porte un petit bout de chou (qui dort !) sur le dos. Je leur fais un rapide tour du panorama, du Mont-Blanc au Ventoux en passant par les Aiguilles d'Arves, les Ecrins, le Dévoluy...


La voiture est là en bas, je n'ai plus qu'à la rejoindre... mais pas directement, je ne suis pas un wingsuiter, dommage !


Après avoir un peu suivi la crête, je rejoins le chemin bien marqué et, après quelques minutes de descente au trot, tombe à nouveau sur des autochtones.


Le troupeau compte plus d'une cinquantaine de têtes et n'est pas dérangé par ma présence, je peux m'approcher sans créer de mouvement de panique. C'est le côté sympa des bouquetins !




Passage à l'Agnellerie, petit vallon précédant la plongée vers le Pas de la Ville.


Le Pas de la Ville est là-dessous, j'y serai dans 5 minutes.


Le temps de croiser un dernier indigène.


Une boucle sportive (1550m de D+ tout de même) réalisée en un peu plus de 4 heures, des heures loin du tumulte...