Je vais à ma tente de chronométrage et m'emploie à récupérer le matériel que j'avais déjà en partie plié hier soir. Le plus dur consiste à déterrer la boucle de détection enfouie sous la neige, mais ça me prend quand même beaucoup moins de temps qu'à l'installation. L'ambiance est cotonneuse et la visibilité plutôt réduite, ça promet pour la descente !
Prenez une vingtaine de militaires suisses et français, ajoutez-y 3 guides suisses et un chronométreur français et le pliage du camp n'est plus qu'une formalité.
A 10h, voilà ce qu'il reste de notre tente : 2 rouleaux de 250kg chacun encadrés de piquets qui permettront de les retrouver s'il neige beaucoup. Voilà du travail bien fait ! En arrière-plan, on devine l'autre tente qui reste montée avec pas mal de matériel à l'intérieur (dont mon matériel de chronométrage). Tout sera récupéré et redescendu par les hélicos de l'armée suisse quand la météo le permettra.
On quitte les lieux en formation serrée, il est 10h30. Une longue descente nous attend avec des sacs à dos bien chargés et une visibilité réduite. Le mot d'ordre est simple : on y va tranquillement et on reste groupés.
Ambiance dans la descente du glacier du Mont Miné...
11h15, dans la remontée vers le col de Bertol, on devine l'éperon rocheux où se trouve le refuge...
Au col de Bertol à 11h25, on enlève les peaux pour attaquer la longue descente sur Arolla. Personne ne fait l'aller-retour au refuge. Je n'ai pas de nouvelles de Christophe qui est probablement parti plus tôt que nous puisqu'il n'y avait que 2 petites tentes à plier ici.
A midi nous sommes à plan Bertol, autre point de contrôle de la course. Ici ils ont pris le parti de prendre leur temps : les tentes sont encore debout et les gars s'apprêtent à se mettre à table. Ils sont moins haut que nous ne l'étions à Tête Blanche (2664m contre 3650m) donc moins pressés de descendre !
La neige, excellente en haut, est de pire en pire au fur et à mesure de la descente mais ça reste bien skiable malgré tout. Heureusement car tout le monde n'a pas le même niveau à ski et quelques belles gamelles sont au rendez-vous !
On passe sous le plafond nuageux et la visibilité s'améliore. Au fond, on aperçoit Arolla, ce sera la fin de notre descente.
Fin de l'aventure sous la grande tente d'Arolla où je retrouve Christophe puis Yoan. Le temps d'un repas et de récupérer la voiture (merci Christophe qui, arrivé le premier, est allé la chercher à l'héliport) et nous redescendons en voiture le Val d'Hérens pour rejoindre Sion. Fin de cette semaine extraordinaire qui me restera comme une drôle d'expérience de vie en altitude et en communauté militaire.
Patrouille des Glaciers 2016, ou comment allier chronométrage et montagne...



