Nous parlions depuis longtemps de l'Obiou avec Patrick car il y avait fait demi-tour en 1999 avec Nathalie et n'était jamais revenu depuis. Pour ma part, j'y avais déjà fait une superbe balade en 2012 et une autre toute aussi chouette à skis en 2017 et y revenir m'enchantait !
C'est un voyage tout aussi superbe que nous avons fait ce samedi, à la limite entre randonnée et escalade, avec une montée par la combe et l'escalier de la Fuvelle enchaînée avec l'escalade des feuillets qui débouche quasiment au sommet. La descente par la voie normale n'est pas moins belle avec quelques passages franchement chouettes comme la Cravate ou l'escalier et la grotte du Petit Obiou.
La journée commence par la route faite de nuit où nous croisons pas moins de trois renards (dont un qui se jette du pont du Brion sous nos yeux, effrayé par les phares), un chevreuil et un cerf ! C'est à 7h, alors que le jour se lève à peine, que nous décollons de la voiture en direction de la combe de la Fuvelle dominée par la Tête des Agards. Nous visons la cascade de la Pisse située en haut à droite des pentes mi herbeuses mi caillouteuses, juste dans l'axe du petit sommet pointu.
3/4 d'heure plus tard, le soleil éclaire les falaises, c'est bien joli tout ça !
A notre gauche, vers le passage du Couravou (où nous avions envisagé un temps de monter), c'est tout aussi beau.
Arrivés au pied de la falaise, au niveau de la cascade, nous cherchons un temps le bon itinéraire. Un spit, puis un second quelques mètres plus haut, nous indiquent bien le départ où je m'engage donc mais je fais 1/2 tour un peu plus loin sur des banquettes fuyantes où il n'est pas possible de s'assurer. Ce n'est qu'après avoir consulté le topo sur Internet (difficilement car la connexion est limite) que je trouve le bon passage : il fallait simplement monter quelques mètres plus haut après le second spit pour découvrir la vire évidente qui permet de traverser vers la droite.
La vire est là devant nous, elle mène tout droit vers notre objectif : le grand escalier de la Fuvelle (encore dans l'ombre).
Le cheminement sur la vire est aisé et ne nous demande que quelques minutes. nous pouvons dès sa sortie nous concentrer sur notre prochain objectif : l'ascension du grand escalier (le corridor sombre qui démarre pile au dessus du casque de Patrick). Il est impressionnant vu d'en face mais, comme toujours, le sera beaucoup moins une fois qu'on se trouvera dedans !
Pour en rejoindre la base, il faut traverser un grand pierrier, un exercice pas toujours aisé où chacun a sa propre technique : dynamisme et traversée légèrement descendante pour moi, progression plus lente et ascendante pour Patrick. Le principal est qu'on se retrouve au même endroit à la fin !
Nous voilà au départ de l'immense escalier dont l'ascension se fera en une quarantaine de minutes.
Nous débouchons au col du Petit Obiou, là où Patrick et Nathalie avaient fait 1/2 tour dans le brouillard il y a 22 ans. Aujourd'hui, Patrick peut découvrir les falaises qui soutiennent le sommet et où on peut légitimement se demander où peut bien passer l'itinéraire !
La voie normale contourne le bastion sommital par la gauche (en orange), c'est par là que nous redescendrons. Pour la montée, nous allons prendre une variante - la voie des feuillets (en vert) - qui est plus directe mais un peu plus technique même si ça reste de l'escalade "facile".
Après une courte pause grignotage, nous reprenons l'ascension. Dans notre dos, la vue s'élargit : Petit Obiou (au 1er plan), lac du Sautet et sa belle couleur turquoise (presque 2000m plus bas) et massif des Ecrins en toile de fond.
Nous quittons la voie normale pour rejoindre une étroite faille qui donne accès aux pentes supérieures.
Un peu plus haut, au niveau d'une jolie dent, nous partons vers la gauche pour rejoindre les feuillets qui sont bien visibles (en toile de fond, le plateau de Bure).
Nous y voilà, plus qu'à ressortir la corde et à s'engager !
Le premier feuillet est bien étroit et m'oblige, une fois engagé, à enlever le sac à dos pour le laisser pendre derrière moi. C'est vertical et assez physique mais rien de bien difficile.
Il suffit de remonter le couloir pierreux puis de grimper en opposition pour franchir la paroi verticale sur la droite. Escalade facile mais pas un seul piton pour s'assurer et impossible de poser une sangle (je n'ai pris aucun coinceur), il faut un peu de confiance en soi pour franchir ce deuxième feuillet...
De la sortie de la voie, le sommet est tout proche. Avant de nous y rendre, je fais un détour pour montrer à Patrick la sortie de la voie des Chatières, une autre belle façon de rejoindre le sommet !
Nous sortons la veste le temps de manger un morceau car un petit vent frais refroidit l'atmosphère, puis nous entamons la descente non sans avoir pris quelques images panoramiques vers le Nord (Trièves, Grenoble...) et le Sud (enchaînement des arêtes jusqu'au Grand Ferrand).
La descente par la voie normale n'est pas à négligée, quelques passages techniques nécessitent de rester vigilant.
Retour au col de l'Obiou où nous plongeons dans l'escalier dévoluard typique.
Je conservais la surprise pour Patrick... Nous allons faire la visite de la grotte du Petit Obiou qui abrite une paroi de glace quelques dizaine de mètres après l'entrée (frontale indispensable, que j'avais bien sûr conservé dans le sac).
Plus qu'à faire la longue descente dans les pierriers puis les alpages pour rejoindre la voiture via le Pas du Vallon et boucler ce grand et beau voyage au pays de l'Obiou.
Une boucle qui nous aura quand même pris 9 heures !
(environ 1400m de D+)