vendredi 29 avril 2022

Combeynot

 Nous voilà au col du Lautaret avec Yoan ce dimanche matin, il est 7h20 et nous nous apprêtons à partir en direction de la Pointe 3073m qui se situe entre le Pic Ouest et le Roc Noir de Combeynot.  Nous visons plus précisément la pente située à sa gauche baptisée "couloir Shahshahani", mais ça nous ne l'apprendrons que quelques minutes plus tard.


En effet, tout juste la première pente franchie, nous croisons un gars qui descend et qui s'arrête à notre hauteur, la discussion s'engage.

- Salut, vous allez où ? 

- A la pointe 3073

- Ah, le couloir Shahshahani ! Il ne sera pas en conditions, la neige est dure, plus trace de poudre. Vous feriez mieux de changer d'objectif.

Le gars nous dit habiter là (c'est en fait le patron du Bar de la Ferme situé au col) et nous lui faisons donc totale confiance : nous changeons le plan et partons vers le Pic Ouest de Combeynot (3155m), un sommet que j'ai déjà foulé (le 5 mai 2016) mais ce n'est pas le cas de Yoan. Une grande traversée nous permet de rejoindre le bon vallon et les grandes pentes qu'ils va nous falloir remonter.


Les pentes sont soutenues, pas vraiment de temps mort donc ça dénivèle assez vite, laissant derrière nous le large col du Lautaret et ses pentes Sud déjà bien déneigées où l'on distingue nettement le fil blanc de la route menant au col du Galibier.


La première grande pente franchie, l'itinéraire tourne vers la droite et une autre se dresse face à nous. Il va falloir remonter jusqu'au collet tout là-haut.


Le haut est assez raide, les skis passent sur le sac et nous faisons une centaine de mètres à pied où les crampons ne sont pas nécessaires. La bonne nouvelle c'est que la poudreuse est encore bien là, contrairement à ce que nous avait annoncé le gars en bas...


A nouveau skis aux pieds, la suite est superbe avec une belle trace et un panorama de premier ordre sur le massif de la Meije et le glacier de l'Homme que nous avons skié ensemble avec Yoan en avril 2011. Il est nettement plus sec cette année, 10 ans de réchauffement climatique ont laissé des séquelles...


Une dernière portion raide donne accès à une brèche sur l'arête sommitale, elle se remonte à pied ou à ski selon les goûts et les conditions. Pour nous (comme pour la quasi totalité des autres personnes du jours), ce sera à pied !

 


De la brèche, jolie vue sur la face Nord avec, en bas, le col du Lautaret (où on voit la voiture si on sait où elle est !) et en face le Goléon et les Aiguilles d'Arves.



Nous laissons ici sacs et skis et faisons l'aller retour au sommet par une arête un peu aérienne.  


SUMMIT (3155m) ! Et un panorama de dingue sur les grands sommets du massif des Ecrins.


Retour à la brèche pour prendre le pique-nique puis c'est le moment de profiter des efforts consentis : à nous les belles pentes en poudreuse !

 


Entrée en matière prudente pour Yoan qui n'a pas beaucoup skié cet hiver : le cardio et les cuisses souffrent, c'est difficile d'enchaîner plusieurs virages en poudreuse et à 3000 !



Une bonne session de poudreuse sur 500 mètres de dénivelé, une vraie régalade.




Ces pentes sont vraiment taillées pour le ski, il n'y a pas à dire ! Du coup, le retour à la voiture ne prend que quelques minutes.






C'est déjà fini mais que ce fut bon ! Nous prolongerons un peu le plaisir en buvant un coup au Bar de la Ferme tout en observant aux jumelles un skieur dans les pentes raides plus à gauche, et d'autres dans les pentes vierges que nous voulions tracer ce matin à la pointe 3073...