dimanche 11 mai 2025

Guide sur les crêtes

  Après la balade d'hier, à peine rentrée à la maison, Cécile demande sur WhatsApp : "On va où demain ?".
Il n'en fallait pas plus pour que je lui fasse une proposition et nous voilà donc - juste tous les deux cette fois - au parking des Bordeaux à 8h15 du matin.


 La boucle que je lui ai vendue, c'est la traversée par les crêtes du Pas de l'Oeille à Soeur Sophie, un itinéraire que j'apprécie particulièrement où il faut un peu mettre les mains et qui, c'est certain, plaira beaucoup à Cécile qui ne connaît pas du tout le coin. L'approche par la baraque des Clos l'enthousiasme déjà et je peux lui expliquer la première partie de l'itinéraire qui se faufile dans les barres rocheuses. 



 Nous avons la chance de déjà tomber sur les bouquetins alors que je pensais plutôt les trouver en haut sur les crêtes.





 Les choses sérieuses commencent ensuite avec quelques passages où il faut mettre les mains. Rien de bien difficile... Cécile ne le sait pas encore mais ça lui permet de s'échauffer et de prendre ses marques pour la suite car, plus haut, ça sera un peu plus technique que ça !



 Nous débouchons en haut du couloir des Sultanes, je lui raconte que c'est très beau aussi quand c'est recouvert de neige et qu'une super descente à ski s'offre à nous 😎.


 Il ne reste plus qu'un petit névé de la classique corniche mais ça nous oblige quand même à le contourner car le chemin passe en-dessous. Nous atteignons le Pas de l'Oeille à 10h pétantes. 




 Le vent frais nous fait mettre les vestes et, après avoir rejoint la crête, je sors la corde pour la suite du programme. En effet, la décision est désormais prise : nous pouvons continuer par les crêtes (j'étais un peu inquiet de l'état des névés sur le versant Ouest mais je peux voir d'ici que ça passe). Il s'agit maintenant de rejoindre le sommet du Dôme de l'Oeille.


 Je sors la corde, ça rassure Cécile... et moi par la même occasion ! Quelques mètres en descente pour prendre ses marques et nous voilà au pied du premier passage un peu vertigineux. Cécile craint le vide, elle me reparle de son expérience au Grand Paradis avec l'ami Pierrick où elle avait été carrément bloquée sur l'arête terminale... Je la rassure, c'est beaucoup plus facile ici et on n'est pas à 4000m d'altitude mais à 2000 😄. Je lui dis de simplement ne pas regarder en arrière, de se concentrer sur le terrain devant elle et elle ne risque strictement rien, elle est assurée par la corde.


En 3 minutes, nous sommes en haut du passage, au sommet du Dôme de l'Oeille (2105m), et Cécile a le sourire aux lèvres. D'ici, je peux lui expliquer la suite de l'itinéraire qui se dévoile maintenant à nos yeux et qui est simplissime : il s'agit de suivre le bord de la falaise jusqu'en haut de Soeur Sophie !



 Après une courte et facile désescalade, nous cheminons sur la crête assez aérienne jusqu'à buter sur un nouveau ressaut : il faut redescendre de quelques mètres qui sont, cette fois, beaucoup plus impressionnants car ils dominent le vide du versant Est. Il faut que Cécile prenne sur elle pour affronter sa peur et s'engager dans le passage mais elle s'en tire très bien. Je parviens même à la faire sourire en plein passage avec 200 mètres de vide sous les pieds, bravo !




 Et ce n'est pas fini, un autre passage du même type se présente encore à nous : il s'agit encore de désescalader et Cécile s'en sort parfaitement, elle peut regarder avec fierté ce qu'elle a descendu sans difficulté, c'est une vraie alpiniste désormais. 😎




  La suite est nettement plus tranquille, nous progressons en limite de falaise en haut des grandes pentes herbeuses du versant Ouest, nous rapprochant petit à petit de notre prochain objectif, le sommet de Soeur Sophie qui est situé une centaines de mètres plus haut et qui va nous demander encore quelques efforts.



 Avant d'atteindre le sommet, la pause pic-nique est bienvenue bien qu'un peu fraîche, toujours à cause de ce maudit vent. Mais, avec un tel panorama sous les yeux, de Grenoble à Villard de Lans séparés par le Gerbier et le Dôme de l'Oeille, il n'y a pas vraiment matière à se plaindre !



 Et que dire du panorama XXL depuis le sommet de Soeur Sophie (2162m) ? Ça valait le coup de monter jusqu'ici, non ?



 Nous devons maintenant descendre au col des Deux Soeurs (en bas à gauche des névés) et plonger dans la descente de son versant Est. Les fortes sensations ne sont pas terminées, mais ça, Cécile ne le sait pas encore...




 C'est là-bas, dans ce couloir caillouteux, qu'on doit descendre.


 Cécile s'y promène en toute tranquillité malgré la raideur des passages, elle a pris confiance ! Confiance qui disparaît subitement devant un raide névé qu'il faut traverser. Le passage est court mais une chute ici pourrait avoir de fâcheuses conséquences. Heureusement, je peux l'assurer depuis le haut, elle ne risque donc strictement rien et elle franchit le passage en surmontant son angoisse. Bravo, une journée riche en expériences pour elle !





 Et ce n'est pas terminé, il y a encore le ressaut scabreux du bas à descendre, décidément cet itinéraire n'est jamais débonnaire... Cécile peut le regarder une fois franchi, c'est presque devenu banal. 😁


 Et je n'enlève toujours pas la corde car ça continue encore avec la vire qui longe la falaise en direction du Nord. Mais ça n'en finira donc jamais (?) doit-elle se dire...



 Ce n'est qu'arrivés à la grotte que je range la corde, cette fois les difficultés sont vraiment derrière nous et il n'y a plus qu'à profiter du cadre et rentrer tranquillement à la voiture.





 Les bouquetins nous font l'honneur de nous faire un dernier coucou pour clore cette sympathique balade qui laissera, j'en suis certain, des souvenirs impérissables à Cécile !



14h30 à la voiture, donc un peu plus de 6h pour faire la boucle.
Alors, à quand la prochaine Cécile ? 😜