Après la balade d'hier, à peine rentrée à la maison, Cécile demande sur WhatsApp : "On va où demain ?".
Il n'en fallait pas plus pour que je lui fasse une proposition et nous voilà donc - juste tous les deux cette fois - au parking des Bordeaux à 8h15 du matin.
La boucle que je lui ai vendue, c'est la traversée par les crêtes du Pas de l'Oeille à Soeur Sophie, un itinéraire que j'apprécie particulièrement où il faut un peu mettre les mains et qui, c'est certain, plaira beaucoup à Cécile qui ne connaît pas du tout le coin. L'approche par la baraque des Clos l'enthousiasme déjà et je peux lui expliquer la première partie de l'itinéraire qui se faufile dans les barres rocheuses.
Nous avons la chance de déjà tomber sur les bouquetins alors que je pensais plutôt les trouver en haut sur les crêtes.
Les choses sérieuses commencent ensuite avec quelques passages où il faut mettre les mains. Rien de bien difficile... Cécile ne le sait pas encore mais ça lui permet de s'échauffer et de prendre ses marques pour la suite car, plus haut, ça sera un peu plus technique que ça !
Nous débouchons en haut du couloir des Sultanes, je lui raconte que c'est très beau aussi quand c'est recouvert de neige et qu'une super descente à ski s'offre à nous 😎.
Il ne reste plus qu'un petit névé de la classique corniche mais ça nous oblige quand même à le contourner car le chemin passe en-dessous. Nous atteignons le Pas de l'Oeille à 10h pétantes.
Le vent frais nous fait mettre les vestes et, après avoir rejoint la crête, je sors la corde pour la suite du programme. En effet, la décision est désormais prise : nous pouvons continuer par les crêtes (j'étais un peu inquiet de l'état des névés sur le versant Ouest mais je peux voir d'ici que ça passe). Il s'agit maintenant de rejoindre le sommet du Dôme de l'Oeille.
Je sors la corde, ça rassure Cécile... et moi par la même occasion ! Quelques mètres en descente pour prendre ses marques et nous voilà au pied du premier passage un peu vertigineux. Cécile craint le vide, elle me reparle de son expérience au Grand Paradis avec l'ami Pierrick où elle avait été carrément bloquée sur l'arête terminale... Je la rassure, c'est beaucoup plus facile ici et on n'est pas à 4000m d'altitude mais à 2000 😄. Je lui dis de simplement ne pas regarder en arrière, de se concentrer sur le terrain devant elle et elle ne risque strictement rien, elle est assurée par la corde.
Après une courte et facile désescalade, nous cheminons sur la crête assez aérienne jusqu'à buter sur un nouveau ressaut : il faut redescendre de quelques mètres qui sont, cette fois, beaucoup plus impressionnants car ils dominent le vide du versant Est. Il faut que Cécile prenne sur elle pour affronter sa peur et s'engager dans le passage mais elle s'en tire très bien. Je parviens même à la faire sourire en plein passage avec 200 mètres de vide sous les pieds, bravo !
Et ce n'est pas fini, un autre passage du même type se présente encore à nous : il s'agit encore de désescalader et Cécile s'en sort parfaitement, elle peut regarder avec fierté ce qu'elle a descendu sans difficulté, c'est une vraie alpiniste désormais. 😎
14h30 à la voiture, donc un peu plus de 6h pour faire la boucle.
Alors, à quand la prochaine Cécile ? 😜